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CHAPITRE IV

Lf> empoisonnements par le chloroforme sont presque toujours accidentels; ils se produisent soit par suite d'imprudences commises dans l'administration du chloroforme comme anesthésique dan- des opérations chirurgicales, suit par suite de prédispositions particulières des individus -munis à l'anesthésie. Bien que ces accidents se présentent assez fréquemment, il- sont infiniment rare- par rapport au nombre total des anesthésies qui sont pratiquées. D'après les statistiques anglaises et américaines, dressées par Morgan, il y aurait 1 mort pour 23.200 anesthésies chloroformiques. Ou a cité des chiffres un peu plus forts 1 sur lu. non par exemple .

De- cas de mort ont été constatés chez des personnes qui recherchaient dan- l'inhalation des vapeurs de chloroforme une sensation d'engourdissement agréable ou une atténuation à certaines souffrances physiques.

Le chloroforme liquidea été souvent emplo\ré comme moyen de suicide. Dan- les empoisonnements de ce genre, la dose de chloroforme absorbée est le plus souvent considérable, et il n'y a pas de difficulté à le retrouver en nature dans l'estomac, ou à l'isoler par distillation.

D'ailleurs, l'expert chimiste n'a que rarement à intervenir dans la recherche des empoisonnements chloroformiques. Dans les cas où la mort e-t le résultat d'un accident pendant l'anesthésie, l'expertise peut, il est vrai, démontrer la présence du chloroforme dans le cadavre, mais elle n'indique pas quelle proportion de chloroforme a été administrée, ni surtout quelles imprudence- ou négligences ont pu être commises pendant l'anesthésie, ce qui serait le seul point important à connaître.

Dose toxioie. — La dose toxique est mal définie. Un cite un cas où l'ingestion de 4 grammes de chloroforme a causé la mort d'un enfant de quatre ans Taylor . On a vu, d'autre part, de- adultes ne pas succomber à la suite de l'ingestion de tin grammes, et plus. Ces différences dépendent de la rapidité' de l'élimination du poison parle- vomissements.

Quanta la dose toxique pour le chloroforme introduit en vapeur dans les voies respiratoires, nous savons, d'après les expériences de Perrin, Lallemand et Durov, que des chiens peuvent séjourner dans des atmosphères renfermant i p. 100 de vapeurs chloroformiques, mais que cette dos ne peut pas être beaucoup dépassée. Ces résultats ont été confirmés par Snow. Gréhanl et Quinquaud Comptes rendus, t. XCVIl . dans des expériences sur des animaux, ont trouvé que la dose anesthésique serait de I gramme de chloroforme pour 2 litres de sang, soit environ I 20110 ; el divers essais leur ont montré que la dose mortelle n'est pas fort supérieure ;'i la dose anesthésique : observation qui indique la nécessité d'une surveillance attentive dans l'administration chirurgicale du chloroforme.

Le nombre des accidents dans l'anesthésie chloroformique a beaucoup diminué à mesure que les propriétés du chloroforme ont été mieux connues; mi a insisté aussi sur la nécessité de ne l'employer que dans un état de pureté parfaite. Enfin, diverses méthodes ont été proposées pour atténuer les dangers de l'anesthésie; tel est, par exemple, le système de Dastre el Morat, qui consiste à injecter au préalable un mélange d'atropine el de morphine.

Il est à peine nécessaire de faire remarquer que la quantité de chloroforme absorbée par le malade, pendanl une anesthésie, ne saurait aucunement être appréciée par la mesure du chloroforme versé sur la compn — .

Symptômes et lésions. — Les effets de l'inhalation des vapeurs de chloroforme peuvent se diviser en plusieurs périodes : 1° période d'excitation constante due ■[ l'action directe îles vapeurs chloroformiques

surira voies respiratoires; 2 période d'insensibilité avec ralentissement de la circulation, dilatation de la pupille, disparition de la sensibilité; 3° période marquée par des phénomènes analogues aux précédents, mais plus intenses.

La mort survient bientôt si l'inhalation continue trop longtemps sansj interruption : 1 : » faceesl pâle, les mouvements respiratoires el le- pulsations cardiaques deviennent de plu- eu plus rares, et finissent par disparaître tout à lait, quelquefois tout d'un coup. D'ordinaire, l'arrêt de la respiration précède l'arrêt de- mouvements du cœur.

