POINTS OSTÉOLOGIQUES DE LA VOUTE DU CKANE
SERVANT A EA DÉTERMINATION DES LIGNES DE REPÈRE EN TOPOORAPIIIR CRANIO-CÉRÉBRALE.
(Figures dessinées d’après P. Broca, Instructions crdniologiques et crâniométriques, Paris, G. Masson, 1873).
Les points singuliers sont représentés sur ces figures par des numéros, les sutures par des capitales, les crêtes et saillies par des italiques.
Points singuliers. — La lecture des numéros doit se faire d’abord sur la KiouRE20,oùils sont rangés régulièrement en tournant de gauche à droite autour du profil de la face et du crâne. On s’y reportera très facilement aux points singuliers d’après la liste suivante, dressée par ordre alphabétique, chaque point étant suivi de son numéro.
Astérion
Nasale (épine) .
Bregma
Nasal (point)
[ racine du
Glabelle
nez]
Inion
Ophryon. . . .
Jugal (point)
Ptérion ....
Lambda
Spinal (point) .
Malaire (point) ....
Stéphanion. . .
Ces points sont moins faciles à déterminer sur laFiGURE21,dont le but principal est de montrer l’ophryon (6) sur le diamètre frontal minimum (xx), tangent aux bosses surcilières {ss) .
Fig. 21. — