‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 77 sur 185 · partie · texte numérisé non relu

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d'oxyde de cuivre correspond à 0,7987 de cuivre métallique.

L'intensité de la coloration des dissolutions ammoniacales des sels de cuivre a été mise à profit pour des dosages colorimétriques. Il suffit de préparer des solutions types de sulfate ou d'azotate de cuivre, et d'y ajouter un excès d'ammoniaque, de manière à obtenir la teinte bleu céleste. La solution cupro-ammoniacale préparée avec la substance mise en expérience

est comparée avec Les solutions types; il faut, bien entendu, observer les colorations dans des lubes de verre bien blancs, el de même épaisseur. ( In peul encore se servir d'un colorimètre, tel que celui de Dubosc, dans lequel un mécanisme lié-- simple permei de faire varier l'épaisseur des liquides colorés el d'amener à l'égalité la teinte de la solution en expérience et celle d'une solution tvpe de concentration convenable. Les procédés colorométriques ont, comme on le sait, de nombreux inconvénients el manquent loul à fail de précision : il> ne doivenl être employés que lorsqu'il s'agil de doses si petites que les autres méthodes, basées sur l'emploi de la balance, ile\ iennenl impraticables.

Origine de la présence du cuivre dans les organes. — L'existence de petites quantités de cuivre dans les organes d'individus qui n'onl |><>inl succombé à un empoisonnement esl très fréquemment constatée. Existe-t-il donc dans l'organisme «lu cuivre normal, faisant partie intégrante «le uns tissus ?On >;«il que le sang de certains animaux inférieurs, céphalopodes, mollusques, acéphales, renferme du cuivre Harless . Pour les animaux supérieurs et pour l'homme, la question ;« été souvent discutée. Orfila «'I Devergie croyaient à l'existence normale «lu cuivre «huis l'économie; Chevreul, Flandrin el Danger, Christison ont été d'un avis contraire. Bla- >ius. qui i« fait sur ce sujet «le patientes recherches, portant sur le sang et les organes de l'homme el de divers animaux, conclu! que le cuivre existe normalement «huis les tissus. Llex est arrivé ;'« des résultats semblables. .M;ii^ Lossen a critiqué ces expériences el suppose que le cuivre trouvé provient de parcelles détachées «les lampes à isa/. el supports de cuivre employés dans les manipulations : il «lil avoir trouvé du cuivre dans [m2'\ grammes de sang de bœuf, incinérés avec des appareils en cuivre, tandis que le mèmesangn'en a pas fourni lorsqu'on se servait d'appareils en fer ou en verre.

En réalité, lorsqu'on recherche les métaux toxiques dans les organes d'hommes ou d'animaux, on ne trouve p;i> toujours du cuivre ; d'après ma propre expérience à ce sujet, j'estime que la présence du cuivre esl l'exception el m m pas la règle. Pourtant on ne peut guère supposer que !«.■ métal échappe aux recherches ; car il n'esl guère, en toxicologie, «le corps plus facile à retrouver et à caractériser avec précision.

Nous u«' croyons donc pas au enivre mal. Il n'en est pas moins vrai

que l'existence de petites quantités de cuivre dans les viscères esl un fait très ordinaire, et que le toxicologiste doit bien connaître. Pour conclure à un empoisonnement par le cuivre, il ne suffit pas d'en avoir décelé des traces : il faut pratiquer des dosages, et montrer que le tube digestif, que les matières vomies contenaient des sels de cuivre en quantités notables,

ei sûrement plus fortes que celles qui se rencontrent souvent dans les organes d'individus non empoisonnés.

Les misons qui concourent à introduire le cuivre dans l'organisme humain sont multiples. CVst un métal très répandu dans la nature. Beaucoup de matières alimentaires en renferment à l'état normal1.

On sait l'usage que l'on fait des sels de cuivre, sous forme de bouillie bordelaise ou autres mélanges, dans le traitement du mildew et de diverses maladies de la vigne ; une certaine quantité du cuivre dont les raisins ont été aspergés passe dans le vin.

