I. Ces \ iscères comprennent
Estomac 55 grs m s
, as:» " —
Foie, rein, rate 395 —
Cœur, muscle 330 —
Poumon !»."> —
Cerveau 270 —
1 i.;ji) —
L«- poids total de matière employée était donc environ trois fois plus fort que celui qui, dans la première expertise, avait été consacré à la recherche de la colchicine.
H. Nous avons fail subir à ces matières réunies un traitement identique à relui qui avait été employé dans la première expertise, traitement qui offre les meilleures garanties de sécurité et d'exactitude.
Ce traitement esl le suivant :
Les viscères sont réduits en pulpe au moyen d'un hachoir : on délaye la masse dans de l'alcool à Itil , el on l'acidulé avec de L'acide tartrique. Le toul esl maintenu pendant dix heures à une température voisine de ■+■ 60°.
Au boni de ce temps, on filtre, et le liquide alcoolique est soumis à l'évaporation à froid dans Le vide -;ec.
Le résidu sec esl ensuite épuisé par de L'alcool dilué, et après filtralion la solution esl agitée à plusieurs reprises avec du pétrole léger, qui sépare une grande partie des matières grasses : enfin le liquide ainsi purifié par le pétrole est épuisé par le chloroforme. Le traitement par le chloroforme esl renouvelé une seconde fois, et les solutions chloroformiques, soigneusemenl décantées de la partie aqueuse, sont réunies.
C'est dans ce chloroforme que doit se trouver concentrée la colchicine, s'il en existe dans les organes.
Le> deux tiers environ de la solution chloroformique sonl mis de côtépour servir aux expériences physiologiques.
III. Réaction de l'acide nitrique de densité égale à 1,49. — On a réparti sur plusieurs verres de montre une certaine quantité 18 à 20 centimètres cubes par verre d sm mtre) de liquide chloroformique et on a évaporé doucement au bain-marie. Laréaction caractéristique de l'acide nitrique de densité égale à l ,40 a été recherchée a plusieurs reprises.
On sail que la colchicine, en présence de.ce réactif, donne lieu à une coloration violelite qui se transforme en une coloration rouge orangé par addition de potasse caustique.
En opérant sur les extraits du cadavre de M"" R... nous observons les t'ails suivants :
Lorsqu'on laisse bomber une goutte d'acide nitrique de densité égale à 1,40, exempt île vapeurs nitreuses, au rentre du verre de montre et de l'extrait chloroformique desséché et étalé en couche mince à la surface du verre, la goutte elle même reste incolore : mais sur le pourtour, là où la goutte est en contact avec l'extrait sans qu'il y ait excès d'acide, il se forme une auréole rose mi rose violacé assez persistante.
L'addition ultérieure de potasse caustique donne à toute la masse du liquide une teinte orangé rougeàtre.
Lorsqu'on répète la même expérience, en procédant de la même façon, sur un verre de montre dans lequel on a évaporé uni:' solution récemment préparée de colchicine pure dans le chloroforme, on constate que la totalité de la goutte d'acide nitrique se colore en violet, a mesure que la colchicine s'y dissout : la teinte violette est plus ou moins intense selon la proportion d'alcaloïde employée.
Les différences observées entre les deux modes d'apparition de la teinte -ont :
1" Auréole rose violacé ou rose autour de la goutte, au point de contact de son pourtour avec l'extrait, auréole qui s'étend en disparaissant dans les parties d'abord atteintes, à mesure que la goutte s'étale, — observée avec les extraits du cadavre de la dame It... :
■2 Coloration violette dans la goutte elle-même, observée avec la solution chloroformique de colchicine récemment préparée.
Os différences, disons-nous, peu m mi i s'expliquer par l'influence de matières étrangères dans l'extrait chloroformique du cadavre, matières dont la présence est indéniable, qu'il est impossible d'éliminer complètement et qui doivent modifier dans uni' certaine mesure la netteté et l'aspect des réactions colorées. Ces impuretés, qui sont de nature grasse, ne peuvent entrer en contact direct avec la goutte d'acide nitrique ; on comprend donc qu'il ne puisse se produire dans ce cas une coloration immédiate dans la masse même delà goutte d'acide, comme il arrive avec la colchicine pure.