Des quantités considérables de chloroforme peuvent être inhalées sans accident, moyennant certaine- précautions; on sait, en effet, que l'anesthésie est souvent entretenue pendant plusieurs heures, au <-<uu- de diverses opérations chirurgicales importantes.

La mort arrive quelquefois dés le début de l'anesthésie. Rottenstein1,

' Traité d'anesthésie chirurgicale. V • 1880

sur une statistique de loi casmortels, indique que quarante-trois fois la mort est survenue avantl'anesthésie complète, et quarante-sept lois pendant l'anesthésie complète. On a dit que, dans les cas de mort au début de l'anesthésie, le cœur s'arrête avant la respiration, et que le contraire a lieu dans la mort pendant l'anesthésie complète.

Lorsque le malade revient à la vie, <>n observe très souvent des vomissements.

Les effets produits par l'ingestion du chloroforme liquide son! notablement différents. Tout d'abord, le chloroforme esl un agent irritant et corrosif; déposé à la surface de la peau, il produit une sensation de brûlure et détermine l'apparition de vésicules : aussi son action sur la muqueuse stomacale est-elle très vive ; les patients (''promeut de fortes douleurs à l'épigastre et il survient souvent des vomissements qui éliminent presque tout le poison, ce qui explique les cas de guérison observés à la suite de l'ingestion de très fortes doses de chloroforme liquide. — L'absorption lente du chloroforme dans le tube digestif produit ensuite des effets d'insensibilisation, comme- dans l'inhalation des vapeurs, mais moins vite. Le pouls diminue et la circulation se ralentit; le malade meurt dans le coma. — Dans les cas de guérison, l'élimination se fait en grande partie par les poumons. On trouve dans l'urine une matière qui réduit la liqueur de Fehling.

Nicloux et Desgrez Comptes rendus, t. CXXY, p. 973) ont indiqué que le chloroforme se transforme partiellement dans l'économie en donnant île l'oxyde de carbone : cette opinion a été discutée (v. p. 89), el les résultats observés sont peut-être attribuables à l'oxyde de carbone normal dans le sang.

Al'autopsie, on observe l'odeur du chloroforme dans divers organes el dans le sang si l'autopsie n'est pas faite trop tard). Les poumons sonl hypérémiés. Dans les empoisonnements par voie stomacale, la muqueuse de l'estomac est plus ou moins injectée.

Comment le chloroforme se dissémine-t-il dans les organes? Ludger, Lallemand, Perrin et Duroy ont fait à ce sujet divers essais d'après lesquels, en représentant par 1 la quantité de chloroforme contenue dans le sang des animaux tués par inhalation, on trouverait dans d'autres parties de l'organisme les quantités suivantes :

Sang 1

Cerveau 3,02

Fuie 2,08

Tissus musculaires 0.10

Dans une recherche de chloroforme, il faut donc s'attacher particulièrement à l'examen du cerveau et du foie, mais on en trouvera aussi dans

d'autres organes. — Rappelons que le chloroforme est très volatil, que par suite il est important de procéder promptemënt à l'analyse chimique, el de prendre quelques précautions pendant et après l'autopsie, dans les opérations de division des viscères, etc., en un moi d'éviter autant que possible les pertes par évaporation.

Propriétés. — Le chloroforme CHC13 est un liquide incolore, très mobile, très réfringent, doué d'une odeur caractéristique, agréable lorsqu'il est très pur. S;i saveur est brûlante et un peu sucrée. Il cristallise à — 70" .■I bout à + 60°, 8. Sa densité est égale à 1,496 à + 12°. Sa tension de vapeur est considérable ; un litre d'air saturé de vapeur de chloroforme <'ii contient environ I gramme, à -)- 20", 2 grammes, vers -j- 30°. Il est fort peu soluble dans l'eau h 'in in m 1 p. 100). 11 se dissout dans l'alcool et dans l'éther. Il brûle difficilement avec une flamme bordée de vert, en produisant de l'acide ehlorhydrique. Pour le faire brûler plus facilement, on peut le mélanger avec un peu d'alcool.

11 est neutre au papier de tournesol.

