‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 15 sur 185 · EXPERTISES CI1IMIC0-LEGALES · texte numérisé non relu

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Au reste, dans bien des cas. la propreté des appareils esl vérifiable par leur fonctionnement même : un appareil de Marsh peut servir pendant des années; il suffit, avant d'y introduire les matières suspectes, de le faire fonctionner à blanc et de constater qu'il ne dégage aucune trace de composés arsenicaux ; on citerait beaucoup d'autres exemples analogues.

Produits et réactifs. — En toxicologie, plus qu'en toute autre branche de la chimie appliquée, il convient de se préoccuper de la pureté des produits employés dans les expériences; plus exactement il faut savoir si parmi les impuretés <|u'ils renferment, il n'en esl point qui soient de nature toxique, et qui, en se mêlant aux matières anak sées, pourraient être l'origine de graves erreurs, dette vérification des impuretés ne doit jamais être négligée, même quand il s'agit de produits étiquetés purs et provenant de fabricants connus. Les acides usuels, sulfurique, chlorhydrique, nitrique, doivent particulièrement attirer l'attention, surtout au point de vue de l'arsenic, qui s'y trouve souvent en quantités notables. 11 en est de même du zinc, employé dans les appareils de Marsh. Le chlorate de potasse s'obtient facilement à l'état pur. Les dissolvants qui servent à l'extraction des alcaloïde- doivent présenter aussi certains caractères de pureté : l'alcool doit être exempt de produits basiques, l'éther ne doit pas renfermer d'alcool, etc. Dans un laboratoire où se l'ont beaucoup d'expertises toxicologiques, la consommation de ces dissolvants, surtout de l'alcool, esl considérable, et il vaut la peine de conserver les résidus pour les purifier et les redistiller: les produits ainsi régénérés sont souvent plus purs que les produits initiaux v. p. 509).

Nous indiquerons, chemin faisant, les qualités spéciales que doivent présenter les matériaux employés dans telle ou telle expérience, et nous décrirons en temps et lieu la composition des réactifs complexes.

Enfin, il est une excellente précaution, pour vérifier la pureté des réactifs, précaution spécialement recommandable à ceux qui, n'ayant pas l'occasion de taire très souvent des examens toxicologiques, n'ont pas foujours sous la main des provisions de produits bien étudiés el tout à fait sûrs. Cette précaution consiste à traiter préalablement, avec les produits et parles méthodes qui seront employés dans la vraie expertise, de- fragments d'organes d'un animal de boucherie, du foie de bœuf ou de cheval par exemple. Si l'on obtient dans cet essai préliminaire des résultats absolument négatifs, on pourra avoir confiance dans la pureté des produits mis en œuvre.

Broyai;k des organes. — Il y a grand avantage, au point de vue de la rapidité et de la bonne exécution des opérations analytiques, à réduire les

\ isceres en une puJ el péniblement à ce

celui qui esl représenté dans Les figures

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pe aussi divisée que possible : on n'arrive que lentement • résultai en se servant de ciseaux. Il vaul mieux, au moins pour les fractions un peu volumineuses de viscères, recourir à l'emploi d'un hache-viande; il en existe plusieurs modèles ; je recommande

et 2 bis comme étanl très simple el surtoul très facilement nettoyable : c'esl là la qualité essentielle d'un instrumenl de ce genre. Le couteau d'acier qui déchire les tissus amenés par les deux cylindres cannelés tournant en sens inverse, peut être démonté sans difficulté ; on doit l'affûter fréquemment , ou le remplacer au besoin.

Les \ iscères ne se broient pas tous avec la même facilité : on commencera de préférence par le foie, les reins, la rate, qui se divisent 1res bien; les poumons et le cœur sont plus résistants ; on terminera par l'intestin, dont le broyage présente quelques difficultés. Quant au cerveau, il est inutile de le faire passer dans le hachoir.

Les matières broyées sont reçues dans une grande capsule et mélangées avec une spatule de porcelaine jusqu'à ce qu'elles forment une iuas-,e;i peu près homogène.

On divise alors celte niasse en deux parts égales, dont une. additionnée d'eau el acidulée, sera soumise à la distillation en \ ue de la recherche des poisons volatils; le résidu de la distillabon servira à la recherche des poisons minéraux ; l'autre moitié de l'échantillon sera consacrée à la recherche des poisons végétaux.

On commencera toujours par rechercher dans le sang l'oxyde de carbone, et, s il y -, ij,.Ui quelques autres o-az toxiques. Quant à l'ordre des recherches

Fig. 2 bis.

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suivantes, il ne peul être indiqué; il n'y a pas de motif pour commencer plutôt par les alcaloïdes que par les [» >isï>ns volatils el minéraux; mais la lecture des pièces du dossier peul indiquer l'opportunité de diriger les expériences dans un sens déterminé. Quoi qu'il en'soit, même si l'expertise esl urgente, il esl mauvais de commencer simultanément, comme on le fail parfois dans le luit de gagner du temps, les deux grandes séries d'expériences : en effet, si l'une des séries donne des résultats positifs, la recherche des poisons de l'autre série deviendra inutile ou moins utile, ei le reste des viscères sera mieux employé à des essais de vérification, ou à des études sur la localisation du poison trouvé, etc.

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