A.CTION DE I. 'ACIDE CYANHYDRIQUE ET DU CYANURE SUR I.E SANG. NOUS
avons laissé de côté jusqu'ici l'étude de l'action de l'acide cyanhydrique sur le sang : au point de vue pratique, l'examen spectroscopique du sang' dans la recherche désintoxications cyanhydriques semble peu important, et |icu propre à conduire à des résultats précis. Voici cependant quelques indications sur ce sujet.
L'hémoglobine forme avec l'acide cyanhydrique une combinaison directe qu'on a pu isoler, sous forme de petits cristaux : elle se comporte comme l'oxyhémoglobine et sou spectre esl le même ; elle est aussi modifiée par les agents réducteurs tels que le sulfhydrate, el fournil alors le spectre à bande unique de l'hémoglobine réduite. II semble cependant que cette combinaison esi plus stable que l'oxyhémoglobine ; les solutions de cyanhémoglobine se conservenl plus longtemps avec leur.-, propriétés optiques. On dit que si. au lieu d'opérer aux températures ordinaires, on chauffe vers in le sang' défibriné et additionné d'acide cyanhydrique, le spectre es! différeni : on obtient une bande pareille à celle de l'hémoglobine réduite.
Causes d'erreur. — L'acide cyanhydrique trouer dans les viscères peut-il provenir d'une cause autre gu\in empoisonnement? — 11 est certain qu'on pourrait retirer de l'acide cyanhvdrique en très petites doses du contenu stomacal ou intestinal d'un individu qui aurait absorbé axant sa morl des quantités importantes de liquides cyanhydriques, tels (pu • le kirsch. certaines eaux de noyaux, etc.. ou bien des amandes amères, alors même que l'ingestion de ces substances n'aurait pas été la cause de la mort. Toutefois les quantités qu'on retrouverait dans ces conditions sont si minimes qu'une erreur due à de pareilles causes semble bien in\ raisemblable.
Un s'est demandé, d'autre part, si les phénomènes de la putréfaction ne pouvaient pas déterminer, dans des viscères normaux, la formation décomposés cyanhydriques. Orfila affirme que cela est possible : « L'acide cyanhydrique se développe quelquefois chez l'homme sain ou malade; je dirai que dans certaines circonstances la sueur d'indix idus bien portants, surtout celle des aisselles et des parties génitales, exhale l'odeur de l'acide cyanhydrique. Brugnatelli a analysé de l'urine d'irydropiques dans laquelle cet acide existait. Ne savons-nous pas que Tiedemann et Gmelin onl retiré du sulfocyanure de potassium île la salive de deux individus, dont l'un ne fumait pas. » Oriila parait admettre aussi qu'il peut se former de l'acide
cyanhydrique, ou du moins îles corps ayanl les caractères de L'acide cyanhydrique, pendant la putréfaction des matières animales. Je crois que cette opinion o'esl aujourd'hui partagée par personne; Taylor en particulier a déi itré l'inanité de cette hypothèse. La formation possible d'acide
cyanhydrique pendant les opérations nécessaires à l'extraction du poison, n'esl pas une objection beaucoup plus sérieuse. — Il faut cependant dire quelques mots ;'i propos de la présence de composés sulfocyaniques de la salive, dont l'estomac contient toujours une certaine quantité, et dont La décomposition pourrait amener la mise en liberté d'acide cyanhydrique. La snli\ c traitée directement par le perchlorure de fer donne nettement La réaction rouge de L'acide sulfocyanhydrique. D'autre part, si L'on distille une solution de sulfoeyanure de potassium en présence d'un excès d'acide sulfurique, le liquide distillé répand une faible odeur d'acide cj anhydrique (et aussi d'hvdrogène sulfuré) , et il se colore immédiatement en rouge intense par le perchlorure de fer, sans qu'il soit besoin de faire intervenir le suifhydrate d'ammoniaque; il y a donc de l'acide sulfocyanhydrique entraîné à la distillation. Mais ee déplacement n'a pas lieu si l'on distille en présence de l'acide tartrique au lieu d'acide sulfurique : de même, la salive distillée en présence de l'acide tartrique ne fournit pas d'acide sulfocyanhydrique dans la distillation. En résumé, il est important d'aciduler les matières avec clr l'acide tartrique et non avec de l'acide sulfurique; on évitera ainsi toute cause d'erreur attribuable à la présence de la salive dans les viscères examinés.