Abandonné à L'air humide el à la lumière, le chloroforme subit parfois des altérations assez profondes : il s'y forme de l'oxyehlorure <1<- carbone ou gaz phosgène COQ*, gaz absolument irrespirable : le chloroforme ainsi altéré ne peut pus être employé pour les usages anesthésiques. Pour faciliter la conservation du chloroforme pur, Regnaultet Villejean conseillent de l'additionner d'un peu d'alcool pur ou de toluène. — Le chloroforme

altéré se n nnaît faeilemenl ;'i son odeur asphyxiante ; il précipite par le

nitrate d'argent, répand des fumées blanches quand on approche du flacon une baguette trempée dans l'ammoniaque. Le produit pur ne doil présenter aucun de ces caractères ; il ne doit pas se troubler quand on le refroidit, ni quand on l'agite avec de l'eau ; il ne doit pas se colorer en présence de l'acide sulfurique concentré, même après quelque temps (ce qui prouve l'absence d'alcools supérieurs et d'hydrocarbures ; la potasse caustique à chaud ne le colore point ; m présence de l'acide chromique cristallisé, il ne verdit pas; enfin l'addition d'une trace de fuchsine solide ne lui communique aucune coloration (absence d'ali I).

La décomposition du chloroforme par la chaleur se fait de différentes manières. Lorsqu'on dirige ses vapeurs à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge, elles sont décomposées en acide ehlorhydrique, chlore et carbone, avec formation d'un peu de benzine perchlorée.

En présence de la vapeur d'eau, il se forme surtoul du gaz ehlorhydrique.

Si l'on fait passer un mélange de vapeurs de chloroforme, de vapeurs d'eau et d'air, sur de la chaux portée au rouge, on réalise une décomposition

totale, i't le chlore est fixé sous forme de chlorure de calcium. Ces réactions sont appliquées dans la recherche des faibles quantités de chloroforme.

Dirigé sur du cuivre chauffé au rouge, le chloroforme produil de l'acét\ lène Berthelot).

En présence d'une solution alcoolique de potasse, il se dédouble en formiate et chlorure de potassium, avec une réaction très \ ive.

Recherche du chloroforme dans les viscères. — Dans un empoisonnement par ingestion de chloroforme, on trouvera souvenl le liquide en nature dans l'estomac : on pourra borner 1rs recherches au tube digestif et à son contenu. Le chloroforme est isole'' sans difficulté par distillation des matières en présence de l'eau. L'appareil sera de forme quelconque ; le dispositif qui dans la marche générale nous a servi pour rechercher le phosphore el l'acide cyanhydrique, peut être utilisé.

Si l'on tient à recueillir tout le chloroforme par distillation, il faut chauffer pendant assez longtemps et il est lion de faire barboter dans le liquide un courant d'air ou de vapeur, d'eau pour faciliter l'entraînement dos vapeurs chloroformiques. On peut encore distiller sous pression réduite. — On décante le liquide insoluble rassemblé au tond du distillatum, et, s'il est en quantité suffisante, on le caractérise par son odeur, son point d'ébullition, etc.

Dans le cas où la dose de chloroforme est assez faible pour que tout reste en solution, on arrivera à isoler le chloroforme liquide en recommençant la distillation sur le produit recueilli et en Opérant avec dos appareils à fractionnement, tels que les tubes de Lebel et Henninger. Plusieurs des réactions du chloroforme se produisent avec la solution aqueuse, bien que eelte solution n'en renferme que des traces; eu sorte qu'il n'est pas toujours absolument nécessaire de l'isoler à l'état de pureté.

Réactions. — Nous axons indiqué déjà plusieurs des propriétés qui servent à caractériser le chloroforme : on vérifie, par exemple, que mélangé avec un peu d'alcool, il brûle avec une flamme bordée de vert et produit de l'acide chlorbvdri(|iie. Faire brider dans un petit verre eu présence d un peu de nitrate d'argent qui donne un précipité de chlorure.) '

On peut utiliser encore la décomposition «lu chloroforme par la potasse alcoolique : celle-ci doit être très concentrée; peu de temps après l'addition de potasse, le mélange s'échauffe beaucoup, et il se fait une réaction vive avec ébullition. Dans le résidu traité par l'eau, on constate la formation de chlorure de potassium et «le formiate réduction du nitrate d'argent .

Voici d'autres [•('■actions applicables à la recherche de faibles quantités de chloroforme.

