COQUE DU LEVANT. PICROTOXINE
La picro toxine esl un principe qui existe dans la Coque du Levant (Anamirla Cocculus . On a utililisé l'extrême amertume de la Coque du Levant pour la falsification de la bière : "ii s'en serl principalement pour la pêche : c'esl en effel un usage assez répandu dans certains pays que d'empoisonner ou «le stupéfier le poisson à l'aide d'appâts où entre la coque du Levant : s'il n'esl pas vidé rapidement, le poisson ainsi péché peu) devenir
toxique : des empoisonnements dus à cette eaus< I été observés dans
l'Inde et ailleurs. Ce genre de pêche, sévèrement interdit dans la plupart des pays civilisés, n'en est pas moins assez fréquemment pratiqué '.
L'anamirta cocculus esl une liane du genre des Ménispermées, répandue auxMoluques, à Java, à Ceylan : la Coque^ du Levant, qui en esl le fruit, renferme environ -"i p. lwi de picrotoxine : l'existence des deux alcaloïdes dénommés ménispermine et paraménispermine, dans les enveloppes de la coque, n'a pas été confirmée.
La [ue du Levant est une matière très toxique : 2er,o0 environ peuvent
amener la mort : quant à la picrotoxine elle-même, on a indiqué comme dose mortelle le chiffre de 0?r,l •"> à u-r.->ii. Les poissons présentent une sensibilité toute particulière à l'action <le la coque du Levant.
Dans l'empoisonnement par la picrotoxine et la Coque du Levant, on observe des vomissements et de la diarrhée : des tremblements et des convulsions cloniques, des hallucinations, du délire : la sécrétion salivaire esl augmentée. A l'autopsie on ne remarque pas de lésions spéciales.
La picrotoxine se retrouvedans les matières vomies, dan- le conti nu du
1 Un autio produit végétal, employé au Brésil pour empoisonner les cours d'eau, esl le . qui provient de diverses plantes Paullinia pinnata, lephrosia toxicaria . l'i.itl . d. l'Itarm.. t. XXIX. p. 31-*Si en a extrait la limboine, C'-'\\'-0'. qui fond a 8i°. et le timbol, t.'.' Il"i>. produit huileux très toxique.
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tube digestif, el aussi dans le foie : en petite quantité, dans les reins el dans le sang. Elle paraii résister assez mal à la putréfaction : Dragendorff n"a pu la caractériser dans l'urine abandonnée à l'air pendanl vingt-cinq jours.
Propriétés. — La picrotoxine, CMH40O,8(? . esl un corps blanc, assez facilemenl cristallisable en prismes allongés, ou en petites aiguilles groupées en forme de choux-fleurs. Elle se dissout dans L50 p. d'eau à froid, dans
2'\ |>. d'eau à-f- 100°. Elle esl soluble dansl'al 1. l'éther, le chloroforme,
l'alcool amylique; elle se dissoul égalemeni bien dans les liqueurs acides el dan- les liqueurs alcalines : c'est un produit à réaction neutre. Sa saveur esl d'une excessive amertume. Elle peu! fondre, sous forme d une masse jaune.
Extraction. — La picrotoxine, en solution acide, est extraite par l'éther, dans la méthode générale de Stas-Otto. Le chloroforme est un dissolvant plu- commode : comme elle n'esl pas soluble dans la benzine ni dans l'éther de pétrole, on pourrait avantageusement, avant d'épuiser par le chloroforme, traiter la solution acide, par la benzine ou le pétrole qui enlèveraient diverses impuretés. L'alcool amylique esl encore un bon dissolvant de la picrotoxine.
Réactions. — Parmi les réactions de la picrotoxine, la suivante esl une des meilleures : un ajoute à la matière de l'acide nitrique et on chauffe au bain-marie jusqu'à disparition de l'acide ; le résidu est délayé dans très peu d'acide sulfurique : par addition d'un peu de lessive de soude très concentrée on obtient une coloration rouge brique. — Une réaction analogue a lieu lorsqu'on traite la picrotoxine par trois fois son poids de nitrate de potasse en présence d'un peu d'acide sulfurique; l'addition de soude concentrée t'ait apparaître une coloration rouge brique peu durable Langley . — Selon certain- auteurs, la col, nation dont il s'agit serait duc non à la picrotoxine, mais à une impureté qui l'accompagne.
