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CHAPITRE Y

ALI OOL ORDINAIRE. LIQUIDES ALCOOLIQUES DIVERS ALCOOL i: I II 1 LIQI i:

L'empoisonnement par l'alcool el les liquides alcooliques intéresse beaucoup |iln- l'hygiéniste que le médecin légiste ou le chimiste-expert. Nous devons cependant en dire quelques mots ici, carde nombreuses questions se rattachan! ;'i l'étude de l'intoxication alcoolique peuvent être L'objet d'expertises diverses.

11 n \ ii guère, à proprement parler, d'empoisonnements criminels par l'alcool; mi observe j >; > i -t< »i - des suicides par absorption de quantités excessives de boissons al liques ; on signale Irop souvent des ci- de morts

subites par ingestion de grands volumes d'alcool A la suite de paris, etc. Le chimiste-expert est quelquefois appelé ■> dtl ?rminer si L'estomac d'un indi-

\iiln renfen le fortes quantités d'alcool, el si l'on peut supposer qu'il

était, :i n n mi m -ni de sa mort, en étal <l 'i\ resse.

Parmi les alcools, nous étudierons spécialement, el en commençant, l'alcool ordinaire ou alcool éthylique, qui n'esl pas le premier terme de La série nombreuse des alcools, mais qui en esl le plus important. A côté de lui se rangent l'alcool méthylique, son homologue inférieur, et les alcools butvlique, propylique, amylique, intéressants surtout parce qu'ils peuvent figurer en proportions variables dans la composition de certains alcools commerciaux. Mutin, chemin faisant, nous dirons quelques mots des impuretés de nature non al< lique, qui se rencontrenl le plus fréquemment dans les ali Ls de consommation.

A I. ru ci I. ÉTBYI I Q l l

L'alcool éthylique, C2H'0, esl Le produit principal du dédoublement du sucre -ci- L'influence de certains ferments el en particulier de La le\ ure de

bière. L'ai Lel l'acide cari ique, qui esl le produit complémentaire du

dédoublement du glucose par la fermentation selon la réaction

l il -ci" = 2C*H«0 + 2COs

\l. i. ORDINAIRE, LIQUIDES IL LIQUES DIVERS 20*1

in sonl d'ailleurs pas les seuls produits de celte transformation, qui donne en effel naissance à de petites quantités de glycérine, d'acide succinique, d'alcools supérieurs, <■!<•.

Proprié ik>. — L'alcool étbylique esl isolé des jus fermentes, tels que le vin par exemple, par distillation. Amené à l'état de pureté par des artifices de distillation que nous ne pouvons décrire ici, il porte, s'il esl tout à l'ail privé d'eau, le nom d'alcool absolu : il constitue alors un liquide incolore,

1res fluide, d'ui leur spéciale, agréable rarement exempte d'odeurs

étrangères dues à quelques traces d<' produits accessoires et trahissant le mode de production de cel air, ml ; sa saveur esl brûlante. A -j- 150°, sa densité esl 0,7943; 0,8026 à 0°. Cette densité augmente rapidement lorsque l'alcool renferme des quantités croissantes d'eau : ainsi l'alcool «lil à 9o . c'est-à-dire contenant 95 p. Hm d'alcool réel, a pour densité 0,8164 à 13 : l'alcool à 90 . 0,8341 .

L'alcool pur 1 1 à — 78". 3. sous la pression normale; il se congèle vers

— 130°. 11 esl miscible à Iran en toutes proportions; le mélange des deux liquides a lieu avec contraction. 11 dissout un très grand nombre de corps organiques, par exemple les éthers, les alcools, les résines, les huiles, les alcaloïdes; divers métalloïdes, tels que le brome, l'iode; un petit nombre de sels minéraux, tels que certains chlorures sublimé . etc.

L'alcool brûle à l'air avec une flamme bleuâtre peu éclairante, en produisant de l'acide carbonique el de l'eau ; les vapeurs d'alcool, mélangées d'oxvgène, détonent lorsqu'on les enflamme, avec production d'acide carbo-

niqi l d'eau. Pari xydation plus ménagée, par exemple celle qu'on

réalise au moyen du noir de platine, l'ait 1 perd de l'hydrogène et d e

naissance à de l'aldéhyde CâH < >. [>iii- à <!<■ l'acide acétique C2H*02. Parmi

les autres corps qui peuvenl servira oxyder l'ai I de diverses manières,

citons l'acide chromique, le permanganate, l'acide nitrique. L'oxydation de l'alcool en solution étendue peu! être produite par certains micro-organismes acétification «lu vin . Les vapeurs d'alcool dirigées à travers un tube de porcelaine chauffé se détruisent vers 500°, en donnant de nombreux produits : éthylène, hydrogène, aldéhyde, vapeur d'eau, acétylène, benzine, hvdrure d'éthylène, oxyde de carbone, formène, etc.