D'autre part, la coloration propre de ces impuretés doit évidemment altérer la coloration due à l'action du réactif et en modifier plus ou moins la teinte. Eu répétant nos premiers e-sais avec un extrait chloroformique purilié davantage par solution dans l'acide acétique et évaporation dans le vide à la température ordinaire, nous avons obtenu une coloration rose ou rose violacé un peu plus nette et qui se développait même dans toute la masse lorsqu'on exposait celle-ci aux vapeurs d'acide azotique fumant.
Nous devons aussi faire observer que les teintes développées par l'acide nitrique d'une densité égale à 1,4 dans les divers produits retirés du cadavre
de M I!..., ne se sonl jamais présentées à nous avec Le caractère franchement violet que l'on constate avec la colchicine fraîchement dissoute dans le chloroforme et séparée par évaporation au bain-marie.
Les masses étaient surtout roses ou rose rougeâtre violacé '.
dette différence assez, tranchée conduirait à faire rejeter l'hypothèse d'un empoisonnement par la colchicine, mais d'autre part, d'après nos expériences personnelles, il semble que la colchicine pure en dissolution dans le chloroforme subit au boul de quelque temps une altération notable; nous axons, en effet, observé que la colchicine extraite de solutions chloroformiques préparées depuis plusieurs mois ne donne plus la réaction franchement violette ou bleu violet avec l'acide nitrique de densité 1,40, mais une coloration rouge violacé qui se rapproche assez de celles «pie nous avons été à même d'observer.
Quant à la couleur rouge orange ou orange que prend l'acide nitrique après addition de potasse caustique, nous pensons qu'on ne peut lui attribuer qu'une valeur restreinte, attendu qu'il existe un nombre assez considérable de matières organiques azotées, prises parmi celles que l'on rencontre, normalement dans l'organisme animal, qui développent une couleur analogue lorsqu'on les traite successivement par l'acide nitrique concentré et par les alcalis.
IV. Réaction du sulfovanadate d'ammoniaque. — Depuis l'époque de la première expertise, ou a signalé un nouveau réactif de la colchicine. Ce réactif, proposé par M. Mandelin (laboratoire du professeur Dragendorff à Dorpal , est formé de vanadate d'ammoniaque dissous dans l'acide sulfurique monohydraté (1 gramme de vanadate dissous dans 200 grammes d'acide sulfurique) ; avec la colchicine pure, cette liqueur donne naissance à une coloration verte assez intense, à laquelle succède très rapidement une teinte brun violacé.
Avec les résidus chloroformiques provenant du cadavre de M""' R..., nous avons observé une coloration verte fugitive, tournant au brun violacé.
Nous avons cherché à préciser l'importance de la coloration verte obtenue avec le sulfovanadate d'ammoniaque. Cette réaction est elle spéciale à la colchicine? Ne se produit-elle pas avec d'autres alcaloïdes? Voici ce que nous avons observé :
Les alcaloïdes suivants onl été soumis à l'action du nouveau réactif :
Vératrine, digitaline, pilocarpine, morphine, narcéine, codéine, ésérine, cocaïne, caféine, berbérine, gelsémine, narcotine, kaïrine, brucine, strychnine, solanine, colchicine, colchiceine, curare, arbutine, sabadilline, aloïne, rhéine, esculine, santaline, igasurine.
Avec la colchicine et la colchiceine, coloration verte immédiate.
' MM. Pouchet et Ogier croient devoir rappeler ici que, dans le cours de la première expertise, il- ont observé à plusieurs reprises des colorations plus violettes que celles décrites ci-dessus.
ANNEXES TGo
Avec l'arbutine, coloration verdâtre au commencement, devenant toul de suiir brun sale.
Avec l'aloïne, coloration verte devenant brune.
Avec la rhéine, coloration verte, persistante.
Les autres alcaloïdes <ml donné des colorations très différentes ou n'en onl donné aucune.
La colchicéine, l'arbutine, l'aloïne. la rhéine, smil donc, parmi 1rs corps étudiés, les seuls qui puissenl être confondus avec la colchicine.
Nous n'essaierons pas de différencier la colchicéine de la colchicine. La
chose a peu d'importam n elle-même : ers deux corps ont des propriétés
extrêmement voisines.
La colchicéi si un dérivé direcl de la colchicine. Le seul échantillon de
colchicéine que nous ayons pu nous procurer possède toutes les réactions de la colchicine.