Lorsqu'on traite la picrotoxine par l'acide nitrique et qu'on évapore à siccité, mi obtient par addition île carbonate de potasse une coloration rouge.
L'acide sulfurique, à froid, colore la picrotoxine en jaune ; même réaction avec le réactif de Frôhde.
L'acide picrique à chaud, additionné de carbonate de potasse, se colore en brun rougeâtre.
La liqueur de Fehling est réduite par la picrotoxine.
Avec l'acide sulfurique et le bichromate de potasse, elle fournit une colo-
ration violette; on sait que ce caractère appartieni aussi à la strychnine, qu'il esi d'ailleurs facile de différencier par d'autres réactions.
Enfin, dans la recherche toxicologique de la picrotoxine, on pourrai! utiliiiii 'ii! pratiquer l'expérimentation physiologique sur des poissons. — D'après Blasner, I centigramme de picrotoxine tue en dix heures un puissou de ^iki ;'i 1500 grammes. Dragendorff a fai! îles essais de ce genre sur île petits cyprins île ."> à 7 grammes placés dans 250 centimètres cubes d'eau el constaté que In morl survenait en deux heures et demie avec I centigramme, eu seul heures avec 5 milligrammes, eu neuf heures avec I milligramme, eu vingt-quatre heures avec des doses voisines de 2 dixièmes de milligramme. Malgré la sensibilité de cet effe! toxique île la picrotoxine, il laul reconnaître que îles essais pratiqués sur des animaux aussi délicats ne son! guère concluants el qu'on n'es! jamais sur que leur morl ne puisse être attribuée à quelque cause 1res ordinaire : on ne doil donc considérer ces essais que comme des indications complémentaires venant à l'appui des réactions chimiques.
Recherche dans la bière. — (tu a quelquefois à rechercher la picrotoxine dans la bière : voici le procédé recommandé par Schmidl : la bière esl évaporée à consistance sirupeuse; le résidu délayé dans un peu d'eau tiède, de manière à former un liquide pas trop fluide, esl additionné de noir animal 5 à li grammes pour un litre de bière . Un filtre après quelques heures; s'il v a lieu, on continue la décoloration avec le noir. Le liquide clair es! précipité par l'acétate de plomb ; après séparation >\u précipité par filtration, le liquide esl épuisé à plusieurs reprises avec l'alcool amylique. Par évaporation, à température assez basse, de l'alcool amylique, on obtient un résidu que l'on traite par l'alcool à 50°; on filtre el on évapore. Le nouveau résidu esl repris par un peu d'eau bouillante légèremenl acidulée par l'acide sulfurique ; la solution est décolorée par le charbon; le liquide clair est épuisé par l'éther, qui laisse enfin par évaporation la picrotoxine à peu près pure, sur laquelle on essaie les réactions précitées.
CANTHARIDIN I.
La cantharidiné, découverte par Robiquet, est le principe toxique contenu dans les canlharidcs [Lytta vesicatoria , coléoptère don! les propriétés vésicantes et aphrodisiaques oui été connues depuis l'antiquité. La cantharidiné existe aussi dans d'autres insectes du genre Mylabre, Cerocome, Méloé.
Les préparations pharmaceutiques à base de cantharides oui cause de nombreux accidents, dus lanlol à l'absorption de doses excessives de
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poudre ou de teinture de caiilharides prises en raison de leurs effets aphrodisiaques. Outre l'emploi bien connu des cantharides, connu.' agent révulsif dans les vésicatoires, on les utilise encore dans certaines affections, principalement sous forme de teinture alcoolique [épilepsie, anaphrodisie, incontinence d'urine, etc. . La poudre de cantharides elle-même présente des dangers particuliers, même à petites doses, en raison des effets locaux que peut déterminer l'adhérence de parcelles de poudre en certains points du tube digestif.
Les doses toxiques ne sont pas bien déterminées. 3 à i gri tes de
poudre constituent une dose trè> dangereuse; une trentaine de grammes de teinture peuvent donner la mort; quant au principe actif lui-même, la cantharidine, c'est un poison des plus violents qui peut entraîner des accidents mortels à la dose de 2 ou 3 centigrammes. — Certains animaux, les grenouilles, les poules par exemple, sont peu sensibles à l'action de la cantharidine.
