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DIAGNOSTIC AVEC LA MÉNINGITE, LA PHLÉBITE

symptômes des abcès cérébraux acquièrent de l’importance. Parmi ces signes, retenons principalement rhyperlhermic vespérale, avec recrudescences parallèles de la céphalalgie et des divers signes cérébraux : alors surtout, l'examen de l’oreille s’impose.

La maladie de Ménière olï're un syndrome symptomatique fort analogue à celui des abcès cérébelleux. On ne s’y trompera que s’il existe une otite moyenne suppurée. Mais alors l’erreur semble bien difficile à éviter. Dans ces conditions, Czerny a opéré un malade : et il est à remarquer, qu’en deux mois, la trépanation de l’apophyse a abouti à la cessation des symptômes*.

C’est tout ce que nous dirons sur le diagnostic différentiel des complications intracrâniennes des otites, envisagées en bloc, et des accidents cérébraux non auriculaires. Là n’est pas la difficulté, mais d’ordinaire, dans la pratique courante, la question se pose en sens inverse. On sait qu’il existe une otorrhée plus ou moins ancienne, compliquée depuis un temps variable d’accidents fébriles et cérébraux plus ou moins accentués, et on doit alors se demander :

1“ Y a-t-il un abcès, une thrombose, une méningite, ou tout simplement une rétention d'e pus dans l’apophyse?

2° Si l’on conclut à l’existence d’un abcès, est-il cérébral (et dans quel lobe siège-t-il), cérébelleux ou extradural?

1“ Diagnostic entre l'abcès et les autres complications de r otite moyenne suppurée chronique. — Il faut déterminer avant tout si l’on est en présence d’une complication méningo-encéphalique I définitivement constituée ou de ces accidents, peut-être simplement réflexes, que nous avons étudiés en parlant des méningites bénignes non suppurées.

Cette question est fort délicate à résoudre, peut-être même impossible dans bon nombre de cas. Certes, on ne s’y trompera pas * SI on constate une paralysie localisée caractéristique d’un abcès, une solidification de la jugulaire au cou, pathognomonique d’une : phlébite. Mais la netteté des symptômes n’est pas toujours aussi '.grande, loin de là! Et à supposer qu’on puisse éliminer à coup ^sûr abcès et phlébite, est-ce une méningite ou pseudo-méningite

' 1. Beck, Beilr. z. klin. Chir., Tubingen, 1894, t. XII, p. 73.

UKOCA ET MAIIUHAC.

AnCÈS ENCÉPHALIQUES D’ORIGINE AURICULAIRE

bénigne cl curable, ou au contraire une méningite suppurée, fatalement mortelle? Diagnostic souvent impénétrable.

Pour la phlébite, les erreurs seront relativement rares, car elle provoque d’ordinaire un syndrome clinique assez accentué Mais pour la méningite, on ne peut guère se fonder que sur l’évolution : début brusque, allures aiguës, hyperthermie intense, irrégularités du pouls et de la respiration, cette dernière prenant volontiers le type de Cheyne-Stokes. Ces symptômes, toutefois, peuvent fort bien s’observer au cours d’un abcès cérébral, et surtout d’un de ces abcès pendant longtemps latents, puis se révélant brusquement, par des accidents mortels en quelques jours.

Latents, le sont-ils aussi réellement qu’on le dit quelquefois? La chose n’est pas prouvée, et il semble bien, au contraire, que le malade ait d’ordinaire présenté depuis un temps variable, à intervalles irréguliers, ces crises de céphalalgie, cette inaptitude au travail, ce changement de caractère, ces hyperthermies vespérales légères sur lesquelles nous avons déjà attiré l’attention à diverses reprises. Mais ces symptômes souvent sont méconnus parce qu’on ne les constate que si on songe à diriger spécialement l’interrogatoire en ce sens.

Ce n’est pas tout, et la simple rétention du pus dans la caisse ou dans l’apophyse masque dans certains cas un abcès cérébral à symptomatologie fruste. L’un de nous s’est trompé dans un cas de ce genre et un de ses opérés d’abcès mastoïdien est mort d’un ancien abcès cérébral méconnu. Nous ajouterons, pour son excuse, qu’il s’est trompé en bonne compagnie, et quand on parcourt les publications relatives aux complications intracrâniennes des otites, on relève des erreurs dues aux maîtres les plus experts en neurologie et en otologiek

1. Il faut se souvenir cependant que dans plusieurs cas de phlébite traités chirurgicalement, on avait d’abord exploré le cerveau par la ponction (Pritchard et Cheatle, Salzer). L’erreur avec un abcès est à peu près inévitable quand il n’y a ni les signes de la distension veineuse ni ceux de la pjmbéinie. Chez l’enfant, Kôrner fait remarquer que souvent la phlébite prend le masque de la méningite aiguë.

2. Nous pouvons, outre les observations citées en divers endroits de ce chapitre, signaler les suivantes, où ont été commises des erreurs de diagnostic : G. Marchant, Sem. mécL, Paris, 28 juin 1893, u“ 40, p. 314; Ghu'ault, Bull, de la Soc. anal., 1888, p. 836; Kretscmhann, Milnch. mcd. Woch., 1893, p. 345; Annandale, Edinb. med, Journ., 1894, t. XXXIX, 2o partie, p. 901. Dans la discussion récente à Y Association médicale britannique sur les complications intracrâniennes des otiles {Brit. med. Joui'n., 1893, t. 11, p. 1229), Luc, D. Grant ont cité des cas analogues au nôtre.

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