Les blés destinés à la semence sonl souvent additionnés de sulfate de cuivre. Le même sel, mélangé en petite quantité à des farines avariées, a pour effet d'en rendre la panification plus aisée ; on a vu des pains renfermant du sulfate de cuivre en cristaux intacts, visibles à l'oeil nu ! Les bois injectés au sulfate de cuivre, tels que de vieilles traverses de chemin de fer, des poteaux de télégraphe, etc., souvent employés au chauffage des fours, peinent introduire des parcelles cuivriques dans les aliments. Un bon nombre de préparations culinaires sont faites dans des vases de cuivre non étamés ; si le milieu est acide, comme il arrive très souvent, le métal est attaqué et entre en dissolution : les confitures, par exemple, contiennent très ordinairement des quantités importantes de cuivre. Les huiles et autres corps gras, beurre, saindoux, attaquent assez bien le cuivre et forment des sels colorés en vert. — La plupart <\c-< boissons alcooliques, distillées dans des alambics de cuivre, en renferment des traces, très petites, il est vrai. Beaucoup d'aliments contiennent du cuivre qu'on ajoute intentionnellement pour leur communiquer une couleur verte appréciée du consommateur ; de ce nombre sonl les cornichons et les divers légumes conservés en boîtes par les procédés d'Appert; Le reverdissage des légumes est une pratique très répandue en France, où le commerce de ces sortes de conserves présente

'Voici par exemple, d'après Galippe, les quantités de cuivre contenues.dans les céréales, le pain, le chocolat :

l : LIVRE FA I! K I L 0 i I Il A M M E

Blé 0.005 à 0,010

Seigle o.Oi

Avoine O.O0S5

Orge 0,0105

Ri-c 0,0010

Son (moyenne 0,014

Farine (moyenne) 0.0084

Pain. . . '. 0.0043

Cacao (naturel) 0,01 à 0,02

Cacao (torréfié) 0,014 à 0,017

Chocolat 0,006 à 0,020

Duclaux a trouvé iliins les cacaos des chiffres oncore plus élevés, allant jusqu'à 0,040 par kilogramme. Les pellicules de l'amande renfennenl le cuivre en doses plus considérables (jusqu'à 0,250 par kilogramme). (Bull. Soc. Cliim., t. XVI. p. 33.)

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tinr grande importance. L'addition du sulfate de cuivre n'a d'autre lml que de conserver aux légumes une coloration verte rappelant celle des légumes frais, au lieu de la teinte jaune verdâtre qu'ils prendraient après quelque temps. On a tenté à diverses reprises de s'opposer à l'emploi des sels de cuivre pour cet usage ; à la vérité, cette pratique esl parfaitement inutile, mais dans les limites où est ajouté le sulfate de cuivre, il ne peut exercer sur l'hygiène publique aucune influence fâcheuse'. Les produits que l'on ;i essayé de substituer au sulfate de cuivre pour le re\ erdissage, notamment la chlorophylle et le sucrate de chaux, ne semblent pas avoir donné des résultats satisfaisants.

La présence du cuivre a été constatée dans les moules Bouchardat : on en a trouvé aussi des traces dans l'eau de mer Durocher et Malaguti . dans certaines eaux minérales.

De nombreux ouvriers sont exposés ;'i l'absorption de poussières cuivriques : fabricants de verdet, vert-de-gris et autres sels de cuivre, fabricants d'instruments de cuivre ou de laiton, tourneurs, polisseurs, estampeurs, chaudronniers, monteurs en bronze, orfèvres en imitation, lamineurs, monnayeurs, etc.

D'après ces quelques exemples des causes multiples qui tendent à introduire le cuivre dans nos organes, on voit qu'il ne faut pas s'étonner .si. dans des analyses toxicologiques, on en retrouve souvent des traces dans des cadavres d'individus qui n'ont été nullement empoisonnés.