Les symptômes qui suivent l'absorption de préparations cantharidiques sont d'abord ceux que -déterminent les poisons irritants, sensation de brûlure sur les lèvres, la langue et dans tout le haut du tube digestif, vomissements et, en général, vive irritation gastro-intestinale ; puis, le poison commençant à s'éliminer, l'irritation s'étend sur l'appareil rénal : l'urine, dont l'émission est fort difficile et douloureuse, contient d'ordinaire de l'albumine, et quelquefois du sang; les troubles de l'appareil rénal seuil de longue durée, même en cas de guérison. L'action aphrodisiaque n'est pas constante : le priapisme, souvent observé, est accompagné de sensations douloureuses. Dans les cas fatals, la mort survient après un temps assez Long, vingt-quatre heures par exemple.
A l'autopsie, les lésions constatées sont considérables : vive inflammation du tube digestif, extravasations sanguines, ulcérations, on a même noté de véritables perforations stomacales; dans les reins également on constate les signes d'une inflammation intense ; dans l'urine, la présence de l'albumine, et souvent même de débris provenant des reins.
On doit avoir grand soin, au cours de l'autopsie, de rechercher s'il se trouve dans le tube digestif des débris de cantharides. Leur couleur mordorée, leur aspect microscopique sont assez caractéristiques; on peut souvent en isoler des quantités suffisantes pour constater les propriétés vésicantes.
C'est surtout dans les vomissements, dans le contenu du tube digestif, l'urine. les reins et le foie, que l'on a chance de retrouver la cantharidine. D'après les expériences de Dragendorff, la cantharidine résiste assez bien à la putréfaction ; il estime qu'on pourrait la rechercher avec succès dans des viscères après six mois et plus : ce qui est contraire à l'opinion autre-
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lois répandue : on admettait d'ailleurs que la décomposition du poison du us l'économie était si rapide, que la recherche toxicologique était presque inutile : des expériences nombreuses ont au contraire montré que le sang et l'urine contiennent de la cantharidine en nature, H que ce poison est capable de traverser les tissus sans s'altérer.
Propriétés. — La cantharidine se trouve dans les cantharides à la dose de 0,30 à 0,50 ]>. 100. C'est une matière blanche, cristallisée en petites Inities rhombiques ; elle se sublime difficilement vers -f- 180°; elle est assez bien entraînée par la vapeur d'eau. Elle est presque insoluble dans l'eau, relativement assez soluble dans les autres dissolvants (alcool concentré, 0,125 p. 100 à+ 18°; sulfure de carbone, 0,06; éther, 0,11 ; chloroforme, 1,20; benzine, 0,2(1). C'est le chloroforme <|iii dans les recherches toxicologiques est le dissolvant le plus employé. Elle est soluble dans les solutions alcalines, dans les solutions acides et aussi dans l'eau salée : l'éther, la benzine, le chloroforme, l'enlèvent aux solutions acides. Elle forme avec la magnésie, l'oxyde de zinc et les bases alcalines des combinaisons assez soluble- dans l'eau ; ces combinaisons ne cèdent pas leur cantharidine par agitation avec l'éther, la benzine, le chloroforme; avec l'oxyde de chrome, il se forme une combinaison dite cantharidate de chrome soluble dans le chloroforme. Les cantharidates de potasse et de soude laissent déposer la cantharidine, quand on les traite par les acides un peu concentrés.
Extrac/ion. — Si l'on emploie la méthode de Stas-Otlo, c'est dans le résidu de l'épuisement par l'éther en solution acide que l'on devra chercher la cantharidine ; dans la méthode de Dragendorff, on la trouvera dans les résidus de l'épuisement par la benzine en solution acide.
