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LA TUMEUR FAIT SAILLIE A L’EXTÉRIEUR

chirurgie cérébrale, jusqu’au jour où nous avons élé armés de l’antisepsie et des localisations cérébrales. Et à partir de ce momept, la chirurgie des tumeurs n’est venue qu’aprôs celle des lésions traumatiques, des abcès.

Nous ne parlerons, eneiïet, ni des tumeurs du crâne ayant envahi les méninges, le cerveau même,, ni des tmneurs des méninges atteignant l’os susjacent et bombant au dehors. La modification visible et tangible nous permet d’intervenir alors dans des conditions cliniquement très spéciales et depuis assez longtemps connues.

Ces faits méritaient toutefois d’être rappelés ici ; c’est grâce à eux que l’on a appris combien pouvait être aisément supportée une brèche énorme faite à la voûte osseuse et à la dure-mère sous-jacente ; et ils ont également servi à démontrer que les malades pouvaient guérir après une exérèse intéressant le cerveau envahi.

L’intérêt historique de ces faits est donc réel, et c’est d’eux que nous devons rapprocher, en somme, bien plutôt que des tumeurs du cerveau, l’observation de Durante que l’on donne, en général comme un des premiers cas de chirurgie cérébrale. La malade de Durante*, en effet, portait une tumeur orbitaire manifeste, avec exophthalmie. A l’opération, il fut constaté qu’elle venait de la duremère, et pour l’enlever, il fallut aller jusqu’à la selle turcique et l’apophyse crista galli. Ce n’est pas là, à vrai dire, de la chirurgie cérébrale, mais l’attaque d’une tumeur intracrânienne, devenue extracrânienne en partie. 11 est tout à fait exceptionnel qu’une tumeur partie du cerveau ou tout au moins l’intéressant d’une manière notable vienne faire au dehors une saillie, d’où un signe physique extérieurement appréciable qui appelle l’action chirurgicale. La chosea été notée pourles lésions tuberculeuses*. Pour les tumeurs malignes, l’un de nous a observé une fillette chez laquelle une tumeur, dont la récidive a prouvé la malignité, faisait à la racine du nez, à travers une perforation congénitale, une saillie simulant une encéphalocèle*.

J 1. Durante, Trans. of lhe intern. med. Congr., Washington, 18S1, t. 1, p. 571. La } malade, opérée en mai 1884, fut présentée à l'Association chirurgicale italienne en octobre 1884. En 1887, elle se portait très bien.

2. Voy. pp. 421 et 422 les obs. de Gusskniiauer, de Hootii et Curtis.

3. Nous rapprocherons de cela le cas de Ukaver et Miu,s [Journ. of nero.and menl.

TllAlTEMENT DES TUMEUDS INTUACUANIENNES

OnsERVATiON XXIV. — Fibrosarcome méningo-encéphalique faisant saillie

à travers un orifice congénital du crâne. Deux extirpations., récidive. —

(A. Bhoca, inédite.)

Dur... Marthe, âgée de trois ans, est amenée le 11 septembre 1893 à l’hôpital Trousseau.

Cette enfant, dont les antécédents héréditaires sont nuis, n’a présenté uisqu’en mai dernier aucun trouble morbide, sauf que depuis sa naissance elle portait à la racine du nez une tumeur dont le développement semble avoir été proportionnel à celui du reste du corps. En mai 1893, puis en juillet, sont survenues des convulsions qui auraient été localisées au côté gauche du corps, aux membres.

Actuellement, il existe une tumeur oblongue, qui commence en haut un peu au-dessus de la ligne sourcilière, et qui occupe les deux tiers supérieurs du dos du nez. Cette tumeur est ovoïde, à grosse extrémité située en haut et à gauche; de ce côté, elle empiète sur la paupière supérieure. La petite extrémité est en bas et à droite. La tumeur fait un relief très accusé et partout, sauf en haut, présente des contours très distincts; elle a 4 cent. 1/2 de haut sur 3 centimètres de large. La peau qui la recouvre paraît à peu près normale ; elle est seulement un peu plus rosée que celle du reste de la face.

A la palpation, la tumeur paraît lobulée, divisée en deux masses au moins par un sillon perpendiculaire au grand axe. Sa consistance est uniforme, assez molle, mais non fluctuante. La lobulation se dessine mieux et la consistance paraît augmenter quand l’enfant pleure, mais il n’y a pas de réductibilité. On sent très nettement sur le bord de la tumeur que les os propres du nez, non soudés, se sont écartés pour lui livrer passage et il semble y avoir disjonction de la suture médio-frontale à sa partie inférieure. Les orbites, anormalement écartées, sont distantes de 3 cent. 1/2 entre les angles internes des yeux.

Vue à jour frisant, la tumeur présente des battements.

A droite, il y a du strasbisme interne, et du larmoiement fréquent.

Le nez est normal à sa partie inférieure, l’odorat est conservé.

Le front est très bombé et sur la ligne médiane, à 3 centimètres audessus de la tumeur, existe une petite masse arrondie, mobile, grosse comme un pois.

dis., New-York, 1892, p. 638) où chez un garçon de onze ans existait une tumeur pulsatile à travers un petit orifice, à gauche de la protubérance occipitale; les battements diminuaient par compression des carotides. Après agrandissement de l’orifice crânien, ponction de la tumeur; quand on retire l'aiguille, hémorrhagie qu'on arrête par la compression. Ultérieurement, ligature inefficace de la vertébrale gauche. Mort au bout de quelques mois. A l’autopsie, gliome du cervelet et du 4“ ventricule, ayant envahi le sinus longitudinal supérieur. Hydrocéphalie ventriculaire.

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