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jaunâtre, une consistance pâteuse; l'examen microscopique montre de nombreuses gouttelettes ou granulations graisseuses infiltrant les cellules hépatiques, dont les noyaux sont détruits. Les reins offrent des altérations analogues. — Cette stéatose n'est toutefois pus absolument constante, et elle manque d'ordinaire lorsque la mort est survenue dans un très bref délai. Le mercure se dissémine un peu dans tous les organes : dans les empoisonnements de forme aiguë, c'est surtout dans les vomissements, le contenu de l'estomac et de l'intestin que le poison sera retrouvé ; dans les intoxications subaiguës ou lentes, il sera localisé principalement dans le foie el les reins'. ■ — Le mercure et ses sels peuvent être constatés dans des cadavres inhumés depuis fort longtemps.
Recherche dans les viscères. — Destruction de la matière organique. — A l'exception de la calcination, qui ferait disparaître en totalité les sels mercuriels, tous les procédés de destruction sont utilisables. Le plus avantageux paraît être le procédé au chlorate : son application ne présente ici pas de difficultés spéciales. I .<> sels mercuriels sont transformés en bichlorure, ou en chlorures doubles de mercure et de potassium, dans lesquels la caractérisation du mercure est Facile. — On a proposé d'extraire le bichlorure formé, en épuisant par l'éther, mpdification qui ne présente pratiquement aucun avantage; d'ailleurs les chlorures mercuriels doubles sont insolubles ou peu solubles dans l'éther (Tardieu et Roussin) . — Le t rai Ici m 'ni par l'alcool n'est également pas recommandable. 11 vaut mieux suivre la marche ordinaire, c'est-à-dire éliminer l'excès de chlore, précipiter par l'hydrogène sulfuré, etc. — Dans le procédé au chlorate, on pourrait craindre de laisser échapper, parmi les sels mercuriels, le vermillon et le cinabre, qui sent difficilement attaqués : cependant une partie au moins de ces corps entrerait en dissolution. Leur recherche est du reste de peu d'importance, dans la plupart des cas.- — Dans un empoisonnement parle biiodure de mercure, si l'on opère la destruction dans un appareil distillatoire, nu pourrait recueillir l'iode dans le liquide condensé, et l'y caracté-
1 Voici les chiffres de mercure retrouvé dans les organes d'une personne ayant succoinbi quinze jours après l'ingestion d'un sel mercuriel (nitrate de rcure
Reins o.oioo
Rate 0,0010
Poumons traces
Cerveau 0,0013
Intestins el contenu .... il. uns:
I mu' traces
Sang traces
Brouarde) el Ogier, Ann.d'hyg. (3), I. XXIX. p. 359.
riser facilement (neutraliser, évaporer, transformer l'iodate en iodure par ealcination, etc.). (Voirp. i78, i80.)
La solution résultanl de la destruction de l;i matière organique et contenant le mercure à l'étal de bichlorure ou de chlorures doubles, est en définitive précipitée par l'hydrogène sulfuré ; cette précipitation es) assez rapide. Le précipité formé d'abord esl blanchâtre, puis jaunâtre, puis noir; ces diverses colorations ne son) d'ailleurs guère visibles dans les liquides complexes résultanl de la destruction des matières organiques. On recueille le précipité sur un filtre, et si on le suppose trop impur, on le détruit de nouveau par un peu de chlorate el d'acide chlorhydrique ; la solution, d'un petit volume, ainsi obtenue esl reprécipitée par l'hydrogène sulfuré.
Les propriétés les plus importantes du sulfure de mercure précipité sonl les suivantes : il esl facilemenl soluble dans l'eau régale, difficilemenl solubledans l'acide chlorhydrique; il esl insoluble dans l'acide azotique, à la condition qu'il n'y ail pas de chlorures solubles : si l'on a lavé le |précipité avec soin, de manière à éliminer les chlorures, l'action de l'acide azotique permet de séparer promptemenl le sulfure de mercure de ceux de plomb. cuivre, argent, bismuth, etc. — Il esl aussi insoluble dans l'ammoniaque ce qui permet de séparer l'arsenic el dans le carbonate d'ammoniaque ; à peu près insoluble dans le sulfure d'ammonium (ce qui permet de séparer l'or, l'étain, l'antimoine .
Le précipité de sulfure esl dissous dans l'eau régale ; on évapore à siccité au bain-marie; le résidu est repris par l'eau qui dissoul le bichlorure de mercure; on a ainsi une solution dans laquelle la constatation (\c^ caractères du mercure ne présente ordinairement aucune difficulté ; les réactions sont en effet nombreuses, précises el sensibles. Nous indiquerons d'abord, d'une manière générale, les principaux caractères analytiques des sels mercuriques, et nous reviendrons ensuite sur quelques-uns d'entre eux, plus spécialement applicables aux recherches toxicologiques.
Caractères des sels mercuwques. — Acide chlorhydrique ou chlorures. — l'as de précipité.
Hydrogène sulfuré. ■ — Précipité blanc, puis jaunâtre, puis noir, insoluble dans l'acide nitrique, soluble dans l'eau régale, peu soluble dans le sulhfydrate.
Sulfhydrate d'ammoniaque. — .Même réaction.
Potasse. — En excès, précipité jaune d'oxyde de mercure.
Ammoniaque. Carbonate d'ammoniaque. — Précipité blanc, soluble dans un grand excès.
Carbonate de potasse. — Précipité rouge-brun.
Ferrocijanure. — Précipité blanc, devenant bleu.
:98 tuai ri: de chimie toxicologique
Chroinate de potassium. — Précipité rouge.
lodure de potassium. — Précipité rouge, très soluble dans un excèsde réactif.