Parmi les procédés spéciaux, citons celui de Th. et A. Husemann qui épuisent par l'alcool éthéré les matières séchées et pulvérisées ; on ajoute au liquide de la magnésie et on évapore à siccité ; sur le résidu sec, on enlève la cantharidine au moyen de l'éther. Dragendorff fait à ce procédé l'objection que la magnésie transforme en partie la cantharidine en une combinaison magnésienne à peu près insoluble dans l'éther. Le même auteur propose pour l'extraction de la cantharidine le procédé suivant :
Les matières bien divisées sont additionnées d'une solution de potasse (I p. d'hydrate de potasse pour 12 à t.") p. d'eau), et l'on chauffeà l'ébullition pour obtenir une masse fluide. Le résidu, additionné d'eau, s'il est hop épais, est épuisé par le chloroforme, qui élimine diverses impuretés: on ajoute ensuite i ou 'i volumes d'alcool à 90-95°, et on salure par l'acide sulfurique; on chauffe et on filtre après refroidissement; l'alcool
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esl séparé par distillation; le résidu esj-épuisé à deux ou trois reprises par le chloroforme qui enlève la cantharidine.
On a obtenu d'assez bons résultats par la dialyse du mélange traité par la potasse : le liquide extérieur du dialyseur esl acidulé par l'acide sulfurique el épuisé parle chloroforme.
La recherche de la cantharidine dans l'urine est facile: on acidulé par l'acide sulfurique et on épuise par le chloroforme. S il y a trop d'albumine, on peul la précipiter au préalable par l'alcool.
Tous ces procédés d'extraction ne donnent en général qu'un produit très impur, rarement cristallisé. On le purifie, mais non sans perte, en traitant parl'étherde pétrole qui dissout les matières grasses, puis par un peu d'alcool à 90°, qui enlève diverses impuretés et aussi un peu de cantharidine .
Réactions. — Les caractères chimiques qui servent à reconnaître la cantharidine ne sont ni nombreux ni précis: on constatera que le résidu finalement obtenu est soluble dans le chloroforme, dans les solutions alcalines; que la solution potassique (dans une très faible quantité de potasse fournit par évaporation une combinaison cristalline peu soluble dans l'alcool, précipitable par différents sels métalliques chlorure de baryum et de calcium, précipité blanc ; sels de cuivre et de nickel, précipité vert ; sels de cobalt, précipité rouge ; sels de plomb, de mercure et d'argent, précipités blancs : ces trois derniers sels donnent des précipités cristallins ; enfin le chlorure de palladium fournit un précipité jaune, cristallin .
Mais la véritable preuve de la présence de la cantharidine est fournie par l'expérimentation physiologique qui consiste ici à produire une action vésicante avec les résidus obtenus. Ceux-ci n'ont même pas besoin d'être grandement purifiés : s'il y a lieu, on délaie le résidu dans un peu d'huile d'amandes douces; on peut faire l'expérience sur soi-même, en appliquant sur la poitrine ou sur le bras le mélange cantharidique, imbibé sur un peu de coton ou de charpie et recouvert de diachylon ou de taffetas gommé. Cette expérience esl forl sensible; on observe chez l'homme mie action vésicante très marquée avec des doses qui ne dépassent guère 1/10 de milligramme. Si Ton opère sur des animaux, des lapins par exemple, il faut raser d'abord soigneusement la place où doit être appUqué le résidu, et choisir cette place de telle sorte que l'animal ne puisse l'atteindre avec ses pattes ou sa langue. — Enfin on doit avoir grand soin d'éliminer du produit examiné les traces de corps irritants qui auraient pu être entraînés, par exemple un peu d'acide sulfurique provenant de l'agitation avec le chloroforme en solution acide). Moyennant ces précautions, l'expérimentation physiologique donne des indications très précises, bien préférables
aux caractères chimiques, qui ne peuvent être constatés que sur des quantités de matières assez considérables el plus fortes que celles dont on dispose ordinairement dans les expertises.
A 1.(11. S. Al.oÏNK. ALOÉTINE
La plupart des variétés d'aloès contiennent dans le parenchyme des feuilles un suc visqueux, verdâtre, qui se concrète rapidement sous forme d'une masse brune résineuse; ce produit est couramment désigné sous le
m l'aloès : il est très employé en thérapeutique, comme purgatif. On en a
souvent fait usage pour tenter de déterminer des avortements au début de la grossesse. Aussi n'est-il pas rare que le chimiste-expert ait à rechercher l'aloès, principalement dans des pilules, potions ou autres préparations médicamenteuses. Nous consacrerons donc quelques lignes à l'étude de ce produit, dont l'histoire chimique est assez confuse.