Procédés spéciaux de recherche du cuivre. — Les procédés spéciaux de recherche du cuivre, par exemple dans les matières alimentaires, n'ont qu'un intérêt médiocre : il est toujours très facile de reconnaître ce métal et, au besoin, de le doser, en suivant ie> méthodes ordinaires : destruction de la matière organique après évaporation s'il s'agit d'un liquide) par un système quelconque et notamment par calcination, dissolution du résidu dans

•D'après les relevés d'analyse du Laboratoire municipal, il p. 100 environ des légumes de conserve (poids, flageolets, haricots) sonl reverdis au cuivre. Los doses de métal trouvées dans tir, ëchantill ins variaient, pour 100 grammes de légumes, de 0 - ,nn:, a 0",020 en cuivre métallique. — Si les quantités de sel de cuivre ajoutées aux légumes sonl exagérées, la totalité n'esl pas Qxée; d'ailleurs un excès de cuivre communique un goûl très désagréable. Une dose correspondant & 0,010 de cuivre métallique par 100 grammes de légumes est suffisante. A ces doses, le sel de cuivre n'esl ]>a- nuisible, el d'après des expériences île digestions artificielles de c - lëgum - additionnés de pepsine, suc pancréatique, etc., il ne parait pas que l'emploi modéré du sulfate de cuivre pour le reverdissage entrave d'une manière appréciable la digestibilité des légumes. (Voyez : Ogier, Recueil des travaux du Vomité consultatif d'hygiène, t. XIX, p. 154.) Des doses élevées empêchent l'action des ferments. Ainsi Wernitz a étudié l'action des sels de cuivre >tn les ferments solubles, cl .i trouvé que le sulfate de cuivre, à la dose de I p. 1100, empêche l'action de l'émulsine ; celle de la diastase, à I p. 6000; celle de la pepsine, à I p. 1 10 ; celle de la pancréatine, <i I p. 6600, etc. — Le sulfate de cuivre esl un antiseptique de valeur réelle, mais non pas très puissant.

l'acide nitrique, essai des diverses réactions très sensibles qui onl été indiquées plus haut (ammoniaque, ferrocyanure, précipitation parle fer). Les caractères du cuivre sont tellement précis que les résultats ne laissent en général aucun doute, et qu'il n'est même pas besoin d'opérer sur de bien grandes quantités de matière.

Signalons cependant, pour mémoire, divers modes opératoires recommandés pour l'examen de quelques produits particuliers.

Hadow {C/iem. News, 1862, p. 1 46 1 propose de rechercher le cuivre dans le pain, en mouillant d'eau distillée des tranches que l'on arrose ensuite d'une solution de ferrocyanure ; il se produit en présence du cuivre une coloration rose-brun plus ou moins foncée. Les chiffres indiqués semblent montrer que le procédé n'a qu'une sensibilité médiocre.

Pour rechercher le cuivre dans les eaux-de-vie, Warrentrapp y place, après avoir ajouté quelques gouttes d'acide chlorhydrique, un petit fragment de beurre, qui prend une teinte verte, s'il y a du cuivre, au iiout de quelques heures. — L'électrolyse ou le dépôt sur des lames ou aiguilles de fer rend des services dans ces petites analyses spéciales: il sutlit souvent, s'il s'agit d'un liquide, de le concentrer convenablement par évaporation ; s'il s'agit d'un corps solide, d'épuiser par l'eau additionnée d'un peu d'acide acétique, puis de laisser le liquide pendant quelques heures en contact avec une tige ou lame de fer, ou un cylindre de zinc. On peut utiliser aussi de petits éléments formés d'un tîl de platine entourant un til de fer, ou un clou ; ou encore d'un fil de platine entourant un cylindre de zinc. En liqueur acide le cuivre se dispose sur les deux métaux ; on reconnaît facilement sa présence en traitant le fil de platine par l'acide nitrique, et ajoutant de l'ammoniaque à la solution.

Si, à une solution cuivrique placée dans une capsule de platine, et légèrement acidulée, on ajoute des fragments de zinc, on a encore un dépôt de cuivre sur le platine. Dansées précipitations, la couleur du métal est souveni noire.

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