DÉFINITION DU POISON. — CLASSIFICATION DES POISONS
Définition du mot poison. — On adonné beaucoup de définitions du mot poison : aucune ne paraîl vraiment satisfaisante.
Lémery Cours de chimie) définissail ;iinsi le poison : « Toul ce qui peu! rompre el détruire la liaison et l'économie des humeurs du corps en corrodant les parties ou en empêchant le cours naturel des esprits. » Comme exemple de poisons, il cite l'arsenic, le sublimé, l'aconil napel, la ciguë1.
Plenck, en I7<s.">. dans son traité : Toxicologia seu doctrina de Venenis et Antidotis, caractérise le poison comme il suit :
« Eus ipioil perexigua dosi, corpori humano ingestum, aut extus applir catum, \i quadam peculiari morbum gravem vel mortem causât, venenum seu toxicum auditur, » — définition suffisamment précise el qui a été plus d'uni' l'ois imitée.
Pour Orfila, el pour d'autres avant lui, le nom de poison s'applique à ci toute substance qui, prise intérieurement ou appliquée de quelque manière que ce soit sur un corps vivant, à petite dose, détruit la santé ou anéantit entièremenl la vie ».
Devergie appelle poison « toute substance qui, prise a l'intérieur ou appliquée à l'extérieur du corps de l'homme el à petite dose, est habituelleineul capable d'altérer lu santé ou de détruire la vie, sans agir mécaniquement et sans se reproduire ». Orfila, dans une nuire édition (1858) de su Toxicologie, complète ainsi sa définition citée plus haut : « Le nom de poison
peu! el doit être do '• ;'i toute Substance qui, prise ;'i l'intérieur ou appliquée
au corps de l'homme, détruit la santé ou anéantit la vie, el cela en agissant eu \ eiiu de sa nature. »
'Les alchimistes donnaient autrefois au mol poison une signification très spéciale: on entendait par venenum toute substance capable de tuer les métaux, c'est-à-dire de se combinera eux en les altérant : ainsi, par exemple, le soufre, l'arsenic tuent le mercure.
C'est par ignorance qu rtains alchimistes chauffaienl le mercure avec de véritables
poisons, tels que l'aconit, la ciguë, la vipère, etc. (Pierre Lr Bon. de Lombardie, 1330. — Y. Hœfer. Histoire de I" chimie, t. f. p. 436.