Il est d'ailleurs fort peu vraisemblable que l'inculpé ail pu se procurer de la colchicéi ne.
Pour I arbutine, elle se distingue de la colchicine en ce que. par addition de l'acide nitrique, elle ne donne pas. comme celle ci, de coloration violette.
Même résultai puni' la rhéine et l'aloïne.
Ainsi, il n'y a aucune confusion possible, si l'on s'appuie simultanément sur les deux réactions.
Il résulte de ces données expérimentales que l'acide nitrique et le sulfovanadate combinés ont une importance réelle et sérieuse dans la recherche île la colchicine.
V. D'autres caractères moins spéciaux et -.'appliquant à un grand nombre d'alcaloïdes ont pu être constatés comme dans la première expertise ; tels sont : précipitation par l'iodure double de potassium et de mercure, précipitation par le tanin.
Ces réactions, communes à la plupart des alcaloïdes cadavériques, ne peuvent être invoquées que comme preuves secondaires, venant à l'appui de réactions plus caractéristiques.
VI. Il nous reste à examiner si. pendant la putréfaction, il ne peut pas se former des alcaloïdes cadavériques pouvant offrir simultanément la réaction violette par l'acide nitrique et la réaction verte par le sulfovanadate. Ce point capital avait déjà été examiné en ce qui concerne l'acide nitrique dans le premier rapport par MM. Brouardel, Pouchet et Ogier.
11 nous a semblé utile, vu l'importance de la question, de procéder à de nouvelles expériences sur ce point.
Avec des organes putréfiés provenant de deux cadavres pour lesquels l'idée d'une intoxication par la colchicine ne peut être soulevée, nous avons préparé deux extraits chloroformiques en opérant exactement dans les conditions énoncées plus haul à propos des viscères de M'"c R...
L'un de ces extraits n'a donné ni coloration verte avec le sulfovanadate, ni la coloration violette de la colchicine fraîchement dissoute dans le chloro-
TB \! I E DE CHIMIE TOXII OLOGIQ1 E
forme arec l'acide nitrique, ni La coloration rose ou rose violacé observée avec les extraits du cadavre de M" R... Le second extrail cadavérique a donné une coloration verl sale avec le sulfovanadate, comparable à celle que produisait le résidu chloroformique des viscères de M li...
Avec l'acide nitrique de densité égale à 1,40, ce s icond extrait cadavérique .1 donné une coloration rose violacé formant auréole autour de la goutte d'acide, coloration analogue à celle obtenue dans • ir les vis
de la femme R...
Cette coloration était, il est vrai, beaucoup moins intense dans la contrepreuve, et après purification des extraits par dissolution dans l'acide acétique, !;i différence d'intensité s'esl notablement accentuée.
Les extraits cadavériques n" 2 précipitaient également par le tanin, l'iodure de potassium ioduré, l'iodure double de potassium ■ •! de mercure, ce qui indique la présence d'un ou de plusieurs alcaloïdes cadavériques. Il résulte de ces observations que, dans certains cas, il peut se former pendant la putréfaction des composés alcaloïdiques capables de donner avec les réactifs plus caractéristiques de la colchicine des colorations qui se rapprochent dans une certaine mesure de celles que donne la colchicine elle-même.
Expérimentation physiologique. — Nos expériences ont été faites sur plusieurs grenouilles, sur deux lapins et sur sept cli - spériences, nous nous sommes - - provenant de la maison de produits chimiques Rousseau et i . - uf dans l'une de celles ijui ont été fait — iurdes chiens : cette expérience, différi - ; litres, avait pour objet l'étude des effets produits par l'ingestion stomacale durésidu chloroformique que nous avions obtenu ;i\ 5 org s d M li...
I G . — Nous avons injecté, chez plusieurs grenouilles, sous la peau d'un
postérieurs, une petite quan olchicine en solution da
mélange à parties égales d'eau et d'alcool. Il n'y a eu aucun effet reconnaissable à la suite de l'injection, ainsi faite, soit de b, soit de 10 milligrammes de colchicine.
tiques milligrammes de colchicine, en solution hydro-alcoolique, ont été inji Sun- la peau d'une grenouille qui était préparée en vue de prendre des tracés i graphiques. Plusieurs tracés avaient été pris avant l'injection sous-cutan^ colchicine. Deux minutes injection, ou a pris de nouveaux l'on a
continué à en prendre pendant plusieurs minutes. Ces tracés étaient absolument semblables aux tracés normaux.
