‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 76 sur 185 · GUI Y-RE · texte numérisé non relu

GUI Y-RE

Les autres procédés de destruction, notamment la méthode au chlorate, sont applicables sans difficultés à la recherche du cuivre.

La précipitation par l'hydrogène sulfuré est assez rapide : le sulfure est noir. 11 « 1 « > ï t être filtré rapidement cl lavé avec de l'eau privée d'air et contenant un peu d'hydrogène sulfuré : sans ces précautions, le sulfure de cuivre s'oxyde à l'air humide, passe à l'état de sulfate soluble et est entraîné par les eaux de lavage.

Le sulfure de cuivre est attaqué facilement par l'acide azotique, qui fournit une solution d'azotate de cuivre ; c'est le meilleur agent à employer pour amener le métal sous la forme d'une solution dans laquelle il est ensuite très simple de le caractériser avec certitude. La solution azotique esl bleueou bleu verdâtre ; on l'évaporé à siccité au bain-marie. — S'il reste des matières organiques, on les détruit par calcination ; le résidu est traité par l'aride azotique : on évapore au bain-marie, et on reprend par l'eau le résidu final. On peut encore chauffer pendant quelque temps avec un excès d'acide nitrique fumant, ou bien calciner avec un peu d'azotate d'ammonium.

La solution aqueuse obtenue finalement est caractérisée par les réactions indiquées plus haut, dont les plus sûres sont : la coloration bleu céleste par un excès d'ammoniaque; la précipitation du cuivre métallique par le fer, le zinc, ou sur le platine avec le concours de l'électrolvse ; la précipitation parle ferrocyanure de potassium.

Dosage. — Dans toute recherche toxicologique de composés cuivriques le dosage du métal esl absolument indispensable. Nous verrons en effel que le cuivre existe très souvent en petites quantités dans les aliments, el qu'on en trouve dans les cadavres d'individus qui n'uni été aucunement empoisonnés, l'onr discuter utilement la possibilité d'une intoxication par le cuivre, il faut donc bien connaître les doses de métal réparties dans les \ iscères.

Le cuivre peut être doséà l'état métallique, à l'état de sulfure ri ;'> l'étal d'oxyde.

La précipitation électrolytique du cuivre à l'étal métallique donne île fort bons résultats. L'électrolyse se fait mieux en solution sulfurique : >i la liqueur contient de l'acide chlorhydrique, on l'évaporé en présence d'un peu d acide sulfurique. On peut aussi opérer sur une solution ammosiacale du sel de cuivre. L'appareil décrit par Riche Kg. 33), dans lequel le liquide est contenu dans un creuset de platine relié au pèle positif, tandis que l'électrode négative esl formée d'une sorte de cône de platine ploj$geant dans le liquide, est forl commode pour ces expériences. Le dépôt se t'ait bien à froid, mais il esl plus rapide >i l'un chauffe vers (lu ou KO0. Le

courant doil être de faible intensité : un élément Bunsen suffit. Le métal forme sur l'électrode négative un enduit bien adhérent ; on retire cette électrode sans interrompre le courant, on la lave, on la sèche et <>a la pèse; puis le dépôt esl dissous dans l'acide nitrique; l'électrode est lavée, séchée ri pesée <le nouveau. — L'électrolyse en solution ammoniacale est un peu plus lente : six heures environ sont nécessaires pour précipiter un demi- Eframme de cuivre: un temps deux fois moindre suffirait en solution acide.

r p — G Vj i

Fig. 33. — I)i»;if.'c électrolytique il» cuivre.

La précipitation a lieu en présence des acides acétique, phosphorique, tartrique : d'où la possibilité de rechercher le cuivre par électrolyse directement sur des liquides tels que le vin, la bière, le vinaigre, l'eaude-vie, qu'il suffit d'aciduler avec quelques gouttes d'acide nitrique. Le dosage esl applicable aussi en présence du zinc, du nickel, ducobalt, du cadmium, si l'on a soin de n'employer qu'un seul élément Bunsen. En présence du fer, il v a quelques difficultés à cause de la précipitation simultanée d'hydrates et de sous-sels de fer adhérents. 11 faut opérer en solution

sulfurique, el ne pas chauffer ) i'< >j > fort. Il est encore préférable de précipiter le fer par l'ammoniaque el d'électrolyser la solution ammoniacale. En présence <lu plomb, le cuivra se dépose au pôle négatif, tandis que le plomb est fixé au pôle positif sous forme de bioxyde ; il est dune possible de doser les deux métaux ensemble. Le dosage électrolytique du euivre est applicable en présence de divers autres métaux, tels que la chaux, la potasse, la soude, la masmésie, l'alumine.

La précipitation du euivre à l'état métallique n'exige pas absolument l'emploi d'une source électrique. On peut encore précipiter la solution cuivrique, légèrement acide (niais exempte d'acide nitrique), et contenue dans une capsule de platine, par un fragment de zinc, qui se dissout peu à peu pendant que le cuivre se dépose sur le platine. Le zinc laissant le plus souvent un léger résidu insoluble, on le remplace avantageusement par un morceau de cadmium. Lorsque font le métal est dissous, on lave la capsule à l'eau, puis à l'alcool, on la sèche et on la pèse. — L'électrolyse est préférable, parce (pie le dépôt de cuivre métallique est plus adhérent et plus facile à laver.

Pour doser le cuivre à l'état de sulfure, on précipite par l'hydrogène sulfuré la solution légèrement acide, exempte surtout d'acide nitrique en grand excès ; si la précipitation a lieu à l'ébullition, le précipité est plus lourd cl d'un lavage plus facile; on le recueille aussi rapidement que possible sur un filtre, on le lave à l'eau chargée d'hydrogène sulfuré'; après dessiccation, ou sépare le précipité du filtre, on calcine ce dernier dans un creuset de porcelaine ; le précipité esf ensuite ajouté aux cendres. avec un peu de soufre pur ; on chauffe enfin fortement au rouge, en faisant passer dans le creuset un courant d'hydrogène.

Pour doser le cuivre à l'état d'oxyde, la dissolution du sel cuivrique, très ('tendue et chauffée vers 100°, est précipitée par la soude ou la potasse, >;m> grand excès. On continue a chauffer, l'hydrate précipité noircit ; on recueille Le précipité noir d'oxyde sur un filtre et on le sèche ; le filtre esl calciné à part ; s'il y a un peu de cuivre réduit, on le réoxyde par une nouvelle calcination à l'air; on ajoute enfin le précipité, et on chauffe le tout, vers le rouge, pas trop fortement. Si l'on craint des actions réductrices, on peut faire passer un courant d'air dans le creuset, pendant le chauffage. Le creuset doit être refroidi à l'abri de l'air humide. Uni

Page 1