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SYMPTOMES DE LA PHLÉDITE DU SINUS LATÉDAI

nous avons relaté l’iiisloire il y a un instant (obs. XTX), il existait des symptômes graves de méningite el que nous trouvâmes, comme lésion prédominante, une petite collection séro-sanguinolente entre la gouttière latérale et son sinus.

A ces symptômes viennent s’ajouter, avec une rapidité variable, ceux de l’infection du sinus, d’abord insidieux, puis nets. La céphalalgie devient plus intense, puis s’établit un sentiment de malaise avec nausées, souvent avec vomissements; enfin apparais- i sent des symptômes caractéristiques, les oscillations thermiques | brusques et les frissons. C’est qu’alors dans nombre de cas, et i abstraction faite des signes locaux dont nous nous occuperons plus i loin, le tableau général est avant tout celui de la pyohémie', avec i délire quelquefois, avec symptômes divers d’excitation cérébrale’, j Il n’est pas rare, surtout lorsque l’évolution est rapide, qu’il n’y ait pas de signes spécialement révélateurs de l’occlusion du sinus latéral. Gowers insiste sur ce fait et montre qu’alors les symptômes | relèvent plutôt de la méningite concomitante ou de la pyohémie.

Le chirurgien doit donc savoir que la marche de la température, ( son élévation soudaine associée aux frissons répétés, restent les j meilleurs signes de la thrombose des sinus. i

Cependant, lorsque la marche n’est pas trop aiguë, surviennent | progressivement de nouveaux symptômes qui assurent le diag- ; nostic.

La coagulation descend dans la jugulaire, souvent jusqu’à l’cm- jl bouchure du tronc thyro-linguo-facial et même jusqu’à la base du i l cou; de là une gêne des mouvements du cou, une raideur de la il nuque, et la palpation fait sentir sous le bord antérieur du sterno- i| mastoïdien un coj’don dur et douloureux. Ln degré de plus, et les ganglions voisins s engorgent, le tissu conjonctif s’œdématie, I s’enflamme et même suppure’, la peau rougit. A cette période, la <1

1. D’après Kôbneh, chez l’enfant, l’allure pyohémique est plus rare que chez ■

l’adulte Cela concorde avec ce que nous avous observé. Par contre, r’all'ection pren- ■ drait volontiers le masque de la méningite. ■

2. ScHWAHTZE [Arch. f. Ohrenh., 1872, t. VI, p. 223) a môme noté des secousses

convulsives dans les membres. ■

3. Cette suppuration périvcineuse au cou est constatée dans des observations de ■

Kessel, Schwarlze, Stacke, Virchow, Wagenhiluser, Beck, Kuapp, Makins. I

JMlUiltlTE DE LA .lUGULAIHE

niKjue est raidie eu extension. En môme temps la gône de la circulation veineuse se traduit par de l’œdème de la face, par des étourdissements et des vertiges. Enlin les nerfs spinal, pneumo-gastrique et glosso-pharyngien peuvent être compi-imés dans le trou déchiré postérieur par le tronc veineux augmenté de volume, ou atteints de névrite par propagation \

Un autre symptôme important de la phlébite des sinus est la névrite optique, constatée même chez des malades opérés avec succès ^

Avec le sinus latéral, l’infection atteint quelquefois la veine mastoïdienne. Alors la région auriculaire s’œdématie, quelquefois suppure; la pression au point d’émergence de la veine est douloureuse, et l’analogie est notable avec un abcès mastoïdien, quoique d’après W.-Il. Bennett'' la douleur à la pression siège au bord postérieur de l’apophyse. Mais ce diagnostic n’a qu’un intérêt secondaire puisque, dans un cas comme dans l’autre, la trépanation de l’apophyse s’impose d’urgence.

Lorsque la phlébite occupe la jugulaire dans le triangle maxillopharyngien, avec participation des ganglions et du tissu conjonctif, un diagnostic assez intéressant est à établir avec la mastoïdite de Bezold. C’est une mastoïdite dans laquelle l’abcès, au lieu de se collecter dans la région rétro-auriculaire, se constitue à la face interne de la pointe, vers la rainure digastrique, et remplit alors le triangle maxillo-pharyngien. Ce siège, d’ailleurs, n’est pas

1. La compression et la névrite du pneumogastrique, notées par Stacke et KBETSciniAN.N {Afch. f. Ohrenh., 1883, t. XXII, p. 232, obs. J), Kessel {Dissert, inaug., Giessen, 1886), Beck {Deutsche Klinik, Berlin, I8G3, p. 170) se traduisent par de la raucité de la voix, de la dyspnée, du ralentissement du pouls (42 pulsations dans un cas de Kessel), et même par la mort presque subite (Beck). Par altération du spinal, on a noté les convulsions du sterno-masto'idien (Wredex, Arch. f. Augen- tind Ohrenh., t. 111, fasc. 2, p. 97). Au glosso-pharyngien, on peut rapporter la gêne de la déglutition ;^Beck), la paralysie du voile du palais (Ludewig, Arch. f. Ohrenh., 1890, t. XXX, p. 208). L’innaiimiation se propageant plus loin, jusqu’au trou déchiré antérieur, Beck, Kessel ont même noté la déviation de la langue du côté sain, par paralysie de l'hypoglosse.

2. D'après N. Pm {toc. cü., p. 647), elle y serait même plus fréquente que dans les méningites et abcès non accompagnés de thrombose.- Mais d'après Fohselles [toc. cit., p. 74) elle serait assez rare dans les cas non compliqués de méningite.

•'1. W.-H. Bennett, Lancet, London, 1893, t. 11, pji. 619 et 1001. — GniEsiNOEn a signalé I endénie rélroinaslo'i'dicn.

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