Si 1 on chauffe une trace de chloroforme avec une solution alcoolique de soude et un peu d'aniline, il se dégage une odeur très furie et caractéristique de phénylearbylaroine.

Lorsqu'on chauffe le chloroforme à -J- 50' avec un peu de [3 naphtol el une solution concentrée de potasse, on obtient une belle coloration bleue (Lutsgarten .

La solution aqueuse du chloroforme réduit la liqueur de Fehling, à chaud.

Procédés indirects, applicables a la recherche de traces i>k chloroforme. — Pour rechercher îles traces de chloroforme dans les viscères par exemple chez les individus morts pendant l'anesthésie) , on ;i recours à des procédés un peu plus compliqués, qui ne permettent plus de l'isoler en nature, mois qui sont cependant, moyennant certaines précautions, très suffisamment précis.

()n utilise suit la décomposition par la chaleur seule, soil par la chaleur en présence de la chaux. Nous avons vu que, si l'on fait passer du chloroforme dans un tube chauffé au rouge, il est décomposé en chlore, carbone et gaz chlorhydrique, et qu'en présence delà vapeur d'eau, il fournit surtout du gaz chlorhydrique. — Cette réaction a été utilisée par Lallemand, Perrin et Duroy, pour la recherche du chloroforme dans un appareil disposé comme il suit :

l'n ballon chauffé au bain-marie vers -f- Ut" à 50°, contient les matières suspectes réduites en bouillie et additionnées d'eau, si c'est nécessaire : dans ce ballon on fait arriver un courant d'air provenant d'une soufflerie ou in\ ersement on aspire l'air à l'autre extrémité de l'appareil, à l'aide d'une trompe à eau . — Le courant d'air traverse avant de pénétrer dans le ballon un flacon laveur dans lequel on a introduit une solution acide de nitrate d'argent destinée à arrêter les petites quantités de vapeurs chlorhydriques qui pourraient exister dans le courant d'air puisé dans le laboratoire : il est préférable, d'ailleurs, d'insuffler de l'air exempt de vapeurs chlorhvdriques el de ne considérer le flacon à nitrate d'argent que comme témoin de la pureté de cet air. Les vapeurs de chloroforme, mélangées d'air et de vapeurs d'eau, sont, au sortir du ballon, conduites à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge sombre, sur une grille à analyser ou dans un fourneau à réverbère ; le mélange gazeux sortant du tube de porcelaine esl dirigé à travers un flacon laveur, ou un tube à boules, ou un tube de Winkler, contenant du nitrate d'argent, qui absorbe les vapeurs chlorhydriques et les transforme en chlorure d'argent.

Si, en dix minutes, il ne se produit aucun trouble, l'expérience peut (''Ire considérée comme négative, et l'absence de chloroforme est démontrée;

-1 i. on continue ;'i faire passer le courant d'air tant que le précipité de

chlorure d'argent parait augmenter. Il reste à vérifier que le précipité est

bien du chlorure d'argent : :onstate s'il est insoluble dans l'acide

nitrique, soluble dans l'ammoniaque, dans l'hyposulfite de soude, le cyanure de potassium, s'il s'altère à lalumière, etc.

Auparavant on peut peser ce précipité recueilli sur un filtre, lavé et séché;ce qui fournit un moyen de dosage simple et précis.

Le mode opératoire indiqué par Schmiedeberg nous paraît plus compliqué et sans avantages sur le précédent : il est basé sur la décomposition du chloroforme par la chaux à une température élevée. Il faut d'abord se procurer de la chaux pure, ou du moins exempte de chlorures: on l'obtient en calcinant du carbonate de chaux pur. ou de l'azotate. Cette chaux, réduite en petits fragments, est introduite dans un tube en verre dur, long de 2a centimètres environ : on ne remplit que la partie médiane de ce tube : à l'une des extrémités est ajuste un bouchon où pénètre un tube en argent qui s'enfonce dans l'intérieur du tube de verre et vient toucher les fragments de chaux. — Les matières à examiner sont placées dans un ballon où l'on fait passer un courant d'air : les vapeurs de chloroforme entraînées traversent le tube à chaux, qui est porté au rouge sombre sur une grille à analyse. — Avec certains liquides organiques, surtout le sang, il faut prévoir la mousse abondante que produit le barbotage de l'air, et employer en conséquence des ballons d'assez grande capacité. Il est bonde placer entre le ballon contenant les matières et le tube à chaux un récipient ou ballon vide, destiné à recevoir la mousse qui pourrait sortir du premier ballon, et aussi à condenser nue partie des vapeurs d'eau entraînées ; il convient cependant, pour éviter la condensation simultanée des vapeurs de chloroforme, de maintenir ce récipient à une température voisine de 60°. — L'opération terminée, on dissout la chaux dans l'acide azotique, et on précipite le chlorure formé, au moyen de nitrate d'argent. Le chlorure d'argent précipité est recueilli sur un filtre pesé et caractérisé comme il a été dit plus haut.