Effets physiologiques de l'alcool. — Nous ne ferons que rappeler brièvement ici les effets physiologiques de l'alcool; c'esl un sujet trop \ aste pour être traité à fond dans un livre tel que celui-ci.

Il \ a naturellement des différences importantes dan-- les effets des

' Voir p. 211, te tableau des densités des mélanges d'alcool el 'lVuu.

diverses boissons alcooliques, différences ducs à l'action spéciale des

petites quantités de substances étrangères qui accompagnent l'ai 1

(Luis ces boissons aldéhvdes, essences, alcools supérieurs, etc. . Nous envisagerons l'alcool ordinaire dans ses effets généraux.

Empoisonnement "i'/it. — Ce! empoisonnement présente plusieurs phases en corrélation avec Les quantités croissantes d'alcool ingéré, lorsque l'absorption esl graduelle. C'est d'abord, si la dose esl peu considérable, une période d'excitation, avec sensations agréables, augmentation de la force musculaire, facilité d'élocution, etc. La durée de cet état particulier, bien connu, n'est pas très longue, deux ou trois heures par exemple, si l'absorption d'alcool n'est pas continuée.

Une plus forte proportion d'alcool détermine la véritable ivresse, dans laquelle les symptômes sont très différents. L'un des caractères les plus communs esl l'incertitude des mouvements des jambes, qui titubent. La loquacité- esl grande comme dan- la période de début, mai- les paroles n'ont plus de sens. H y a souvent des vomissements. Les yeux sont hagards, la sensibilité générale s'affaiblit; on constate des troubles de la vue, de- bourdonnements d'oreilles. L'ivrogne se livre tantôt à une joie excessive tantôt à île dangereux accès de fureur; le second ('•lai dure quelques heures, et il est suivi d'une période de dépression très marquée.

Enfin l'absorption dune quantité plus considérable encore anéantit peu à iieu l'intelligence; la circulation se ralentit, la température s'abaisse, les phénomènes de paralysie se généralisent; il y a dilatation delà pupille. Le patient cesse complètement de parler, devient tout à l'ait inerte, il est, comme on dit. ivre-mort. Ol état comateux, qui peu! durer plusieurs heure-, est suivi d'une dépression plus marquée et plus longue que dan- le •;i- précédent.

Ces résultats généraux de l'alcoolisme aigu (liez l'homme peuvent être vérifiés par l'expérimentation sur les animaux. In point à noter, c'est .pie l'absorption de l'alcool éthylique pur, tant chez l'homme que chez l'animal, ne détermine pas les accidents convulsifs ou épileptiformès que l'on observe a\ ce certaine- boissons alcooliques vulgaires contenant des essences et autres produit- accessoires.

L'alcoolisme aigu entraîne très souvent la mort après un temps plus ou moins long, à la suite de complications diverses : phénomènes d'asphyxie, méningites, pneumonie-, etc. Dans l'absorption brusque de très grandes quantités d'alcool, on voit souvent la i -I survenir subitement.

Doses toxiques. — Les doses capables d'amener la mort .-ont infiniment

variables, selon les individus, l'âge, l'accoutumance, l'état de lTestoniac, le fonclionnemenl plus ou moins bon des reins, etc.

D'après les expériences de Dujardin-Beaumetz et Audigé, la dose d'alcool étkylique (dilué nécessaire pour tuer un chien, serait eu moyenne de T- ,7o par kilogramme d'animal. Voir les toxicités relatives des alcools autres que l'alcool ëthyliquep. -16. Selon les mêmes auteurs, une dose journalière de I- ' ..'ii.l d'alcool par kilogramme d'animal, produit chez le porc une intoxication chronique qui finit par entraîner la mort ingestion dans L'estomac). — Voici encore sur ce sujet quelques chiffres dus à Albertoni et Lussana :

De l'eau-de-vie à 38" Baume produit la mort chez l'homme lorsque la dose atteint 1 p. 100 du poids du corps ingestion gastrique! ; chez le chien. 6 grammes par kilogramme amènent la mort, soit en ingestion gastrique, suit par vi lie hypodermique. Toujours chez le chien. 3 grammes par kilogramme d'alcool à l--o P- 100. eu injection sous-cutanée, produisent une excitation locale: 1 à 4 grammes d'alcool à 20p. 100, en ingestion gastrique, ou par injection dans le péritoine, produisent de l'ivresse. Les poules et les oies sont paralysées et perdent connaissance à la suite de l'injection de 4 à o grammes d'alcool par kilogramme.

