‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 14 sur 185 · EXPERTISES CHIMICO-LEGALES · texte numérisé non relu

EXPERTISES CHIMICO-LEGALES

uneseï de expertise (à moins que la quatrième série d'expériences, relative aux acides fortemenl caustiques ou toxiques, ue soil jugée inutile, ce <|iii arrive en réalité très souvent) .

Nous nous contentons d'une division plus simple :

A. On prélève le quarl environ de chacun des scellés : estomac el i -

tenu, intestins ei contenu, foie, reins, rate, poumons ei cœur (ou le sang qui les baigne , cerveau, sang, urine. On forme du lotit un échantillon homogène servant à la recherche des poisons volatils par distillation : acide eyanhydrique, cyanures, phosphore, essences, acide phénique, chloroforme, éther, etc. 11 arrive souvent que l'on peut, au moins pour les essais préliminaires, pratiquer cette recherche seulement sur le tube digestif et sou contenu. — Les matières qui ont servi à celle première série d'expériences n'ont point subi d'altérations essentielles : elles sont reprises et consacréesà la recherche des métaux, après destruction «le la matière organique

plomb, cuivre, mercure, arsenic, antimoine, étain, bismuth, etc.).

B. On prélève un second échantillon composé, comme le précédent, du quarl environ de chacun des scellés ; on en forme une masse homogène pour la recherche des poisons végétaux (alcaloïdes, glucosides et de quelques autres composés organiques.

C. Si les premiers essais (ails sur l'ensemble îles viscères ont donné un résultat positif, on vérifie ce résultat en recommençant les expériences sur un échantillon de chaque viscère séparément, de manière à pouvoir étudier la localisation du poison. De toute manière, on réserve une portion suffisante de chaque scellé (le tiers ou le quart du poids primitif) en vue d'une seconde expertise.

D. La recherche des acides et alcalis caustiques se fait aussi sur une portion des viscères restant après les opérations A et IJ, quand les essais préliminaires ou la nature des lésions observées rendent cette étude nécessaire.

E. Un échantillon suffisant de sang il 00 et au moins 50 centimètres cubes) esl réservé pour la recherche des gaz qui se fixent dans le sang, dont le plus important esl l'oxyde de carbone. L'extraction des gaz du sane- par le vide n'est d'ailleurs pas toujours nécessaire. Le sang qui a servi à cette opération peut être utilisé pour d'autres essais (sérias A et IJ, moins les poisons volatils).

La méthode de subdivision que nous venons de proposer n'a certes rien d'absolu; nous la considérons comme pratique dans le cas d'une expertise complète, lorsque l'on ne sait rien sur la nature du corps toxique à trouver. Mais il serait oiseux de vouloir fixer eu pareille matière des règles invariables, ('.'esl à l'expert de juger, d'après les conditions du problème qui

lui esl posé, s'il \ a lieu de consacrer à telle ou telle recherche spéciale une

plus grande proportion <!<•.- organes, — ou d'un organe en particulier,

ou encore, s'il convient de modifier les méthodes générales en vue de faciliter la découverte d'un poison déterminé.

Les fractions d'organes mis en expérience sont pesées grossièrement, ;'i 2 ou :! grammes près, par exemple sur une balance de Roberval.

Les vases, vppareii.s, instruments usités dans les recherches de chimie toxicologique ne diffèrenl pas de ceux qui servent dans les recherches de chimie ordinaire. Il convient de veiller à la propreté absolue des ustensiles que l'on emploie; il faut s'assurer qu'aucune substance toxique, laissée aux parois des vases par un nettoyage imparfait, ne pourra se mélanger aux matières mises en expérience.

< >n ht, ilnii- la pluparl des traités, qu'il ne faut »■ servir que de vases cl appareils neufs; c'est une recommandation qui fuit bon effet dans les livres, mais (|ui n'est pas, je crois, fréquemment suivie. Si l'un devait, aprèschaque expertise, mettre nu rebut le- capsules, ballons, réfrigérants, appareils rodés, scalpels, ciseaux, etc. les dépenses de semblables travaux deviendraient excessives: en pourrait d'ailleurs, et avec beaucoup de raison, soutenir inversement que les vieux vases ou appareils dont la solidité «'l le bon

fonctionnement uni été vérifiés par de n -

breux services, valentmieux que des outils neufs et non encore éprouvés.

Nous nous contenterons donc de recommander au chimiste expert de s'assurer de l'exact nettoyage des appareils qu'il met en œuvre '.

Recommandons en passant, pour le nettoyage

exact des bocaux, ballons el rases divers, le petit

dispositif suivant qui est fort pratique et assure un

nettoyage efficace el rapide. Un ballon (fig. I), de

pj„ | 1 1,'2 à 2 litres contient de l'eau, quel'on maintient

chauilr ;i l'aide- d'un bee veilleu>e. i-t que l'on pi-nl

faire bouillir en peu d'instants. Le col de ce ballon

supporte un entonnoir de 1 - litre à 1 litre : par la douille de cet entonnoir passe un tube

Al; ouvert aux deux extrémités. Dès -indu ouvre le gaz en grand, l'eau entre en vapeurs

et aett complètement les parois du vase quelconque C, placé sur le tube. L'entonnoir

retient les gouttelettes d'eau condensées: on retire celui-ci encore chaud et on peut le sécher très rapidement avec le courant d'air d'une soufflerie. — Le nettoyage de certains bocaux ayant contenu des matières organiques exige souvent l'emploi d'agents chimiques di\ ers, — acides concentrés, alcalis, etc. ■!'■ recommande de préférence, pour ces nettoyages, te permanganate dissous, additionné d'acide sulfurique: la potasse caustique rend aus-i de fort bons services.

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