Chlorure stanneux. — Précipité blanc, decalomel; devenant gris avec un excès de réactif.
Cuivre métallique. — Dépôl gris de mercure métallique.
Les sels mercureux ont des caractères ] rla plupart très différents des
précédents.
Acide chlorhydrique ou chlorures. — Précipité blanc, devenant noir par l'ammoniaque.
Hydrogène sulfure et sulfhydrate. — Précipité noir.
Potasse, ammoniaque, carbonate d'ammoniaque. — Précipité noir ou gris, insoluble dans un excès.
Carbonate de potasse. — Précipité jaune sale, noircissant parla chaleur.
lodure de potassium. — Précipité jaune-vert, d'iodure mercureux,' dédoublable, par un excèsde réactif, en mercure el iodure mercurique.
Chlorure stanneux. — Précipité blanc devenanl gris.
Cuivre. — Précipité de mercure métallique.
Parmi les réactions des sels mercuriques plus spécialement applicables aux recherches toxicologiques, 1 une des plus employées et des plus sensibles, esl celle du chlorure stanneux. Elle est encore appréciable dans des solutions au I 10000. Le précipité est blanchâtre, gris ou unir : si le sel d'étain est en excès, le précipité contienl du mercure; mais ce dépôt de mercure, extrêmement divisé, n'est pas d'un aspect très caractéristique ; en faisant bouillir quelque temps avec l'acide chlorhydrique, on facilite la dissolution des matières étrangères et l'agglomération du mercure en globules métalliques très reconnaissables.
I Hé lame de cuivre plongée dans la solution légèrement aride de bichlorure, se recouvre d'un dépôt gris de mercure métallique. En chauffant, on l'ait disparaître ce dépôt. Ou peut opérer avec quelques brins de tournure de cuivre bien propre, qu'on retire après la formation du dépôt : onleslaveà l'eau, puis à l'alcool i on laisse sécher, cl nu les chauffe fortement dans un lui"1 bouché; lemercurese volatilise et forme un anneau composé de fines gouttelettes, donl on constate à l'aide d'une loupe la forme sphérique et l'aspecl brillant. Pour compléter celte réaction, surtout si la quantité de métal esl faible, on retire du tube les morceaux de cuivre, et on place au
1 1 du même tube un très petit cristal d'iode; peu à peu le mercure se
transforme en biiodure rouge, très facile à reconnaître; un active cette transformation en chauffant légèremenl i mai- il convient d'éviter la pré-*
sence d'un excès d'iode qui masquerai! le biiodure rouge : un courant d'air très légèrement chaud peut être utilisé pour enlever l'excès d'iode. — Le biiodure esl mi produit tout à fait caractéristique ; par 1 action de la chaleur il devient jaune et se volatilise; il redevient rouge à froid ; au contact d'une
baguette de ven
e mi il un
lil de platine, les parties jaunes deviennent rouges
par le frottement. Il est très soluble dans la solution d'iodure de potass
s sium.
Recherche dl* mercure par l'électrolyse. — L'électrolyse fournit un moyen commode d'isoler le mercure, et aussi de le doser, comme nous le dirons plus loin. Divers appareils spéciaux ont été proposés.
Certains auteurs recommandent l'usage de la pile de Smitlison, qui ne nous parait pas présenter beaucoup d'avantages, et qui n'est guère applicable que si le volume du liquide à examiner est très petit. La pile de Smitlison est formée d'une mince lame d'or enroulée en spirale autour d'une lame ou d'un petit cylindre d'étain. Le liquide doit être légèrement acidulé : le mercure se dépose sur l'or, d'où on peut le retirer par volatilisation, comme il a été dit
Fig. 34. — Dosage électrolytique du mercure.
précédemment, et le transformer en biiodure ou en bichlorure. Il est toujours utile de faire cette vérification; car la production d'un dépôt grisâtre n'indique pas nécessairement la présence du mercure ; en effet, surtout dans les solutions trop acides, il pourrait se faire un léger dépôt d'étain. — On a proposé d'autres formes de couples électrolytiques, platine et zinc, fer et or, platine et fer. — Il n'est pas facile de précipiter tout le mercure à l'aide de la pile de Smitlison ; la réaction devient très lente quand la lame d'or est déjà recouverte d'un dépôt mercuriel.
11 est bien préférable de procédera l'électrolyse dans les conditions ordinaires, àl'aidâd'une pile ou d'une source électrique quelconque; comme électrode négative destinée à recevoir le mercure, on emploie une lame
d'or ou iiii lil d'or, au besoin une lame de cuivre ou de platine. La difficulté, lorsque le volume du liquide esl un peu considérable, esl de précipiter toui !<■ mercure sur des électrodes qui ne peuvent avoir de bien grandes dimensions. Flandin et Danger onl recommandé un appareil analogue i\ celui qui esl représenté fig. 34 . La solution esl contenue dans un entonnoir donl la douille esl recourbée el effilée de manière à laisser juste
Fig. 35. — Dosage électrolytique tlu mercun
passer un gros lil d'or, qui constitue la cathode. L'anode, formée d'un lil
de platine, plonge dans le liquide de l'entoi ir. Ce liquide s'écoule goutte
;'i goutte, de telle sorte que toute la masse à électrolyser vient peu à peu au contact du lil d'or. Le liquide, recueilli dans une capside 1), est, s'il y a lieu, versé de nouveau dans 1 entonnoir. Si la solution esl d'un grand volume, mi 1 introduit dans un ballon renversé dont le col plonge de I mu 2 centimètres dans le liquide de l'entonnoir, disposition qui permel \> remplacement automatique du liquide écoulé. Il esl difficile, avec ce genre d appareil, d'arriverà précipiter exactemenl toui le mercure.