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BHOCA ET MAUBRAC.

SYMPTOMES DIEFIJS DES TUMEURS INTRACRANIENNES

meltenl d’établir le diagnostic de l’existence de la tumeur, tandis que les seconds permettent de soupçonner son siège.

Nous allons passer en revue ces symptômes l’un après l’autre, pour lâcher de déterminer dans quelle mesure leur connaissance intéresse le chirurgien. Nous ne chercherons pas à établir un diagnostic différentiel, qui ressortit plutôt an médecin*, mais à montrer seulement quelle est, au point de vue opératoire, la valeur de ces symptômes.

r Symptômes diffus. — Ces symptômes sont la céphalalgie, les convulsions généralisées, les vomisssements, le vertige, la stase papillaire souvent accompagnée de cécité progressive, les altérations de l’intelligence^ la faiblesse musculaire générale, les crises de perte de connaissance, le ralentissement du pouls, les troubles thermiques.

On peut dire, avec Byrom-Bramwell, que dans leur ensemble ces symptômes sont plus accentués pour les tumeurs qui siègent sous la tente du cervelet : elles se trouvent plus rapidement à l’étroit, elles compriment bientôt les masses pédonculaires et le bulbe, enfin elles gênent toujours la circulation de la veine de Galien, et de là une hydrocéphalie à la fois externe et ventriculaire, d’ordinaire bien plus précoce et bien plus intense que celle dont s’accompagnent les tumeurs du cerveau proprement dit.

Voyons maintenant ce que nous enseigne chacun des symptômes que nous venons d’énumérer.

1° La céphalalgie, qui s’accompagne volontiers d’une grande dépression morale, est un symptôme à peu près constant; d’intensité variable, elle peut devenir assez violente pour rendre le malade fou, pour le pousser au suicide. C’est dire que nous serons en droit d’entreprendre des opérations pour faire cesser des souffrances souvent atroces.

Mais cette douleur n’a qu’une valeur très faible pour la détermination du siège de la tumeur : elle peut, en effet, être étendue à

1. Voy. p. 94. — Pour lc.s difficultés du diagnostic entre l'hystérie et une hinicur cérébrale, voyez en particulier des observations de Bouisson, liulL Soc. aiiat., Paris, 1890, p. 27 de SCiiôntual, BerL kl. Woch., 1891, p. 2o4; une leçou de Gii.\NciiEit, Bull, méd., Paris, 1894, p. 849,

VOMISSKMENTS, VERTKiES, NÉVIUTE OPTIQUE

toute la lûte, et quand elle est limitée, souvent elle occupe un point éloigné de la tumeur.

D’après Oppenheim*, d’après Bergmann, la sensibilité à la pressio7i serait plus importante à constater, mais c’est encore un symptôme très infidèle.

2“ Les voînissejyicnts sont habituels. Leur spontanéité, leur j)ersistance, leur facilité ordinaire sont caractéristiques d’une lésion encéphalique. Ils semblent plus fréquents dans les tumeurs du mésocéphale, dans celles du cervelet en particulier, mais ils accompagnent trop souvent les autres tumeurs pour qu’on puisse leur accorder une valeur localisatrice réelle, à moins qu’ils no soient spécialement intenses, et surtout associés à d’autres signes cérébelleux.

3" Le vertige prête aux mêmes considérations. Commun à des affections cérébrales très variées, il est de peu d’importance. Lorsqu’il est excessif et accompagné d’incoordination motrice, il porte à diagnostiquer plutôt une affection du mésocéphale.

Dans quelques cas, le vertige paraît dû à une paralysie oculomotrice.

Le vertige bien marqué, la surdité unilatérale et la paralysie des divers nerfs crâniens, unis aux autres symptômes généraux dus à une tumeur intracrânienne, indiqueraient une tumeur de la base ( Byrom-Bramwell) .

4“ La névrite optique est un symptôme tout à fait banal des tumeurs intracrâniennes ; tous les neurologistes sont d’accord sur ce point. Mais pour être bien fixé sur sa fréquence réelle, il convient de la rechercher de parti pris, car souvent, au début, elle existe sans provoquer de troubles appréciables de la vue. D'après Powers, elle accompagne 80 p. 100 des tumeurs du cerveau, et elle est presque constante dans les tumeurs du cervelet ; mais elle est d’ordinaire absente dans les tumeurs du bulbe, ce qui semble tenir surtout à ce que ces tumeurs causent rapidement la mort, avant d’avoir provoqué, par leur volume, une augmentation notable de la tension intracrânienne. Un travail récent de Taylor * aboutit â

1. Oppenheim, Arch. f. Pstjch., Berlin, 1889, t. -\X1, pp. SGO et 70o; 1890, t. XXII, p. 27,

2. Tayi.ok, Havveian Soc, of London, d’après Lancet, 28 avril 189.‘i, t. 1, p. 1071.

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