II n'y avait donc rien à attendre d'un essai d'intoxication d'une grenouille par le
; chloroformique qui était à notre disposition . En supposant que contint de la colchicine, la quantité qu'on en aurait pu injecter suiis la peau d
mille, en restant dans les données des expérimentations utilisables, n'aurait certainement pas renfermé plus de 1 ou 2 milligrammes Je cette subslanc
tient cette injection n'aurait produit aucun effet pouvant être attribué olchicine, puisque 5 et même lu milligrammes de ce poison, injecti grenouilles, n'ont déterminé aucun phénomène d'intoxication.
t. v!ii un lapin affaibli par une expérience laite quelqu
auparavant, on a pratiqué une injection hypodermique de 1 centigramme de eolehii u solution hydro-alc tolique c'est une solution semblable à celle qui a servi aux expériences sut I - grenouilles . L'animal est mort au bout Je vingt-quatre heures. On ne l'avait observé que pendant quelques heures après l'injection, et pendant ce temps il n'avait présenté aucun symptôme morbide.
tverture du corps de ce lapin n"a révèle qu'une modification à mentionner. L'inti - - !■■ el le gros intestin étaient remplis de liquide diarrhéique. Il n'y avait d'ailleurs aucune rougeur, soit intérieure, soit extérieure, soit des intestins, soit de mac.
//. l'n lapin vigoureux a reçu, le même jour que le précédent, une injection hypodermique de 2 centigrammes de colcliicine même solution). Ce lapin était très malade le lendemain du jour où l'on a fait l'injection : il avait de la diarrhée, était abattu et ne mangeait presque pas. La diari tntinué les jours suivants; par
moments, elle était noirâtre. L'animal s'est affaibli progressivement et est mort au bout de dix jours.
À l'examen n [ue, on a trouvé une rougeur violacée de toute la longueur
Je l'intestin grêle et du gros intestin, un gonflement des follicules agminés et des valvules commentes : il n'y avait pas d'ulcération. Tout l'intestin était rempli de mucus abondant, liquide, de teinte un peu rosée. Tous les autres organes étaient sains.
La José de 2 centigrammes, en injection sous-cutanée, est mortelle pour un lapin vigoureux : la longue durée de la période de maladie qui a précédé la mort chez le id lapin indique que. dans les conditions de saute normale, la dose dont il ?'aait est à peu près, pour les animaux adultes de cette espèce, la dose mortelle "/. Chez le premier lapin, qui était beaucoup plus faible, la dose d'un centigramme le colchicine a sulii. en injection sous-cutanée, pour déterminer la mort en vingtquatre heures. La diarrhée et l'affaiblissement progressif ont été les principaux symptômes constatés (les lapins ne vomissent pas .Les! is n'ont pas les
mêmes dans les deux expériences, sauf la présence, chez les Jeux animaux, de liquide diarrhéique.dans l'intestin. Chez le lapin qui n'a vécu que vingt-quatre heures, il n'y avait pas de rougeur de l'intestin, tandis qu'on a trouvé une teinte rouge violacé chez le lapin qui a survécu dix jours à l'injection sous-cutanée, tient sans
doute à ce que, dans ce dernier cas. la congestion prolongée de la membrane muqueuse a déterminé une sorte de paralysie vasculaire et peut-être même de l'extravasation sanguine dans l'épaisseur de cette membrane.
3° Chiens. — a. On fait avaler par un chien d'assez forte taille non pesé lu centigrammes de colchicine. en enveloppant cette substance à l'état sec dans du fromage d'Italie. Il semble éprouver du malaise au bout d'une heure : il est a.:
Un premier vomissement a lieu, une heure trois quarts après l'ingestion de la tnee : ce vomissement est à moitié liquide, de couleur jaune verdâtre; il contient des matières alimentaires incomplètement dig i es. L'n second vomissement se produit une demi-heure plus lard : liquide mu queux un peu verdé
Le lendemain, on trouve à côté du chien des matières de vomissement el de diarrhée. Il est abattu, très faible, se tient difficilement diessé sur ses membres : il vomit encore dans la journée et rend aussi des matières diarrhéique- muqueuses.