Causes d'erreur. — La formation du précipité de chlorure d'argent, dans le premier comme dans le second de ces procédés, est un indice très probable de la présence du chloroforme dans les matières eu expérience; mais ce n'en est pas une preuve certaine. L'expérience comporte en effet quelques causes d'erreur, d'ailleurs peu graves. — Si les viscères, hypothèse peu vraisemblable, contenaient du chlore ou de l'acide chlorhydrique libres, le précipité se produirait de la même façon : au cas où il y aurait sur ce point quelques doutes, on pourrait faire une seconde expérience, en Opérant comme il a été dit plus haut, niais sans chantier le tube de porcelaine : si les tubes à nitrate d'argent ne se troublent pas. c'est qu'il n'y a pas de chlore ou d'acide chlorhydrique libres; on peut aussi faire

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cette première constatation au début de l'expérience même au risque de perdre un peu de chloroforme . — Enfin, la neutralisation des matières par un très léger excès de potasse permettrai! d'éviter relie cause d'erreur.

I ne autre difficulté a trait à la présence possible du chloral dans les viscères, dans les cas où l'on supposerait qu'une préparation de chloral a été

absorbée i une médicament : on sait en effel que le chloral se transforme

facilement en chloroforme, el par exemple sous L'influence des alcalis. Si. dans le bul d'éviter le passage, avec les vapeurs aqueuses el chloroforniiques, de traces d'acide chlorhydrique, on a ajouté au liquide suspect

un petit excès d un alcali tel que la s le ou la potasse, <>n décomposera

le chloral qui fournira du chloroforme : la décomposition sera d'ailleurs lente et incomplète si la dose d'alcali est minime. On devrai) donc, pour distinguer le chloroforme préexistant du chloroforme produit par la décomposition du chloral, soumettre à la distillation les liqueurs acide-, d'abord; s il y a précipité de chlorure d'argent, on pourra conserver un certain doute sur la provenance de ce précipité. S'il n'y a pas de précipité après la distillation en liqueur acide, et s'il y a un précipité après la distillation du mélange rendu alcalin, le chlorure d'argent formé serait attribuable au chloral. — Enfin il y a à craindre que des traces de chloral ne soient, dans

les premières parties de l'expérience, entraînées avec l< uranf d'air, et

ne se détruisent dans le tube chauffé, comme le ferait le chloroforme, en donnant du chlorure d'argent.

On s'est demandé si du chloroforme ne pourrait pas exister dans le sanoà la suite de l'ingestion du chloral, par décomposition de ce corps dans l'organisme. D'après Hammarsten, il n'en est pas ainsi voir p. 204 .

Je ne sais pas si jamais ces questions ont été l'objet d'uni' discussion

quelc pie à propos d'une expertise médico-légale. Il était cependant bon de

les signaler : les c lu-ions à tirer de cet exposé de- petites difficultés ou

cause- d'erreur que pourrait présenter la recherche du chloroforme, c'est (jue l'expert doit tâcher de savoir .-i le malade n'a pas ingéré du chloral: il sera presque toujours facile d'être fixé sur ce point.

Dosage. — Nousavons déjà parlé du dosage du chloroforme à l'état de chlorure d'argenl dan- I.- procédé de décomposition de- vapeurs chloroformiques par la chaleur. Une molécule de chloroforme correspond à trois molécules de chlorure d'argent. Une partie de chlorure d'argent équivaut à 02r.2T7 île chloroforme.

