TUAI
IE i IIIMIK TOXICOLOGIQUE
en même temps des observations relatives aux solubilités et aux points de fusion.
DIGITALIXI -
DIGITALINE
cristallisées
amorphe
I'I i. 1 rALINES
d'origine li-ançaise.
du Codex, d'Homolle
cristallisées et amorphes
Vativelle . Homolle el
ljll.'\r||lli'. |l|l.|tll'-ll''l .
ci Quovenne.
Digitoxine d'Allemagne.
d'origine allemande.
Solubilités dans le
Solubles.
S ilubles.
Insolubles.
chloroforme.
Solubilités dans l'eau
Très peu solubles.
Très peu solubles.
Assez solubles.
Points de fusion.
— 220' environ.
-f I0U a ■ il"'. n\
- 230 a I 240» em
Action de l'acide
Coloration verte as-
i loloration \ erte plus
l'a- cli' rulcnalii.il.
chlorhydrique.
sez intense.
faible.
Action de l'acide sul-
i loloration brun nni-
Coloration brun noi-
Bi'liV coloration rou-
furique el du bro-
ratre par l'acide
râtre II'1 x' llllllli-
ge-grenat, surtout
me.
sulfurique ne se
lianl pas sensible-
a chaud, qui aug-
modifiant pas sen-
ment par l'eau bro-
mente d'intensité
siblement par l'eau
mée.
par l'eau bromée.
bromée.
Action de la lumière
Après l'action des
Après l'action des
Après l'action des
polai iséi
acides étendus, pas
acides étendus, pas
acides étendus,
de déviation.
de déviai ion.
déviation a droite.
Action de l'acide
Belle coloration, \ erl
Belle coloration vert
l'a- de coloration.
sulfurique alcooli-
bleuâtre.
bleuâtre.
sé el du perchlo-
ruiv de fer.
U expérimentation physiologique avec les résidus contenant delà di^italine peut fournir des renseignements intéressants; on pratiquera l'essai sur
Fi-.
une grenouille disposée en vue; de l'enregistremt ni (1rs battements du cœur; l'injection sous la peau d'une faible quantité de digitaline amène un ralen-
POISONS DES APOCYNEES 689
lissemenl des battements du cœur. L'expérience est en général assez longue, car l'effet toxique de la digitaline ne se produit qu'après un certain temps. La figure 7a montre un tracé graphique des mouvements du cœur chez une grenouille soumise à L'influence de la digitaline.
Digitaléine. La digitaléine, glucoside très analogue à la digitaline, esl une poudre blanche incristallisable, très amère, fusible, très soluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool fort, assez soluble dans l'alcool dilue, insoluble dans la benzine. Son meilleur dissolvant est le chloroforme.
L'acide chlorhydrique colore la digitaléine en jaune verdâtre. L'acide sulfurique la dissout en rouge lu-un. L'acide sulfurique brome la colore en rouge ou rouge-violet ; par addition d'eau, la teinte passe au vert.
DIGITONINE. DIGITOGÉNINE. DIGITOXINE
D'après Kiliani Dont. Chem. Ges., t. XXTV p. 339), la digitaline pure
ai phe, traitée par l'acide chlorhydrique, fournit de la digiiogénine
CsH80 \ en même temps que du dextrose et du galactose.
La digitonine d'où dérive la digitogénine a probablement pour formule C27H1;0". C'est un corps cristallisable pnljobtient sous la forme cristalline par évaporation des solutions dans l'alcool à H.'j0 . On le sépare directement, au moyen de l'alcool à s.'i . de la digitaline amorphe du commerce. laquelle en contient environ 53 p. 100. La digitonine se ramollit à -\- 235° ; elle esl lévogyre: [«] = — 50°. Les solutions sont opalescentes. Elle est sans action sur le <•< eu r. L'acide sulfurique colore en rouge ses solution- aqueuses; par addition de brome, la coloration .-'accentue. L'acide chlorhydrique à chaud donne une coloration brune. L'acide chlorhydrique étendu, à chaud, la transforme en digitogénine, glucose el galactose.
