‹ Traité de chirurgie cérébraleChapitre 153 sur 305 · NÉCESSITÉ D’UN PHOCÉDÉ ADAPTÉ A TOUTES [,ES I.ÉSIONS · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ D’UN PHOCÉDÉ ADAPTÉ A TOUTES [,ES I.ÉSIONS

siniplomenl iiuitilo. Mais les faits sont assez nombi’eux où, après cette intervention, on a vu guérir des malades que l’on croyait atteints de méningite suppurée ou d’abcès cérébral

Admettons maintenant qu’il y ait un loyer de paebyméningite externe purulente, avec ou sans abcès proprement dit : presque toujours en regard de ce point nous Irouvei’ons l’os dénudé, friable, et de proche en proche, sans allonger ni aggraver l’opération, nous serons conduits jusqu’à une lésion volontiers latente cliniquement, à son premier degré tout au moins.

Soit encore une phlébite commençante du sinus, infecté par une suppuration qui baigne sa face externe. Elle provoque des phénomènes de fièvre, de céphalalgie, mais il n’y a ni thrombose de la jugulaire, ni œdème par gêne de la circulation, ni accidents pyobémiques ^ Exactement comme pour l’abcès extradural du cas précédent, la trépanation de l’apophyse permettra, de proche en proche, une intervention radicale ; et cette intervention pourra souvent être efficace sans être poussée, si l’on agit de bonne heure, jusqu’à l’ouverture du sinus, mais en se bornant à évacuer le pus qui entoure ce sinus’.

Enfin, nous avons dit qu’assez souvent plusieurs lésions sont associées, que surtout la phlébite coexistait souvent avec les abcès extraduraux ou encéphaliques, avec les abcès cérébelleux en particulier. Et qu’on n’aille pas mettre ces faits hors du débat, comme incurables : il sont d’un pronostic mauvais, sans doute, mais non fatal. Maeewen en particulier a opéré quelques cas de ce genre et a

2. Ainsi dans les observations de Salzer (voy. p. 298), de Piutciiaiu) et Ciieati.e (voy. p. 307) le chirurgien explora d'abord le cerveau et se porta ensuite vers le sinus, qu'il trouva plein de pus. De même Hodsdon, dans un cas publié par A.-G. Mii.LEn, {Edinb. med. Jour., 1894, t. XXXIX, 2° parlie, p. M21), chez un homme de vingt-six ans, qui d’ailleurs succomba. — KniEDENWAi.n, Arch of otol., New-York, 1891, t. XX, p. 1), chez un homme qui mourut également. — Weioei., Inatig. DisserL, léna, 1891. Deux cas mortels où l'on a l'ait la ponction exploratrice du cervelet. Dans l'un îles deux, le sinus avait été incisé trois semaines auparavant. Inversement Murray {Dril. med. Joiam., 1895, t. 1, p. 9, obs. 111) trépana l’antre dans un cas où existaient des signes de thrombose du sinus, mit à nu le sinus qu’il n’ouvrit point et deux jours après draina un abcès cérébelleux, en agrandissant la première brèche. Guérison.

3. Voyez les observations de Sciiondoref, Arch. f. Idin. Chir., Berlin, 1883, t. XXXI, p. 316; et de Ceci et Oxetti, null. d. r. Accad. med.di Genova, 1886, t. Il, p. 133.

LES DIVERSES EOMPUCATIONS DES OTITES

obLenii plusieurs succès remarquables. TaulôLil a opéré, surtout au début de sa pratique, en ouvrant le crâne par une seconde trépanation; tantôt au contraire, comme nous le conseillons, tout a été fait en une séance, par voie mastoïdienne’.

Ainsi, la trépanation apophysairc convient seule aux complications autres que les abcès; pour les abcès ordinaires, temporaux et cérébelleux, elle est anatomiquement préférable aux autres procédés conseillés; elle est en outre la seule qui permette de passer du cerveau au cervelet sans nouvelle trépanation, qui permette aussi d’opérer en un seul temps diverses lésions associées. Enfin, il est toujours indispensable de la pratiquer, car, en tout état de cause, il faut désinfecter le foyer morbide initial, c’est-à-dire l’oreille et l’apopbyse.

Cette dernière assertion, il est vrai, est combattue par Barr®. Pour cet auteur, la trépanation de l’apophyse offre par elle-même des dangers, surtout elle expose à la blessure du sinus latéral ; de plus, dans le cas spécial d’un abcès encéphalique, elle a l’inconvénient de soumettre le crâne à des ébranlements capables de provoquer la rupture de l’abcès dans les méninges ou les ventricules.

Or, après une pratique étendue, puisque cent cinquante fois nous avons porté la gouge dans l’apophyse et dans la caisse, nous affirmons que ces objections ne sont pas fondées. Jamais nous n’avons blessé le sinus; trois fois seulement, dans des cas où les lésions étaient très avancées, nous avons coupé le nerf facial ; un seul des

1. Dans le livre de Macewen, nous relevons en particulier les observations suivantes ; Obs. VII (p. 69). Homme trente-six ans; abcès extradural avec lepto-méningite circonscrite de la face inférieure du lobe temporal; guérison, — Obs. XX (p. 116). Homme, trente-deux ans. Thrombose du sinus, abcès extradural, suppuration et néerose du lobe temporal en masse; mort en six jours. — Obs. XXVII. Garçon, neuf ans; le 28 janvier, ouverture d’un abcès extradural de la fosse cérébelleuse; le 6 février, par agrandissement de la brèche mastoïdienne, ouverture d’un abcès temporal; guérison. — Obs. XXXVH (p. 203). Homme, cinquaute-deux ans ; désinfection de l’apophyse et du sinus ; quelques jours plus tard, trépanation pour un abcès du cervelet; guérison. — Obs.XXXVIH (p. 207). Homme, vingt-neuf ans ; en uu seu temps et par voie mastoïdienne, désinfection de l'apophyse et du sinus, drainage d’un abcès cérébelleux, guérison. — Obs. XXXIX (p. 209). Homme trente-huit ans ; abcès extradural et abcès cérébelleux; sinus mis à nu mais non ouvert; voie mastoïdienne; guérison. — R. -H. Wood {Brü, med. Journ., 16 novembre 1895, t. H, p. 123), relate un cas analogue terminé par la mort.

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