Le second jour, on constate qu'il y a eu de la diarrhée pendant la nuit. Le chien boit du lait qu'il vomit : plus lard il peut en boire sans vomir.
L'affaiblissement augmi urs suivants: il y a un amaigrissement considé-
rable : l'animal est somnolent; il ue vomit plus et n'a plus de diarrhée.
768 TKA [TÉ DE ( Il I Ml E TOXICOLOGIQUE
Il meurl le cinquième jour après L'ingestion de la colchicine. On trouve de la congestion des poumons. La membrane muqueuse de l'estomac est congestionnée ; la cavité stomacale contient un peu de mucus. L'intestin est peu congestionné et contient îles matières muqueuses diarrhéiques. Les plaques de Peyer sont légèrement gonflées, et ont une teinte noirâtre ; les ganglions mésentériques sont un peu tuméfiés.
b. On fait avaler, au moyen du même procédé, par un chien pesant 6 kilogrammes petite taille . 5 centigrammes de colchicine.
L'animal commence à vomir au bout de trois heures; la diarrhée se répète une demi-heure plus tard. Les vomissements se répètent une dizaine de fois dans L'espace de trois heures ; les matières vomies sont muqueuses, parfois spumeuse- : elles ont été sanguinolentes une fois. Les matières diarrhéiques sont muqueuses d'abord, puis deviennent sanguinolentes et conservent ce caractère pendant quatre heure- : les >i-lles ont été un peu moins nombreuses que les vomissements. Le chien s'affaiblit rapidement et, trois heures après le début des vomissements, il peut à peine se tenir sur ses membres. Dans les deux heures qui suivent, il y a encore des vomissements muqueux et des selles sanguinolentes: l'affaiblissement est extrême.
Le lendemain matin, on trouve le chien mort. On constate un peu de congestion de la pie-mère cérébrale. Il y a quelques ecchymoses sous- pleurales. Le cœur est sain. La membrane muqueuse de l'estomac offre une teinte rouge, violacée parplaces. Il en est de même de la membrane muqueuse de l'intestin ; il y a même des ecchymoses dans l'épaisseur de la membrane muqueuse, de la valvule iléo-caecale i i de celle des plis du gros intestin. Matières muqueuses dans l'intestin. Les plaques de Peyer ne sont pas gonflées. Le foie, la rate, les reins, la vessie sont dans l'état normal.
C. Un chien, du poids de 6 kilogrammes, avale, le 4 juin 1885, à 10 heures du matin. 2 centigrammes de colchicine dans du fromage d'Italie. A G heures et demie. ce chien n'avait pas encore vomi. Le 5 juin, dans la matinée, on trouve près de lui des matières muqueuses vomies et des matières de diarrhée. Pendant la journée du '.. l'animal ne vomit plus ; mais il rend, à plusieurs reprises, des selles puqueuses, sanguinolentes ; il est extrêmement abattu et affaibli. Il meurt dans la nuit suivante (nuit du o au 6). On le trouve, le matin, en rigidité cadavérique, les membres en extension.
A l'ouverture du corps, on constate de la congestion des méninges cérébrales. L'estomac est congestionné. L'intestin grêle est le siège d'une congestion beaucoup plus vive, surtout dans sa première partie : il est rempli d'un liquide mucosanguinolent. Congestion vive du gros intestin. On trouve aussi de la congestion du foie et des reins, rate saine. Quelques ecchymoses sous l'endocarde . Poumons : état sain.
il. L'n chien pesant S kilogrammes avale 1 centigramme de colchicine dans du fro- »e d'Italie, à 1 h. 30.11 vomit un mucus spumeux et des débris alimentaires à 3 h. 45. 11 ne parait pas malade pendant le reste de la nuit suivante. Il est manifestement affaibli le lendemain du jour de la mise en expérience. Il a encore de la diarrhée non seulement pendant cette seconde journée, mais encore le surlendemain et les deux jours suivants; cependant il prend et garde un peu de lait chaque jour. Il n'y a pas eu de vomissements à partir du lendemain du jour de l'ingestion de la colchicine. A dater du cinquième jour, le chien recommence à manger du pain et de la viande ; il reprend rapidement des forces et revient à la santé complète.
e. l'n jeune chien pesant 4 kilogrammes a pris, de la même façon que dans les
précédentes expériences. 5 milligrammes de colchicine (cependant la substance était enveloppée dans de la viande cuite au lieu de l'être dans du fromage d'Italie . L'expérience a été faite à 10 h. 30 du malin. A 3 heures, vomissement d'aliments. — 3 li. 15, l'animal pousse des cris plaintifs aigus. — 5b.";. vomissement de matières liquides après des efforts répétés.