Digitoxine. — Ladigitoxine esl cristallisable, insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'éther, soluble dans l'alcool. L'acide chlorhydrique la colore en vert jaunâtre, l'acide sulfurique en vert noir. L'acide sulfurique brome ni' donne p; i- la coloration rouge ou violacée. Elle se colore en vert, comme les digitalines cristallisées, parle mélange acide sulfurique, alcool et perchlorure de fer.
POISONS DES APOCYNÉES. [NÉE. STROPHANTINE. OUABAÏNE
Strophaxtine. — On connaît depuis longtemps les propriétés toxiques redoutables de Minée ou onaije, poison cardiaque des plus actifs. Les semences de l'inée Strophantus hispidus, ou Strophanlus Kombé sont employées au Gabon, par les Pahouins pour empoisonner les (lèches et
sagaies. D'après les expériences de Legros, un chien frappé par ces flèches meurl en huit nu dix minutes; les animaux empoisonnés par l'inée présentent un ralentissement considérable de la circulation : le cœur s'arrête avanl les mouvements respiratoires. Cette action se manifeste aussi chez les grenouilles, bien que ces animaux soienl relativement moins sensibles aux effets de l'inée que les animaux à sang chaud. Le curare paraîl ralentir l'action toxique de l'inée Polaillon el Carville .
Fraser a extrait des semences du Slrophantm hispidus un principe actif qu'il a nommé strophantine el qui a été depuis isolé à l'étal de pureté el bien étudié par Arnaud Comptes rendus, t. CVH, p. 179).
D'après cel auteur, la strophantine, Cs,Hv8012, esl une substance blanche, très amère, cristallisée en groupes de paillettes à l'aspect micacé. Elle esl peu soluble dans l'eau l p. dans 43 p. d'eau à -j- 18" : elle se dissout dans l'alcool, mais n< ni dans l'éther ni la benzine. Elle auil sur la lumière polarisée i|, = + 30° (en solution sujut-use .
La strophantine esl précipitée par le tanin; le précipité blanc esl soluble dans nu excès de solution de strophantine.
Dissoute dans l'aride sulfurique à lu p. 100, elle donne une solution qui, chauffée vers -j- '*•'>". devient vert clair, puis vert sombre, puis violette el noire. L'acide phosphomolyhdique la colore en vert. Avec une goutte de perchlorure de ferel une goutte d'acide sulfurique, on obtient une coloration jaune foncé devenant rose.
La strophantine communique à l'eau la propriété de mousser abondamment.
Par ébuUition avec les arides dilués, elle fournil du glucose.
La strophantine esl un poison très actif, donl les effets onl été étudiés par de nombreux observateurs Vulpian, Polaillon el Carville, Lépine, BIumenau. Eichhorst, Traversa, Popper, etc. . EUeaété employée en thérapeutique. L'injection de a miUigrammes de strophantine à un chien le tue en moins de cinq minutes par arrêl du cœur; on observe aussi des nausées, des vomissements el de la diarrhée : à doses thérapeutiques la strophantine ralentit el renforce les battements du cœur; elle augmente la sécrétion urinaire. Sur la toxicité comparée de la strophantine et de l'ouabaïne, voj . (Ary. Comptes rendus, t. CVH, p. 348.
t Iuabaïne. — L'ouabaïne glucoside, étudié surtout par Arnaud, a été extraite du bois à'ouabaïo ' Acocanthera Ouabaïo, Apocynées . C'est un
Vouabaio est le poison de (lèches des S alis : il provient de trois variétés d'Apocyn • -
! initiera Schimperi, Acocanthera Deflersii, Acocanthera Ouabaïo. — Les Somalis
extraient le poison de la racine, qu'Us font bouillir longtemps, et dont il> préparent un
i ayant la consistance de la poix; ils y ajoutent des têtes de serpents : l'enduil
OUABAINE 691
corps extrêmemenl voisin de la stropbantine, sa formule est, ''H efifet, CS,H"0,Î, el ses propriétés physiologiques sonl très semblables à celles de la stropbantine.
L'ouabaïne cristallise en lames minces rectangulaires, d'aspect nacré ; elle esl neutre au tournesol. Elle est soluble dans l'eau chaude, peu soluble dans l'eau froide it p. 6a dans lui» p. d'eau à -j- 1 1 . L'alcool à 85° la dissout assez bien, surtout à chaud : elle esl insoluble dans le chloroforme, l'éther, presque insoluble dans l'alcool absolu.
