PHLÉBITE DES SINUS DE LA DURE-MÈIŒ
une fois vidé le foyer initial, continuer à entretenir des accidents pyohémiques. Il reste encore, il est vrai, une ressource ; sa suppura- ' tion localisée, justiciable de l’incision simple au cou, et il est bien probable qu’il faut interpréter ainsi une observation où Makins', après avoir ouvert un « ganglion » abcédé, vit bien la carotide et le pneumogastrique, mais ne put trouver la jugulaire : ce prétendu ganglion était peut-être le segment supérieur de cette jugulaire.
Ces guérisons ne suffisent pas à nous convaincre, que ces interventions, où l’on n’agit pas directement sur le sinus, soient en principe les meilleures. On ne publie guère — à la fois en raison de leur banalité et parce que les décès font mauvaise figure dans les publications — tous les cas où la thrombose abandonnée à elle- ^ même, après trépanation simple de l’apophyse, a causé la mort*.
11 est ordinaire, dans ces conditions, de voir les accidents persister, et en fait, malgré les exceptions heureuses que nous venons de signaler, la thrombose du sinus est une complication qui ne pardonne guère.
Nous ne saurions donc conseiller de s’en tenir à la trépanation de l’apophyse lorsque, cliniquement ou par les constatations faites au cours de l’opération, on reconnaît l’existence d’une coagulation septique dans le sinus latéral.
1. Makins, Lancet, London, 6 juin 1891, t. I, p. 12S9,obs. 1. Fille de onze ans, otorrhée, vomissements, frissons, céphalée; abcès rétro-auriculaire bilatéral. Au troisième jour, incision de l’abcès. A droite, évidement de l’apophyse, friable, dure-mère mise à nu. Après avoir ouvert un ganglion abcédé, on voulut lier la jugulaire interne, mais on ne la trouva pas; quoiqu’on ait vu la carotide et le pneumogastrique; on supposa donc qu’elle avait été détruite par la suppuration. Drainage. Guérison. La même constatation a été faite dans un cas de W.-H. Bennett, Lancet, 1893, t. Il, p. 619. Obs. IL Femme, vingt-sept ans; otorrhée depuis l’âge de deux ans. Depuis huit jours, accidents infectieux. Le 20 mars 1891, trépanation de l’apophyse; le 26 mars, ouverture large de la caisse. Le 28 mars, ligature de la jugulaire et désinfection du sinus. Guérison.
2. Voyez par exemple des faits de : Eysell {A7’ch. /. Ohrenh., 1873, t. \1I, p. 206), Haberjiann {Ibid., 1881, t. XVIII, p. 87), Heibero {toc. cit., pp. 101 et 103), IIedixgeh [Zeitsekr. f. Ohrenh., 1884-85, t. XIV, p. 47), Kretschmann {Arch. f. Ohrenh., 1886, t. XXIII, p. 222), Levy [Centr. f. klin. Med., Wien, 1890, p. 66), Macewen {loc. cit., pp. 271 et 275), Keinhardt et Ludewig {Arch. f. Ohrenh., 1889, t. XX\H, p. 213), Schubert {Ibid., 1885, t. XXII, p. 67), Wagenuæuser {Ibid., 1888, t. XXM, p. 18), Moos {Zeitschr.f. Ohrenh., 1894, t. XXV, p. 207), Sciimieoei.of {Arch.f. Ohrenh., 1888, t. XXVI, p. 92), Bennett {Lancet, 1893, t. Il, p. 619, obs. 1), Gruening {Trans. of the amer. otol. Soc. New., Belfort, 1893, t. V, 3“ partie, p. 419).
OPKnATIONS INTIlAVlilNEUSES
D'abord, et ce que nous venons do dire do notre pratique personnelle le conlirino, on a appris, à mesure que se multipliaient les trépanations de la mastoïde, que la dénudation des sinus n’avait aucune espèce de gravité, si l’opération était conduite antiseptiquemeut; on savait d’aillenrs depuis plusieurs années ([uo, malgré l’opinion naguère encore classique, il eu est ainsi pour tous les gros troncs veineux. Ensuite, en ouvrant l’apophyse il est arrivé à d’assez nombreux chirurgiens d’entrer dans le sinus et cette complication, autrefois mortelle, a été conjurée avec succès, dans maintes circonstances, par un tamponnement à la gaze iodoformée.
Donc, aborder largement le sinus latéral, l’ouvrir même, il n’y a plus de quoi faire trembler les chirurgiens modernes : de là à chercher l’isolement et la désinfection des sinus atteints par la thrombose septique il n’y avait qu’un pas, et ce pas a été franchi il y a quelques annés.
Zaufal (de Prague)' est le premier qui, en 1880, ait proposé d’agir de la sorte, de drainer le sinus infecté et de couper la route aux embolies en liant la jugulaire au cou, au-dessous du thrombus. En 1884 -, il mit à exécution la première partie de ce programme. En 1880 Horsley^ conseilla encore une fois de le réaliser en entier. Puis, en 1888, A. Lane* opéra de la sorte, mais publia ce fait seulement en 1890, lorsqu’avec Ballance ",