L'aloès du commerceest fourni principalement parles espèces Aloe vera, Aloe spicata. Aloe Pewyi ; le premier est l'aloès des Barbades, le second l'aloès du Cap, le troisième l'aloès de Socotora. La masse résineuse, obtenue par écoulement direct dusuc des feuilles coupées et dessiccation lente, est brune, de teintes variables suivant les provenances; sa saveur est excessivement amère ; la cassure est conchoïdale. L'aloès se ramollit vers -+- 70° et fond à -)- 7'i". On l'emploie en médecine comme purgatif, sous des formes diverses, à des doses de- 15 à 70 centigrammes.
On a extrait de l'aloès une substance cristallisable, Yaloïne. Les aloïnes extraites des divers aloès ne sont pas semblables, d'où les noms multiples <pii leur uni été donnés suivant leur provenance (barbaloïne, socaloïne, nalaloïne . Extraite de l'aloès en poudre par épuisement à l'eau bouillante,
l'aloïne est en cristaux jaunes, solubles dans l'eau et dans l'alcool, de
saveur amère. Au point de vue thérapeutique, l'aloïne est moins active que 1 aloès dont elle pro\ ient .
D'après Grœnwold [Arch. de Phaitn., t. XXVIII, p. 115, 139 . l'aloïne de l'aloès des Barbades a pour formule C16H1607 + 3H20, et se présente sous forme d'aiguilles jaunâtres, soyeuses, peu solubles dans l'eau froide, très solubles à chaud, solubles dans l'alcool, l'acide acétique, peu solubles dans le chloroforme, l'éther, la benzine, le pétrole léger ; elle fond à -j- 1 i-7". Les solutions aqueuses et alcooliques se résinifient. L'aloïne de l'aloès de Curaçao paraît identique à la précédente. L'aloïne de l'aloès de Natal, C24H"Ol0+ 0,5 à 2 1LO, fond à + 250°-255°.
Léger Comptes rendus, CXXV, p. 185) divise les aloïnes en deux groupes, le premier comprenant la barbaloïne, la zanaloïne, la socaloïne, la curaçaloïne, le deuxième représenté seulement par la nalaloïne ; il consi-
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dère les quatre premières comme identiques entre elles. L'aloïne des Barbades parait renfermer deux isomères cristallisanl avec <\c± quantités variables d'eau. Les autres aloïnes pourraient bienn'être que des mélanges en proportions diverses de ces deux aloïnes.
Le produit désigné sous le nom à'aloétine, isolé par Robiquet, n'est probablement pas une espèce chimique définie.
Dans les solutions aqueuses et acides, l'aloïne est enlevée par l'épuisement à l'alcool amylique. L'aloétine est extraite par la benzine, dans les solutions acides; en .sorte que l'on peut isoler successivement les deux produits; Dragendorff recommande d'épuiser les matières par l'alcool, en présence d'un peu d'acide sulfurique, d'évaporer l'alcool, de purifier le liquide aqueux par agitation avec l'éther de pétrole, puis d'épuiser par la benzine qui enlève l'aloétine, et par l'alcool amylique qui enlève l'aloïne. On peut rechercher ces principes dans l'urine directement parl'action de ces dissolvants, après avoir acidulé.
L'aloïne présente généralement les caractères suivants, qui peuvent varier suivant la provenance du produit.
Traitée 'par Y acide nitrique fumant, elle laisse par évaporation de l'acide un résidu rouge qui, dissous dans l'alcool et additionné d'une solution alcoolique de cyanure de potassium, fournit une coloration rouée violacé très sensible. L'aloïne se colore on vert-brun parle sulfovanadale d'ammoniaque; en chauffant avec l'acide sulfurique mélangé d'alcool, on a une coloration vert clair ; avec la potasse ou la soude, une coloration brune ; le bromure de potassium bromure donne une teinte violet rougeâtre seulement avec certaines aloïnes); le chlorure d'or une coloration rouge pourpre, avec précipitation d'or métallique ; le nitrate de mercure produit une coloration rougeâtre.
La substance désignée sous le nom d'aloétine se colore en rouge parla potasse; c'est une fort belle réaction. On peut constater la coloration rouge même avec l'aloétine en solution dans la benzine, on agitant avec un peu de potasse. L'ammoniaque rougit aussi l'aloétine.