QUESTIONS DIVERSES RELATIVES \ L EMPOISONNEMENT ARSENICAL
L arsenic une Fois décelé cl dosé dans les organes, diverses questions se posenl au sujet de L'origine de cet arsenic.
Peut-il exister dans le cadavre des composés arsenicaux, en dehors <!<• tout empoisonnement :'
rous les auteurs admettent aujourd hui comme démontré qu'il n'existe pas dans le corps humain d'arsenic normal. Mais la présence de traces infiniment faibles d'arsenic dans les organes pourrait s'expliquer par 1 ingestion il aliments, de boissons, de médicaments renfermant accidentellement quelque substance arsenicale. ()n ne doit pas oublier que l'arsenic est très répandu dans la nature et qu'il constitue une impureté très ordinaire de beaucoup de produits et de médicaments : que dans de nombreuses circonstances nous sommes exposés à l'absorption de poussières arsenicales, etc. Il arrive assez souvent que l'expert, tout en employant des réactifs rigoureusemenl purs et évitant toute cause d'erreur, isole, en opérant sur un échantillon assez considérable du mélange des viscères, un anneau d arsenic, à peine visible, non pesable, inférieur par exemple a I 50, I 30 de milligramme. De semblables constatations ne prouvent point qu'il y ail eu empoisonnement, el 1 on n \ doit pas attacher d'importance, non plus <|ii à la présence de quantités très minimes de cuivre et de quelques autres métaux toxiques. La production de ces anneaux infiniment petits d'arsenic peut avoir au contraire un vifintérèl lorsqu'il s'agit d'expériences faites sur des poids faibles de viscères isolés, os, cheveux, etc., en vue de recherches sur la localisation du poison dans les diverses régions du cada^ re.
L'arsenic trouvé peut-il provenir du contact du cadavre avec des matières arsenicales, terre du cimetière, mixtures ou objets divers placés dans le cercueil? G sont des objections que les avocats ne manquent presque jamais de soulever dans les débats de cours d'assises : l'expertchimiste doit donc se tenir prêt à y répondre.
Dans les exhumations faites en \ ue d'une expertise sur un crime d'empoisonnement, on ;i soin <lr prélever plusieurs échantillons de la terre du cimetière, 1 un à peu de distance au-dessus du cercueil, un autre au-dessous, enfin aux deux extrémités; on note si le cercueil est en bon état, si nu contraire les planches en sont disjointes, >i la terre y a pénétré, ou même s'est mélangée aux viscères.
Certaines terres -uni arsenicales par elles-mêmes, et renferment par exemple de l'arséniate de fer ou de l'arséniate de chaux ; d'autres peuvent