Grehant et Quinquaud Comptes rendus, t. \( \\\. p. 753 dosent le chloroforme dan- le sang des animaux intoxiqués, par distillation dan- le \ ide, à une température d'environ — 10°. On recueille ainsi les gaz dissous qui ren-

ferment une grande proportion de chloroforme en vapeur : on agite ces gaz avec l'eau -, et onréunit cetteeau de lavage au liquide distillé. On emploie pour le dosage du chloroforme dissous la liqueur cupropotassique, en comparant la réduction produite sur un même volume de cette liqueur cupropotassique, par une quantité connue d'une solution titrée de chloroforme.

AlTTRES SUBSTANCES ORGANIQUES CHLORÉES VOISINES DU CHLOROFORME.

Beaucoup d'autres substances chlorées volatiles, entraînées à l'état de vapeur dans un tubechamTé au rouge, donneraient de l'acide chlorhydrique, • t par suite du chlorure d'argent dans le flacon laveur à nitrate, et pourraient être confondues avec le chloroforme, si l'on se bornait à cette seule réaction. — Bien <jue ces corps soient fort peu importants en toxicologie pratique, je signalerai rapidement les propriétés de quelques-uns d'entre eux, surtout parmi ceux qui' ont été étudiés au point de vue de leur- propriétés anesthésiques.

Le chlorure de méthyle, CH3Q, employé dans l'industrie et en médecine, pour la production du froid, bout à -j- 28° sous la pression normale; l'eau en dissout, à l'état gazeux, trois fois son volume; l'acide acétique cristallisable, quarante fois son volume. H Brûle avec flamme bordée de vert; sa décomposition par la chaleur produit de l'acide chlorhydrique et de l'éthylène.

Le chlorure de méthyle chloré, ou fortnène dichloré, CH20\ jouit de propriétés anesthésiques très marquées. 11 bout vers — 40°; il est peu soluble dans l'eau.

Le chlorure (Té thylène (liqueur des Hollandais), OILCl-. est un liquide huileux, d'une odeur éthérée assez agréable, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther, il bout à — 82 ,5; sa densité est 1,256. Se- produits de décomposition au rougi isistent principalement en charbon,

chlorure de carbone, aride chlorhydrique, naphtaline. Comme le chloroforme, il brûle avec- une flamme verte, fuligineuse, en émettant de l'acide chlorhydrique.

Le chlorure cCéthylidène, OHvCP, est un liquide incolore bouillant à — 7§ ..">. insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther. lia été essayé comme anesthésique.

Le chlorure d'èlhijle. CJH5C1J, employé comme agent producteur de froid, est un liquide bouillant à — 12"; brûlant avec flamme bordée de vert: peu soluble dans l'eau, très soluble dan- l'alcool, dédoublable au rouge, en éthylène et acide chlorhydrique.

Voici quelques réactions qui pourraient servir à distinguer ces divers corps du chloroforme.

Le chlorure d'éthylène est décomposé à L'ébullition par la potasse alcoolique, el dégage de l'éthylène [tandis que le chloroforme donne du formi;i i < ■ < t chlorurede potassium . Le chlorure d'éthylène ne produit pas la réaction de l'isonitrile.

Le chlorure d'éthylidène esl difficilement attaqué par la potasse alcoolique; il iif donne pas la réaction de l'isonitrile.

Le chlorure d'éthyle est attaqué parla potasse alcooliqueel fournit de l'éther.

cm. Il RAI.

Le chloral anhydre, C'HCl'O, a peu d'applications en médecine. I. ■hydrate de chloral. souvent désigné sous le nom impropre de chloral, n'intéresse qu'indirectement le toxicologiste ; c'est en effet un corps assez peu toxique, que l'on peut administrer, en thérapeutique, à la dose de 1 à S grammes.

Nous avons indiqué, en parlant du chloroforme, comment on pouvait être amené à rechercher en même temps les deux substances et nous avons mentionné les petites difficultés que présente cette recherche (p. 202 .

L'hydrate de chloral est un agent soporifique très employé ; accessoirement, il exerce une action anesthésique faible. D'après Richet, la dose de chloral nécessaire pour produire l'anesthésie chez un chien est de ll"r,5lt par kilogramme, en injection intra-veineuse. En solution concentrée, le chloral a des propriétés irritantes assez marquées, l'intoxication par le chloral est accompagnée d'un refroidissement très intense.