Le lendemain matin, on trouve près du chien une grande quantité de matières liquides jaunes i selles diarrhéiques . Il n'y a pas de matières de vomissement. Le chien est un peu abattu. Il revient assez rapidement de cet abattement et peut maniés le soir. Le surlendemain, il est tout à fait guéri.
f. On fait avaler 2 milligrammes et demi de colchicine par un chien du poids (ie ls kilogrammes. Il n'y a eu ni vomissement, ni diarrhée, ni trouble apparent quelconque de la santé pendant le reste de la journée et pendant la nuit. Le lendemain malin il parait bien portant : il a rendu, pendant la nuit, des matières fécales dures. Vers II heures et demie, il rend des matières diarrhéiques: il ne semble pas malade d'ailleurs et ne présente, dans la suite, aucun nouveau trouble morbide.
Ces expériences montrent que Ut colchicine peut tuer des chiens d'assez petite taille à la dose de i centigrammes. La dose d'un centigramme détermine des effets morbides, mais n'est pas sûrement mortelle, puisque le chien qui a pii- cette dose a été malade, mais a survécu et a guéri complètement. La dose ùe o milligrammes peut rendre malade, d'une façon passagère, un jeune chien de petite taille ; la dose de 2 milligrammes et demi ne produit qu'une selle diarrhéique, et longtemps après l'ingestion, chez uu chien adulte d'assez grande taille.
Les symptômes observés dans ces expériences ont été assez uniformes. Des vomissements onl eu lieu dans toutes les expériences, si ce n'est dans la dernière chien ayant avale seulement i milligrammes et demi de colchicine . Us se sont produits assez longtemps après l'ingestion de la colchicine Un des chiens a a commencé à vomir au boul d'une heure et quarante-cinq minutes; les premiers vomissements ont eu lieu chez le second chien b au bout de trois heures : le troisième chien (c) n'avait pas encore vomi au bout de huit heures et demie. Le premier de ces animaux avait avalé 10 centigrammes de colchicine : le second, o centigrammes : le troisième. 1 centigrammes de cette substance. Le quatrième d . qui n'est pas mort et qui avait avalé 1 centigramme de colchicine, a vomi au bout de deux heures et quart. Enfin le cinquième e . qui n'a pris que o milligrammes de colchicine, n'a vomi qu'au bout de quatre heures et demie.
La diarrhée a été constante chez tous les chiens soumis à l'action de la colchicine. Ils ont rendu d'abord des matières fécales liquides: puis les - ont été form ies uniquement de liquide muqueux, plus ou moins abondant, souvent sanguinolent il n'y a eu qu'une selle diarrhéique chez le chien qui n'a pris que 2 milligrammes et demi de colchicine .
Les seuls autres phénomènes symptomaliques constatés chez ces chiens sauf le dernier ont consisté en une perle complète d'appétit, avec soif plus ou moins prononcée, en un affaiblissement rapide, produisant une prostration extrême chez tous ceux qui ont succombé. On a constaté un amai-
770 Tl! A [TE DE CHIMIE TOXICOLOGIQUE
grissemenl très prononcé chez le chien qui ;i survécu quatre jours, a). On n'a pas pu examiner les animaux pendanl les dernières heures de leur vie, el on ignore s'il j a eu des phénomènes spasmodiques dans la période terminale de l'intoxication.
La durée de la survie chez les chiens qui sonl morts n'a pas été en rapport direct avec la dose ingérée. Le chien (a) qui avail avalé 10 centigrammes de
colchicii -i i 'I le cinquième jour après l'ingestion du poison ; le chien (b)
qui avail pris 5 centigrammes de colchicine est mort en moins de vingtquatre heures; le chien c qui avail avalé 2 centigrammes de celte substance esl mori au bout d'une quarantaine d'heures. Cette différence dans la survie s'explique en partie par le temps qui s'est écoulé avant le premier vomissement, temps qui a varié notablemenl chez les divers chiens, comme on vienl de le dire. Les lésions constantes onl été : une congestion plus nu moins vive de la membrane muqueuse de l'estomac el de l'intestin, et l'existence d'une quantité plus ou moins grande de matières diarrhéiques muqueuses dans ces parties du canal digestif; ces matières étaient sanguinolentes dans nu cas. Comme lésions inconstantes, on a trouvé du gonflemenl des plaques de Peyer, de la tuméfaction des ganglions mésentériques, de la congestion des méninges cérébrales, des poumons, du foie, de la rate : el des ecchymoses sous-pleurales el -mis endocardiques.
