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ALCOOL

DENSITÉS

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La quantité d'alcool pour 100 parties, en poids, est donnée par la formule

dans laquelle D est la densité du mélange d'après le tableau précédent, d la densité de l'alcool pur, et v le nombre de degrés alcoométriques.

l'n procédé commode pour séparer ef mesurer l'alcool contenu dans une solution aqueuse consiste à additionner le liquide d'un excès de carbonate de potasse; l'alcool est insoluble dans les solutions aqueuses très concentrées de ce sel : aussi lorsque la quantité dissoute est suffisante, on voit l'alcool se séparer et monter à la surface. Ce moyen est très pratique lorsque le volume du liquide alcoolique à examiner n'esl pas trop considérable.

Les procédés basés sur la distillation sont surtout applicables lorsque la dose d'alcool à retrouver est grande; ils peuvenl servir sans difficulté pour isoler l'alcool contenu dans les \ iscères, notamment dans l'estomac, parfois même dans le sang: par des rectifications successives soigneusement cou-

212 TRAITE DE CHIMIE TOXK OLOGIQUE

duites, en utilisant au besoin l'un des nombreux appareils à fractionner

bien connus dans les laboratoires, el en séparant l'ai 1 par le carbonate

de potasse, si le volume de liquide final est trop petit pour être mesurée l'alcoomètre, on arrive à isoler des quantités très minimes d'alcool par exemple h-''. I el même moins . D'autres méthodes ont été indiquées, pour reconnaître des traces très faibles dans les différents viscères; ces méthodes, pour la plupart, ne permettent pas de caractériser l'alcool avec toute la précision désirable, mais elles sont fort sensibles et très applicables aux recherches de laboratoire sur les animaux. Tel est par exemple le procédé appliqué par Ludger, L allemand. Perrin et Duroy dans leurs recherches sur l'élimination de 1 a Ici ml : il est basé sur la réduction de l'acide chromique : l'appareil employé dans ces études était disposé comme il suil :

Un ballon, d'un litre environ, contenant les matières à examiner, et place sur un bain-marie, est muni de deux tubes, l'un plongeant dans la masse liquide, par lequel on peut, à l'aide d'une soufflerie, ou par tout autre moyen, faire passer un courant d'air à travers les matières : le tube abducteur de ce ballon est relié à un plus petit ballon contenant des fragments de

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chaux vive qui dessèchent les vapeurs entraînées. Ce ballon peut être chauffé légèrement, pour éviter la condensation de l'alcool. Un second ballon pareil au précèdent complète la dessiccation. Au delà, les vapeurs entraînées traversent des tubes contenant le réactif, qui doit mettre en évidence la présence de l'alcool : ce réactif est une solution d'acide chromique obtenue par la dissolution de n-r.l de bichromate de potassium dans 900 grammes d'acide sulfurique concentre. La moindre traie d'alcool détermine dans ce

ALCOOL ORDINAIRE, LIQUIDES ALCOOLIQUES DIVERS 2f3

liquide une réduction de l'acide chromique qui se manifeste par L'apparition J'unc belle coloration verte.

Par des essais préliminaires, Perrin, Ludger, Lallemand et Duroy on! vérifié la valeur du procédé : ainsi, 0 sr,2 d'alcool el 100 grammes d'eau distillée ont été placés dans le grand ballon ; les vapeurs entraînées par l'air sortant du gazomètre, passant dans le ballon, et séchées sur la chaux, ont fourni une réduction très nette de l'acide chromique. On a constaté, d'autre part, qu'en soumettant à l'expérience du sang, des fragments de cerveau, de foie, de l'urine provenant d'animaux ou d'hommes n'ayant pas pris d'alcool depuis quelque temps, on n'obtient pas de réduction de l'acide chromique: les matières ou liquides normaux ne contiennent donc pas de produits volatils pouvant fausser l'expérience faite dans les conditions susindiquées (bien que, nous l'avons dit, la réaction appliquée ne soit pas une réaction spécifique de l'alcool . La réduction de l'acide chromique a lieu au contraire avec la plus grande netteté, lorsque l'on place dans le ballon du sang, de l'urine, du cerveau, du foie provenant d'un animal soumis à l'intoxication par l'alcool. L'expérience ne présente pas de difficultés : il fant que la chaux vive soit en quantité suffisante pour bien dessécher les vapeurs : le passage de notables quantités d'eau dans le réactif, ayant pour effet de diluer l'acide sulfurique, empêcherait la réduction de se produire ou la rendrait moins nette. (Du rôle de l'alcool et des anesthésiques dans l'organisme : Ludger, Lallemand, Perrin et Duroy; Paris, Chamerot. 18fi0, et Ann. d'Hyg. et de Mêd. lég.(i), t. XV, p. 232.

L'alcool peut être caractérisé par sa transformation en iodoforme. Celle réaction se produil aisément Lorsqu'on ajoute au Liquide où L'on soupçonne la présence de L'alcool mélange aqueux obtenu par distillation , un peu de potasse, puis un léger excès d'iode, par exemple quelques gouttes d'une solution d'iode dansl'iodure de potassium, de manière que la solution reste d'abord Légèrement brune. (On peut employer comme solution alcaline de la potasse à lit p. 100; on obtieni La solution iodée en saturant d'iode une solution de ■"> grammes d'iodure de potassium dans 2'\ grammes d'eau. Avec quelques gouttes de la solution alcaline, versée avec ménagement, on l'ail disparaître l'excès d'iode. S'il va de l'alcool, on voil apparaître un précipité ou seulement un trouble jaune clair, formé par de l'iodoforme, dont l'odeur est très caractéristique. Au microscope, l'iodoforme se présentesous forme de tables hexagonales faciles à reconnaître. Chauffé avec du phénate de soude, il fournit de l'acide rosolique que l'on peut redissoudre en ajoutant de l'alcool concentré : celui-ci prend une belle teinte rouge (Lutsgarten) v. p. 205 . La réaction de l'iodoforme est excessivement sensible : on peul même dire qu'elle l'est trop pour des recherches toxicologiques ' .