L'ouabaïne est un poison du cœur extrêmement violent. Sur une grenouille, l'injection hypodermique de I 10 de milligramme d'ouabaïne cristallisée amène l'arrêt du cœur en systole, après moins de six minutes. La dose toxique pourdes chiens, cobayes, lapins, par injection hypodermique esl voisine de 1 11» de milligramme par kilogramme d'animal, el la mort survient en vingt ou a ingt-cinq minutes. Lastrophantinedans les mêmes conditions sérail toxique a 3 20 de milligramme par kilogramme d'animal, et son action sérail un peu plus lente, la mort arrivant après une heure environ. L'ouabaïne. comme la strophantine, son! beaucoup moins toxiques lorsqu'elles son! introduites dans l'estomac. L'u chien de petite taille résiste à l'ingestion de 8 milligrammes d'ouabaïne et de lu centigrammes de strophantine. mais non sans présenter des troubles graves Gley el Rondeau). — L'ouabaïne a une action anesthésiante remarquable : on détermine facilement l'insensibilité complète de la cornée chez un lapin en instillant dans l'œil trois ou quatre gouttes d'une solution au 1 luiiu. Cette action ne paraît passe produire chez l'homme Panas .
placé au bout de la Héche esl protégé par une lanière de peau de chèvre •ju'on enlève au moment voulu. Les Somalis se servent du poison lui-même, par ingestion, comme antidote contre les M issures des flèches. — Les effets de ce poison constatés sur les animaux -"iit les suivants : fréquence plus grande de la respiration, contractions cardiaques plu- fortes puis irrégulières, dyspnée, secousses cloniques el toniques, arrêt du cœur en systole. Injecté dan- l'œil, l'ouabaïo dilate la pupille : un a dit qu'il faisait tomber les poils, mais c'est probablement une légende. — Les effets de l'ouabaïo se confondent avec ceux de l'ouabaïne. [Voy. Lewïn. Die Pfeilgifte. Berlin, 1894.
Le poison des Wataita est ausM extrait des \cocanthera : il sert à enduire l'extrémité des [lèches de Ijuis : c'est une matière brun-gris, soluble dans l'eau ; la solution est ver- : avec le temps, il s'y l'ait un dépôt brun jaunâtre : les acides transforment la couleur en jaune clair. La solution réduit la liqueur de Fehling ; elle ne précipite pas par les réactifs généraux des alcaloïdes. On peut en extraire une substance en cristaux hygroscopiques, dont le point de t'u^i.>n est 186", el dont la solution sulfurique est llu irescent ■ pai ébullition avec l'acide chlorhydrique on obtient une matière huileuse, rouge-brun, qui surnage et se solidifie par le froid. — Ces cristaux sont très amers : déposes sur la langue, en petite quantité, ils provoquent une sensation de brûlure suivie bientôt d'une certaine anesthésie. Cn milligramme de ce poison, injecté a une grenouille, détermine l'arrêt du coeuren systole. Les effets toxiques se manifestent aussi bien lors pie le poison est ingéré que lorsqu'il est introduit -ou? la peau. — Il y a, parait-il, des différences notables entre ce poison-el l'ouabaïne amorphe, mais d'assez grandes ressemblances avec l'ouabaïne Lllisée (Lewin .
TRAITÉ DE CHIMIE TOXIl OLOGIQUE
Principes do strophantus glabre. — Arnaud a trouvé que le principe actif du Strophantus glaber esl identique, non à la strophantine, mais à l'ouabaïne Comptes rendus, t. ("Ail. p. 1162 . Le corps qu'il a extrait de cette apocynée esl soluble (huis l'eau I p. 57 dans mu p. d'eauà 30 il forme plusieurs hydrates, son pouvoir rotatoire en solution aqueuse esl ■x „ = — 30°,6, etc.
Tanghinine. — La tanghinine est un principe actif isolé du tanghin Tanghinia venenifera . arbre donl les graines onl été employées à Madagascar comme |i>>i- l'épreuve. La tanghinine est un toxique très violent
qui détruit l'irritabilité musculaire et paralyse les mouvements du cœur.