MÉNINGITES AURICULAIRES LOCALISÉES
giqiic et mal lié, entourant le sinus latéral, et il est bien certain ([lie par les voles naturelles révacuatiou de cette collection eût été impossible'.
De ce (]ui précède, il résulte qu’il y a des sujets chez lesquels les symptômes sont ceux d’une méningite subaiguë ou môme aiguë, et chez lesquels cependant l'intervention chirurgicale limitée aux cavités de l’oreille procure la guérison. C’est là un argument puissant pour inciter le chirurgien à ne pas craindre d’intervenir, môme lorsqu’il n’a presque pas de chance de se tromper en diagnostiquant une méningite suppurée^ Ce qui doit également l’encourager à opérer, c’est que le processus infectieux est d’abord localisé auprès du point osseux malade et (ju’une méningite suppurée circonscrite peut guérir après drainage ; récemment Jansen^ et Stewart* ont publié des cas de ce genre, où il fallut inciser la dure-mère pour évacuer une collection purulente, et les malades guérirent".
1. Krepuska (Soc. d'otol. et laryng. hongroise, 19 avril 1894, M’après Ann. des mal. de l’or, et du lar., 1895, p. 161) a publié un cas tout à fait analogue, chez un homme de trente-sept ans; céphalalgie, vertige, mydriase à gauche, titubation. Guérison. En discutant celte observation, Boeke a prétendu que les accidents de ce genre sont souvent justiciables de l’incision de Wilde, opinion qui nous paraît insoutenable.
2. Gluck [Arch. f. klin. Chir., 1883, 1. XXVHI, p. 556) a opéré dans un cas de ce genre; issue de pus; mort. — Voyez des observations analogues de Middlkton, Bi'it. med. Journ., 1890, t. I, p. 891; de .Mackay, Edinb. med. Journ., 1886, t. XXXll,
3. Jansen, Soc. d'otol. atlem., 1894, d’après Berl. kl. Woch., 189.3, p. 763. Incision d’un foyer de pachylepto-raéningite purulente circonscrite de la face inférieure du lobe temporal gauche. Aphasie passagère. Guérison.
4. W.-R.-Il. Stewart, Lancet, London, 9 juin 1894, t. I, p. 1447. Garçon de douze ans. Otorrhée à droite depuis un mois. Cessation de l’écoulement et début d’accidents cérébraux avec rétraction de la nuque. Trépanation de la fosse cérébelleuse, et après incision de la dure-mère, issue de deux cuillerées à café de pus. Trépanation de l’apophyse. Guérison. — Voyez aussi Baujigartex, Pester med. chir. Ivresse, 1894, t. XXX, p. 777.
3. Barker (Brit. med. -louni., London, 14 avril 1888, t. I, p. 777) croit avoir opéré avec succès un abcès méningitique de la fosse de Sylvius. Mais si Messier admet ce diagnostic, on est en droit de se demander, avec Bergmann, avec Kôruer, s'il ne s'agissait pas, en réalité, d’un abcès cérébral. D'ailleurs, et ce que nous dirons sur la genèse des abcès encéphaliques par contiguïté l’expliquera, il y a des intermédiaires entre la méningite suppurée circonscrite avec ulcération corticale et l'abcès
с. lrébral proprement dit. Ces abcès méningés ont été vus par Burkxer (Arch. f.
Ohrenh., 1883, t. XIX, p. 249, obs. III), par Bezoi.d 1884, t. XXI, p. 36,obs. VI).
Us ont été opérés dans certains cas avec succès. Dans le livre de Macewen, nous citerons les obs. X, p. 75 (garçon, neuf ans, guérison); XI, p. 77 (lillc, neuf ans et demi.
IMII.KRITIL UES SINUS UE LA ÛURE-MÈRE
iNousnavüiis pas voulu, jusqu’à présent, éludicr en détail les indications précises de l’intervention dans les otites compliquées de méningite; nous avons simplement cherché à faire voir qu’à coté de la foi me suiaiguë, contre laquelle nous sommes impuissants', il est des formes atténuées, dans leur virulence ou dans leur étendue, qui sont jusqu’à un certain point justiciables de notre action; nous avons dit, chemin faisant, que parfois l’évolution clinique ressemble de fort près à celle d’un abcès. Ces deux propositions doivent être retenues pour te moment où, dans une vue d’ensemble, nous chercherons à établir à quelles règles générales le chirurgien doit se conformer en présence d’une otite compliquée d’accidents encéphaliques. La conclusion que nous désirons tirer actuellement est la suivante : d’une manière générale, l’intervention opératoire est justiliée car, si elle n’améliore pas la méningite aiguë diffuse, au moins elle ne l’aggrave en rien, et si, au contraire, il s’agit de méningite subaiguë, elle peut procurer la guérison.