En somme, ni chez les lapins, ni chez les chiens, la colchicine □ a produil des effets propres à caractériser ce genre d'intoxication. Nombre d'autres substances, et parmi elles celles surtout qui ont sur l'homme une action purgative énergique, drastique, détermineraient, chez ces animaux, les mêmes symptômes el les mêmes lésions. Dans de telles conditions, les expériences faites à l'aide du résidu chloroformique provenant des viscères de M!M U... ne pouvaient évidemmenl pas donner des résultats bien significatifs. Quoi qu'il en soit, nous avons cru devoir l'aire avaler ce résidu par un chien el relater les effets produits chez cet animal par celte substance.
g. Le 16 juin 18S5, après avoir constaté que les cachets apposés sur le vase de verre qui contient le résidu chloroformique dont il s'agit sent intacts, nous ouvrons ce vase et nous trouvons sur son fond une petite quantité d'une substance de consistance de sirop épais, de couleur brun jaunâtre, à demi transparente, exbal.inl une odeur forte et très désagréable (odeur élhérée et cadavérique . ('.clic substance n'a suPi ni putréfaction ni fermentation, il n'y a pas trace de moisissure à sa surface.
Nous mêlons ce résidu à du fromage d'Italie 1res frais, et tout aussitôt, a onz : heures du matin, nous faisons avaler ee mélange en plusieurs fois, coup sur coup, par un jeune chien pesant 6 kilog. L'animal était à jeun depuis la veille. L'animal avale ainsi presque tout le résidu : mais il refuse le dernier bloc de freinage d'Italie avec lequel on vient d'essuyer le fond du vase, lorsqu'il n'y restait plus que des vestiges de résidu. Il avait d'ailleurs déjà éprouvé de la répugnance lors de la dernière
. I ut i lion .
A trois heures, il n'y a pas eu de symptômes gastro-intestinaux, mais le chien a perdu de sa vivacité : il reste accroupi et a l'air triste. A cinq heures et demie, il n'y a rien île [dus.
A .\ \ i: \ i: s 7Ti
Le 17 juin, à huit heures et demie dn malin-, on trouve à côté du chien deux petits
de mucus un peu spumeux, n adus certainement par vomissement. L'un d'eux
contieat un petit morceau de gras couenneux provenant du fromage d'Italie : tout
ste a été gardé, non vomi. L'animal esl triste, abattu et semble malade. On lui
donne à boire, il 1 oit avidement. Au bout d'une demi-heure, il vomit l'eau qu'il a
bue. Toute la journée, il est évidemment malade. Pas de diarrhée.
Le 18, on ne trouve pas. le malin, de matières vomie*. Le chien est encore un peu faible et abattu, mais il est moins malade et il mange un peu sans vomir.
Il se remet rapidement les jouis suivants et, dès le 21, il peut être consid comme entièrement revenu à l'état normal. 11 n'a pas eu de diarrhée une serai depuis le moment où il a avalé le résidu chloroformique.
Cette expérience, la seule que qous ayons pu tenter, puisque dous avons employé, pour la faire, loul le résidu chloroformique provenant dés viscères
de M" ' H.... ne prouve assurément pas que ce résidu n d tenait pas de
cokhicine. Elle nous donne, toutefois, le droit dédire, en nous fondant sur les expériences dont nous avons rapporté précédemment les résultats, que, -i ce n sidu contenait de la colchicine, la quantité «le celle substance qui était renfermée était très minime, inférieure à - milligrammes et demi. On s vu. en effet, que cette dose de - milligrammes et demi a produit une selle diarrhéique chez un chien pesant 18 kilogrammes, tandis que le chien qui a avalé huit le résidu chloroformique n'a pas eu une seule fois la diarrhée, bien qu'il fût de petite taille (6 kilogrammes .
