‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 21 sur 185 · GAZ DE [/ECLAIRAGE · texte numérisé non relu

GAZ DE [/ECLAIRAGE

bone, L'hydrogène, l'azote, nous étudierons maintenant les principaux hydrocarbures qui fuirent dans la composition du gaz.

Ethylène, C;U'. — - L'éthylène (éthène, gaz oléfiant, hydrogène bicarboné) est un 'gaz incolore, liquéfiable vers zéro à la pression de quarante atmosphères. Sa densité est 0,971, le poids du litre est de 1,254. Il brûle avec une flamme éclairante. IL est absorbable par le brome avec production de bromure d'éthylène, absorbable par l'acide sulfurique bouilli, mais seulement avec le concours d'une agitation énergique et prolongée. Le chlorure cuivreux ammoniacal l'absorbe faiblement. Sa solubilité dans l'eau est très petite (0,2.'ii. L'alcool absolu en dissout trois fois sou volume, à 10°. — Le gaz d'éclairage contient 4 ou S pour 100 d'éthylène.

Ou l'a d'abord considéré comme un gaz simplement irrespirable ; 'lourdes, Devergie, Orfîla ont cru au contraire qu'il possédai) une action toxique propre : opinion qui n'est plus admis.- aujourd'hui. Il est possible que des effets toxiques aient été réellement observés avec un éthylène impur (acide sulfureux? éther?).

Eulenberg, Traube et d'autres considèrent l'éthylène comme inoffensif. Layet a fait respirer à un chien un mélange de 27 litres d'éthylène, 10 d'oxygène et 50 d'air, pendant trente-cinq minutes : ranimai n'a offert aucun indice d'empoisonnement. En remplaçant dans le même mélange l'éthylène par du gaz d'éclairage, on le vit succomber en seize minutes.

Formène, CH'. — Le formène (méthane, gaz des marais, hydrogène protocarboné) est un gaz incolore, inodore, difficilement liquéfiable 55 atmosphères à son point critique — 82°). Sa densité est 0,558, le poids du litre est 0.710. Il est à peu près insoluble dans l'eau; l'alcool absolu ru dissnut environ la moitié de son volume. II brûle avec une flamme assez peu éclairante. Le gaz d'éclairage en contient en moyenne 40 p. 100. Un le rencontre abondamment dans la nature : c'est lui qui se dégage dans les mines de houille, où il porte le nom de grisou; la décomposition lente des débris végétaux dans la vase des marais, met eu liberté du formène [gaz des marais). Dans les régions pétrolifères (Bakou, Pensylvanie) , on observe souvent des dégagements très importants de formène.

La toxicité de ce gaz parait nulle, comme celle de l'éthylène. Ou n'a pas constaté d'accidents attribuables à l'inhalation du grisou dans les mines de houille, où les mineurs en respirent de grandes quantités. Des souris vivent fort bien dans de l'air contenant un cinquième de gaz des marais, et succombent quand on remplace dans le mélange le gaz des marais par le gaz d'éclairage. Regnauld et Yillejean ont publié quelques expériences sur la non-toxicité du formène : l'inhalation prolongée

Ili TRAITE DE CHIMIE TOXICOLOGIQUE

de mélanges contenant de 3,5 à a volumes de eegazpour l d'oxygène n'a poinl déterminé d'effets toxiques, ni anesthésiques.

Propylène, ('. H. — Le propylène a'existe que pour une faible proportion dans le gaz de l'éclairage, el son importance es! minime. C'est un gaz incolore, doué d'une odeur un peu alliacée, difficilement liquéfiable. Sa densité est 1,498; Le poids du litre, 1,937. Il est un peu soluble dans l'eau li volumes dans KMt d'eau a 0° . Il brûle avec une flamme éclairante. Il est facilement absorbable parle brome et par l'acide sulfurique bouilli.

Sa toxicité a été étudiée par- Bruneau A/<n. cThyg. 3 . I. XVI. p. 148 . quia fait vivre des cobayes dans des mélanges en proportions variables de propj lène, d'oxj gène el d'air. Les animaux ont respiré «le façon normale, à condition que la quantité d'oxygène fût suffisante ; pendant et aprèsl'expérience, Le système sensitif et moteur est resté indemne.

Bruneau conclut que le propylène est un gaz simplement irrespirable et que sa toxicité est nulle.

Acétylène, C2H2. — L'acétylène est un gaz incolore, (l'une odeur alliacée, liquéfiableà 48 atmosphères à la température -J- 1°. Sa densité est 0,92, le poids < lu litre 1,165. L'eau en dissout à peu près son volume, l'ai' 1 absolu, 6 volumes environ. 11 brûle avec une flamme très éclairante; il esl absorbé facilement par divers réactifs, par exemple par le chlorure cuivreux ammoniacal qui forme avec lui un précipite rouge d'acétjdène cuivreux; ce caractère esl forl sensible. Le brome l'absorbe assez irrégulièremenl : l'acide sulfurique ordinaire l'absorbe avec lenteur. l"n autre réactif de l'acétylène esl le sulfate de protoxyde de chrome ammoniacal, qui le transforme peu à peu en éthylène Berthelol .

Toxicité de l'acétylène. — L'acétylène n'entre que pour une très faible proportion dans Le gaz de l'éclairage. Cependant l'étude de ses propriétés physiologiques esl intéressante : en effet, l'acétylène pur est devenu maintenant un produit industriel, et on l'emploie directement à l'éclairage : il est donc utile de savoir s'il possède ou non des propriétés toxiques. En ce qui concerne le rôle de l'acétylène dans les asphyxies par le piz d'éclairage, on pouvait d'avance Leconsidérer comme nul; mais la constatation de l'acétylène dans une atmosphère confinée peut avoir cependant de l'intérêt : on -ait que ce gaz est produit en assez grande abondance dan- la combustion incomplète des matières hydrocarbonées, en particulier du gaz de l'éclairage. Sa présence dan- une atmosphère limitée, même s'iln'étail pas toxique par lui-même, serait donc l'indice dune combustion incomplète pouvant donner naissance, simultanément, à d'autres produits plus dangereux, tels que l'oxyde de carbone. C'esl sous

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