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II. — Phlébite des sinus

La participation des sinus de la dure-mère aux inflammations de l’oreille moyenne est loin d’être rare, et personne ne songera à s’en étonner, après avoir vu les rapports du sinus latéral avec l’apopbyse, du sinus pétreux supérieur et de la jugulaire avec les parois supérieure et inférieure de la caisse L Mais si la fréquence

mort); XII et XIII, pp. 78 et 79 (enfants de vingt-deux mois et de deux ans, guérison): LVII, p. 282 (garçon, onze ans, guérison).

1. Dean {Lancet, London, 1892, p. 230) a proposé la ponction des ventricules. Cette opération ne peut être que palliative; et d’ailieurs, si parfois il y a distension ventriculaire (voy. p. 271, l’observation de Corradi), d’ordinaire cela n’a pas lieu.

2. La phlébite des sinus est plus fréquente dans le sexe masculin d’après les relevés de Lebert (14 contre 3), de IIessler (33 contre 3), de J.vnsen (27 contre 7). .Mais cela n’est exact que chez l’adulte, et à cet âge les otites sont bien plus fréquentes chez l’homme. La plus grande fréquence à droite est nette dans les statistiques de Kôrner (44 contre 30), de Poulsen (7 contre 3), de Jansen (12fi contre 104); cependant IIessi.er trouve seulement 36 contre 33. Les conditions anatomiques qui expliquent cette prédominance — renconti'ée pour toutes les complications intracrâniennes des otites — ont été minutieusement étudiées par Kôrner {Arch. f. Ohrenh., 1889, t. XX VU, p. 126). — Comme travaux d’ensemble sur le sujet, avec bibliographie très étendue, consultez A. ap Forsei.les (d’Ilelsingsfors), Die durch eitrige Mitlelolu'enlzilndung verursachle Laleralsinus-thrombose, und deren operaliven Behandlung.

SA FREQUENCE RFJ.ATIVE

i de ces phlébites est notable, il est excessif de dire, avec Poulsen i que c'est une lésion constante lorsqu’une otite moyenne cause la I mort par complications intracrâniennes. A cette manière de voii‘ on doit faire immédiatement une objection : il s'agit là de cas abandonnés à eux-mêmes et ayant causé la mort. On ne j)eut donc rien en conclure sur les lésions initiales, et si cela démontre qu’à la période ultime la complexité des lésions est telle que le chirurgien doive désarmer, par contre, les succès assez nombreux obtenus dans ces dernières années par des opérations bien conduites, prouvent que souvent nous sommes en droit, cliniquement au moins, de considérer comme négligeable la phlébite associée aux abcès.

I Cette question préjudicielle, importante pour le moment où I nous parlerons du traitement des abcès, a perdu une partie de son intéi’èt depuis que nous savons nous attaquer directement aux sinus intracrâniens thrombosés, comme nous allons le dire en étudiant les cas les plus simples, ceux où la phlébite existe à l’état isolé, ou associée simplement à un abcès extradural.

Nous signalerons la rareté relative de la phlébite des sinus chez l’enfant = et de cela on donne volontiers comme explication, que dans le jeune âge l’apophyse est peu développée, en sorte que les connexions de l’oreille moyenne avec le sinus latéral sont heaucoup moins étendues qu’elles ne seront plus tard.

(Jue l’apophyse soit peu développée chez l’enfant, et surtout chez l’enfant du premier âge, le fait est incontestable ; que, d’autre part, la phlébite soit plus rare que la méningite chez l’enfant, le fait est encore certain, et sur les enfants que nous avons opérés ou autopsiés, nous n’avons rencontré que deux cas de thrombose du sinus latéral, tandis que nous avons enregistré plusieurs cas de ménin-

Kuopio, 1893. — A. Jansex, Erfalirungen über Ilirnsinus-thrombosen nach .Miltelühreneiterungen. Saminl. klin. Vorli'., 1893, u. F., n® 130.

1. Poui.SEX (No7-d. med. Ark., 1891, t. XXlll, û"® 8 et 15) relève, de 1870 à 1889, sur 10.159 décès, 28 cas de mort par lésion cérébrale, suite d’otite (8 abcès temporaux; 3 cérébelleux; 1 dans le cervelet et le lobe occipital). Dans tous ces cas, il y avait phlébite.

2. Le relevé de Jansen donne 1 sujets sur 31 nn-dessous de dix ans; celui de KônxEii (monographie citée, p. 40), 8 sur 43. Cela est peu, vu la grande fréquence des otites à cet âge. La plupart des cas s’observent de onze à trente ans.

PJILÊIUTE DES SINUS DE l,.\ DUUE-MÉIIE

gite. Pluêicurs fois cependant, môme chez de tout jeunes enfants, nous avons vu le sinus latéral largement à nu dans la plaie, après que nous avons eu enlevé à la curette tout l’os carié, enflammé, suppuré. Mais chez aucun de ces sujets le sinus n’était thrombosé, et il n existait pas de symptômes de pyohémie comme on en observe quelquefois chez l’adulte. C’est qu’il faut longtemps pour que la carie osseuse se complique de phlébite du sinus D’ordinaire, plusieurs années s’écoulent entre le début de l’otite et celui des accidents phlébitiques : il y a là une explication de la rareté relative chez l’enfant.

L’ostéite est l’intermédiaire à peu près obligé entre la phlébite des sinus et l’otite moyenne; en outre, presque toujours il y a mastoïdite, et l’infection frappe le sinus latéral h Ainsi, la filiation des accidents est la suivante : l’ostéite atteint toute l’épaisseur de la paroi de la gouttière latérale, et entre l’os et la dure-mère se constitue un abcès qui infecte le sinus. Alors a lieu la thrombose septique, avec ou sans suppuration intraveineuse, oblitérant le sinus jusqu’au pressoir d’Hérophile, et la veine jugulaire au cou sur une longueur variable. On a noté la communication directe de la cavité du sinus perforé avec celle de l’abcès extradurale

L’existence de cet abcès extradural est presque constante, mais Arbuthnot Lane va un peu loin en déclarant qu’elle est constante. Certes, sur les 10 interventions dont il a publié les résultats en août 1893, toujours il l’a constatée, mais on ne saurait fairé table rase des autopsies où il est expressément noté que la propagation

1. Nous ferons reuiarc[uer cependant que, parmi les complications des otites, la thrombose du sinus est celle qui est la moins rare au cours des otites aiguës avec mastoïdite aiguë. Ces cas sont évalués à 15p. 100 (A. af Forselles\ l‘J p. 100, (A. Robin) et même 26 p. 100 (Hessler) du total.

2. 11 peut aussi y avoir infection directe du bulbe de la jugulaire par carie de la caisse, surtout s’il y a en ce point une « déhiscence » spontanée de la paroi osseuse. Voyez, par exemple, des observations de Holst, BuncKNEu [Arch. f. Ohreiih., 1883, t. XIX, p. 246, obs. II), Jacobson [Ibid., 1884, t. XXI, p. 304, obs. Xlll). — Voyez sur ce sujet les recherches anatomiques de Kornbr, Arch. /. Ohrenh., 1890, t. XXX, p. 236.

3. Syme a rapporté un fait d’hémorrhagie provenant du sinus pétreux supérieur : ou avait cru à une ulcération de la carotide interne, et la ligature de la carotide primitive avait été pratiquée, naturellement sans succès. (Cité par Gido.n, Th. de doct., Paris, 1877, n» 191).

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