Gréhanl a déterminé la dose d'alcool que contient le sang chez des chiens c|ui ont absorbé ce liquide par voie stomacale : après des injections successives dans l'estomac, lorsque l'animal meurt, on prélève du sang dans la veine cave inférieure ; ce sang, soumis à la distillation, fournit un liquide dont la densité permet d'évaluer la proportion d'alcool contenue. D'après ces •--suis, lorsque l'animal meurt, la dose d'alcool renfermée dans le sang sérail voisine de 1 p. 100.

Lésions. — Les lésions observées àl'autopsie dans l'intoxication aiguë n'ont rien de caractéristique. Dans l'estomac on trouve souvent la muqueuse rougie, présentant divers signes d'hyperhémie, des taches ecchymotic|ues, etc. Ces lésions sont d'autant plus marquées que le liquide ingéré était plus riche en alcool.

L'hvperhémie de l'intestin est en général plus intense et n'affecte que le commencement de l'intestin grêle. Les méninges sont injectées; le cerveau et la moelle présentent aussi des signes d'hvperhémie ; il yasouvent des foyers hémorrhagiques.

Alcoolisme chronique. — L'usage habituel de quantités trop considérables d'alcool, même lorsque ces quantités ne sont pas suffisantes pour produire l'ivresse, amène à la longue des accidents fort graves : cirrhose hépatique, lésion-, du cœur, hypertrophie et dégénérescence graisseuse, athérome artériel, troubles de la sensibilité, insomnies, vertiges, hallucinations, accès de delirium (remens, folie, etc. Les effets de l'alcoolisme se

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manifestent non seulemenl chez le buveur lui-même, mais aussi sur sa descendance : les enfants d'alcooliques Fournissent i mbreux contingent de

c;is de folie, d'imbécillité, de difformités physiques diverses, etc.

Nous ne pouvons rapporter ici les nombreuses expériences pratiquées sur les animaux en vue d'étudier 1 alcoolisme chronique el l'action comparative des divers alcools. Ces expériences, parmi lesquelles nous citerons celles de Dujardin-Beaumetz el Audigé, deMagnan, de Laborde, etc., autorisent d'étroites el instructives comparaisons cuire les accidents ou lésions provoqués chez les animaux el ceux que l'on a si souvent l'occasion de constater dans l'alcoolisme humain.

Les lésions observées dans l'alcoolisme chronique sont celles qui correspondent aux divers accidents consécutifs que nous avons signalés, cirrhose < lu foie, lésions athéromateuses, dégénérescences graisseuses de di\ ers organes, etc. Les altérations du côté de l'appareil digestif ne sont en généra] pas très marquées : on constate cependant parfois une rougeur anormale delà muqueuse de l'estomac, el mêmede l'intestin.

Extraction de l'alcool dans les viscères. — S'il s'agit de retirer «lu contenu stomacal ou intestinal des quantités importantes d'alcool, on procède par distillation. Les matières additionnées d'eau, de manière à former une bouillie peu épaisse, son) chauffées à l'ébullition, au bain-marie ou au bain d'eau salée, dans un ballon relié à un réfrigérant. Il esl inutile de continuer l'opération lorsque le thermomètre plongé dans les vapeurs qui distillent atteintla température de 100°.

L'alcool ainsi recueilli esl mélangé de beaucoup d'eau : il peu! contenir aussi des traces d'autres produits volatils, et, le plus souvent, on voil flotter dans le liquide de petits flocons de matières grasses entraînées avec les vapeurs : on les sépare par filtration. On obtiendra un produit [dus pur el plus concentré en soumettant le liquide à nue seconde distillation.

La teneur en alcool du liquide distillé esl évaluée au moyen d'un densimètre ou d'un alcoomètre.

La table suivante, dressée par le Bureau des poids et mesures et déclarée légale en France par décret du '21 décembre 1884, donne les densités des mélanges d'alcool et d'eau, et les degrés indiqués par l'alcoomètre, à la température de — ]')•. Le degré aleoumé trique est lu au-dessous du ménisque, Il représente, à — 15°, la proportion, en volume, d'alcool absolu contenue dans 100 volumes du mélange. Si l'on opère à une température différente de 15°, il faut faire une correction : pour une température de 15° — », il faut retrancher u.4 n degré-, alcoométriques; pour une température 13° — a, il faut ajouter au contraire. 0,4 n degrés alcoométriques au chiffre trouvé.

LLCOOL

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