Liebreich pensait que le chloralagit par transformation dans l'économie en chloroforme et acide formique; cette opinion ne reposait que sur des expériences physiologiques [Comptes rendus, t. LX1X. p. i8(i . Hammarsten a montré au contraire que le chloral agit par lui-même ; qu'après l'ingestion de ce corps on ne trouve pas de chloroforme dans le sang ; que l'air expiré par les animaux chloralisés ne renferme pas de vapeurs chloroformiques; qu'enfin le chloral est éliminé par les reins: si l'urine est alcaline, on peut toutefois y trouver des traces de chloroforme. Uy existe en même temps de l'acide chloralurique, qui réduit la liqueur de Fehling el qui se différencie aisément du glucose par son pouvoir rotatoire à gauche.

Propriétés. — L'hydrate de chloral, CHCl'O. HaO, est un corps solide blanc doué d'une odeur spéciale très pénétrante, cristallisé en prismes. fusible à -\- 57°, bouillant à -f- 98°, avec décomposition en vapeur d'eau et chloral anhydre. 11 esl hygroscopique el très soluble dans l'eau.

Traité par les alcalis, il se dédouble en chloroforme et formiate; avec la solution alcoolique de soude et l'aniline, il donne, comme le chloroforme, du cyanure de phényle p. 2wi : il fournil aussi la coloration bleue de

Lutsgarten, lorsqu'un le chauffe avec de la soude et du naphtol (v. p. 200).

Recherche du chloral. — Pour rechercher le ehloral dans le sang, dans le contenu de l'estomac, etc., on peut utiliser sa transformation en chloroforme sous l'influence des alcalis : on procède à la distillation en présence de l'eau, d'abord en ajoutant un léger excès d'acide, ce qui permet de vérifier l'absence de chloroforme; ensuite on recommence la distillation après avoir alcalinisé le mélange. Le chloral est en partie entraîné avec la va peur d'eau, mais surtout transformé en chloroforme. Les solutions aqueuses cèdent leur chloral par agitation avec de l'éther ou du pétrole léger. On caractérise le chloroforme connue nous l'avons «lit (p. 199) ; quant au chloral on le reconnaît par l'une des réactions mentionnées ci-dessus solution alcoolique de soude et aniline, — soude et naphtol, — etc.

Iodoforme. — L'iodoforme, médicament antiseptique très employé, est un corps jaune facilement cristallisable en tables hexagonales, d'une odeur forte très caractéristique. Il est insoluble dans l'eau ; il se dissout dans l'alcool, surtout à chaud \\ p. dans \'2 d'alcool à 90° bouillant), très soluble dans l'éther; il tond à -+- 120", et se volatilise avec décomposition partielle. Il présente des réactions analogues à celles du chloroforme : par exemple la potasse alcoolique le transforme en formiate de potasse.

Si l'on avait à rechercher l'iodoforme dans des viscères, on l'isolerait par la distillation ; il est en effet entraîné, au moins eu partie, avec la vapeur d'eau, Dans le liquide recueilli, on constatera d'abord l'odeur spéciale de l'iodoforme; par agitation avec de l'éther, le liquide aqueux cédera l'iodoforme, que l'on peut faire cristalliser et reconnaître sans difficulté au microscope. — On utilisera aussi la réaction de la potasse alcoolique en vérifiant la production de formiate, au moyen du nitrate d'argent. En chauffant dans un petit tube à essai de l'iodoforme avec une trace de phénate île soude (ou encore avec la combinaison de la soude avec la résorcine) , en présence d'un peu d'alcool, il se produit un dépôt rougeâtre qui, dissous dans une plus grande quantité d'alcool étendu, donne une solution d'un beau rouge acide rosolique). D'après Lutsgarten [Zeit.sch. f. anal. Chem., t. XXII, p. lM, \>. 407 . celte réaction est fort sensible; on peut la produire avec 0,01)112 ou 0,0003 d'iodoforme.

On ne négligera pas de constater enfin la présence de l'iode, ce qui se fera sans difficulté' en chauffant avec de la potasse, et cherchant l'iode par les procédés ordinaires dans le résidu.

L'ingestion de petites doses d'iodoforme détermine l'apparition d'iodures alcalins dans l'urine. D'après Harnack et Grundler, l'iodoforme est ainsi éliminé par l'urine sous forme de combinaisons organiques iodées.

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