'Cette réaction, par exemple, a servi a Muniz pour montrer la diffusion de l'alcool dans la nature : on arrive, par des distillations bien conduites, suivies de la transformation

Un autre procédé très délicat, appliqué parBerthelot à la recherche de petites quantités d'alcool, consiste à traiter le liquide par un peu de chlorure benzoïque; on agite quelques instants et on ajoute un petit excès de potasse : le chlorure benzoïque en excès se détruit : >i le liquide contenait de l'alcool, il s'est formé un peu d'éther benzoïque dont l'odeur est très facilement perceptible et assez caractéristique.

I Fne réaction analogue consiste à traiter le liquide par de l'acide butj rique et un peu d'acide sulfurique : la formation de l'éther butyrique, s'il existe de l'alcool, produit un leur spéciale rappelant celle de la fraise.

Avec d'autres acides organiques on peut réaliser des effets <lu même genre et obtenir de l'éther acétique, de l'éther formique, de l'éther valérique, dont Les odeurs sont diverses et assez facilement appréciables.

Bûccheim caractérise l'alcool par sa transformation en acide acétique sous l'influence du noir de platine : on distille le liquide aqueux dans une cornue dont le col est horizontal; dan- ce colon place un papier de tournesol bleu : un peu plus loin une nacelle contenant du noir de platine; enfin, toujours plus loin, vers l'extrémité du col, un second papier de tournesol lilfii : le premier papier sert de témoin et ne doit |>as rougir pendant

l'expérience; les vapeurs ali liques passant sur le noir produisent de

l'acide acétique qui rougit le second papier. Ce < lï — -| »< ►: — ïtît' nous parait assez compliqué.

Voici enfin une réaction indiquée par Vitali : dans la liqueur qu'on suppose renfermer de l'alcool, on verse un peu de potasse caustique et quelques gouttes de sulfure de carbone; on agite et on laisse s'évaporer l'excès de sulfure de carbone ; on ajoute ensuite une goutte d'une solution de molybdate d'ammoniaque à lu |>. loi» et un peu d'acide sulfurique étendu, jusqu'à réaction nettement acide. Le Liquide se colore en rouge violet, s'il y a de l'alcool. Ce caractèreesl assez bon; il ne s'applique pas à L'acétone, ni à L'aldéhyde pur; mais il n'est pas d'une grande sensibilité.

Telles sont les principales réactions qui peuvent servir à reconnaître l'alcool; nous avons passé sous silence d'autres propriétés que l'on utilisera parfois : combustibilité, point d'ébullition, densité, etc., lorsqu'on aura pu isoler une quantité notable de liquide. La spécification de l'alcool ne sera alors pas difficile, tandis que la plupart dos procédés indiqués ci-dessus, bien que très applicables dans certains cas, ne donnent pas La certitude de La présence do l'alcool, d'autres corps, tels que L'éther, L'acétone, les autres alcools pouvant fournir des résultats analogues.

Mais il convient de remarquer que ces procédés, surtout celui de Perrin, Duroy et Lallemand, sont utilisés pour des recherches scientifiques plutôt

idoforme, à déceler la présence de l'alcool dans des eaux météoriques ordinaires (Bull. Soc. Chim., t. XXXV, p. 4*6).

que pour des travaux d'expertise. Dans lés cas assez rares d'expertises judiciaires relativesà la recherche de l'alcool dans les viscères, ce sont généralement des quantités importantes d'ali 1 que l'on ;i à retrouver. Il con-

\ tendrait d'ailleurs d'être assez prudent si 1 on était questionné sur l'origin ■ de petites quantités d'alcool trouvées dans un contenu stomacal : en effet, cel alcool aurait pu se produire normalement après la mort par suite delà fermentation de matières sucrées contenues dans les aliments. La présence de l'alcool dans une urine contenant du sucre, et peut-être aussi dans une urine normale après une fermentation pins ou moins longue, n'aurait rien d'extraordinaire. Rappelons encore, à propos de l'urine, qu'il s'y rencontre souvent, surtout dans certains états pathologiques, de petites quantités d'acétone, qu'il est facile de confondre avec l'alcool.

Le- questions posées au médecin légiste ou au chimiste-expert, à propos de l'alcool, ne pourront dune pas toujours recevoir de réponses précises : s'agit-il, par exemple, de déterminer, d'après la nature du contenu de l'estomac, si tel individu était, au moment de la mort, en état d'ivn -- . il faudrait, pour répondre affirmativement, arriver à isoler du contenu stomacal des quantités très considérables d'alcool. Les volumes d'alcool contenus dans un ou deux verres de vin. par exemple, volume insuffisant pour déterminer l'ivresse, sont déjà assez grands 10 ou 50 centimètres cubes . Inversement, il peut arriver que, quelque temps après l'ingestion d'une forte dose de boissons alcooliques, il n'en reste que relativement peu dans l'estomac, par suite de vomissements ou d'élimination rapide.

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