ABCÈS EXTRADURAUX D’ORRRNE AURICULAIRE
tivemeiit ce qui se passe au cours des opérations sur l’apophyse; si, selon une règle formelle, on trépane la masloïde et on l'évide aussitôt qu’on y constate un abcès ou une fistule. Alors, dans les cas chroniques, il n’est pas exceptionnel qu’après avoir enlevé tout l’os enflammé et friable, on mette à nu la face externe de la duremère, fongueuse et suppurée. C’est là le premier stade, et par l’intervention précoce on prévient presque toujours les infections plus profondes.
La face postérieure du rocher est le siège le plus fréquent de ces décollements de la dure-mère par des fongosités ou par une collection purulente proprement dite. Puis vient le toit de la caisse; plus rarement la face antérieure.
Lorsqu’on laisse évoluer la lésion jusqu’à ce que se collecte un véritable abcès, des signes fonctionnels nouveaux peuvent venir se surajouter aux symptômes de l’otite moyenne et de la mastoïdite : fièvre, douleurs de la région temporo-mastoïdienne, accidents de compression intracrânienne. Ces derniers, souvent absents, paraissent survenir plus volontiers chez l’enfant que chez l’adulte *. Ils consistent en somnolence, vomissements, quelquefois avec ralentissement du pouls, hémiplégie croisée, troubles de la parole.
Ainsi, l’abcès extradural petit et isolé se perd dans la symptomatologie de l’otite chronique grave, avec mastoïdite le plus souvent. Développé en une poche volumineuse, il peut simuler complètement un abcès encéphalique, avec lequel d’ailleurs il coexiste assez souvent.
1. Nous citerons les quelques exemples suivants : Southam, Med. Chronicle, nov. 1889, p. 107. Fille de quatorze ans, otorrhée ancienne. Sans symptômes mastoïdiens, sauf de la douleur à la pression, accidents graves : T. 40®, P. 120, hébétucle, cécité de l’œil droit. Trépanation de l’apophyse ; évacuation d’une poche extradurale, guérison. — Workmann, Glasgow med. Jouni., août 1887, p. 131. Garçon de dix-huit ans; coma, aphasie, convulsions limitées à la face; trépanation à 3 centimètres audessus du méat; guérison, mais avec persistance de l’otorrhée. — Stimsox, New-York med. Journ., 30 mai 1891, t. 1, p. 630. Homme de trente-neuf ans; convulsions généralisées; aphasie. Guérison. — On conçoit donc qu’il puisse être facile de méconnaître, après ouverture d’un abcès extradural, un abcès encéphalique ultérieurement constaté à l’autopsie. Gelaestarrivé, par exemple, àScuwARTZE(.-l rc/i. f. Ohreiih., 1889, t. XXVlI,p. 206, et 1889-1890, t. XXiX, p. 161, obs. V), à Bkroer (cité par Laurent, Journ. de méd. de Bruxelles, 1891, p. 230).