Ce chien qui a avalé tout le résidu chloroformique n'a eu que des vomissements tardifs et peu nombreux. Les vomissements se produisent ehex le chien avec une extrême facilité. Ils peuvent avoir lieu, même sous l'influenced L'ingestion de matières presque inertes. Il n'y a dune rien d'étonnant à ce que ce résidu chloroformique ail provoqué des vomissements chez le chien qui l'a avalé', et cela n'indique pas que ce résidu ait contenu une substarace réellement toxique : en particulier, ils ne peuvent pas être considérés comme un indice de la présence de la colchicine dan- ce résidu.
Conclusions. — l°La physiologie, dans l'état actuel de uns connaissances, ne peut pas nous donner le moyen de reconnaître, au moyen d'expériences faites sur des animaux, un empoisonnement par la colchicine.
2° Si le résidu chloroformique provenant des viscères de M' Et... contenait
de la colchicine, il n'en renfermait qu'une quantité 1res minime, insuffis:
pour produire de la diarrhée chez un chien de petite laille.
En résumé, laissant de côté les réactions fournies par l'iodure de potassium ioduré, par l'iodure double de potassium et de mercure, par le tanin, par la potasse caustique après traitement nitrique, réactions trop générales, que nous avons du reste pu constater aussi bien avec les extraits du cadavre de la femme K .. qu'avec le cadavre qui nous servait de contre épreuve, et qui s'appliquent par conséquent aux alcaloïdes cadavériques comme aux autres, fixant uniquement notre attention sur les deux seuls réactifs qui nous
restent : acide nitrique de densité égale à I . i : sulfovanadate d'ammoniaque, nous pouvons dire :
L'acide nitrique ne nous a pas donné la coloration franchement violette
que développe la colchinine pui I fraîchement dissoute dans le chloroforme,
mais seulement la coloration rose violacé ou rose que nous a donnée une colchicine modifiée et dissoute depuis longtemps dans le chloroforme (voir la note insérée, p. 764). Cette coloration ruse <>u ruse violacé a elé observée par nous sur un exlraii cadavérique ordinaire avec une moindre intensité, il est vrai, mais avec des caractères analogues.
Le sulfovanadate d'ammoniaque nous a donné une coloration verte passant au rouge-brun sale : 1 avec la colchicine; -2 avec les extraits du cadavre de M"" Et..., et ■"> avec les extraits de l'un des cadavres servant de contreépreuve.
L'expérimentation physiologique ne nous a pas donné de résultats plus décisifs, et, comme cela a été rapporté' plus haut, elle ne peut servir à démontrer avec certitude le fait d'un empoisonnement par la colchicine.
Nus conclusions ne peuvent doue être < j n e conformes pour le fond avec celles de la première expertise.
La réserve théorique formulée par MM. Brouardel, Pouchel el Ogier se trouve justifiée par l'une des expériences que nous avons faites pour servir de contre-épreuve: dans cette expérience en ellét. avec des extrait- provenant d'un cadavre qui ne renfermait pas de colchicine, les réactifs ont fourni des colorations, moins intenses il est vrai, mais analogues cependant à celles qui ont été observées sur les extraits du cadavre de M""' R...
Nous conclurons donc ainsi :
Conclusion. — Les résultats de nos expériences n'excluent pas l'hypothèse d'un empoisonnement par la colchicine, mais ils n'apportent à cette hypothèse aucune preuve décisive et qui ne puisse être controversée.
L'inculpé R.... contre lequel s'élevaient des charges très sérieuses1, fut
acquitté.
Les deux rapports ci-après ont trait à l'enquête faite en 1892 sur les causes de la mort du baron de R... qu'on supposait s'être empoisonné : cette hypothèse n'a été aucunement vérifiée par la première expertise. La seconde expertise n'a pas fourni de conclusions plus précises : elle est inté-
ssanle par les essais qui nous ont amené à découvrir l'existence d'une nouvelle classe de poisons cadavériques non alc'aloïdiques.
Je supprime dans le premier rapport divers préliminaires ayant trait à l'identification du cadavre -. el certaines parties de l'autopsie.
' Voir l'acte d'accusation, Ann. iVHygiène et de Médecine légale, t. XV. p. il
! On .lirait communément que le cercueil ne contenait pas le cadavre du baron de R...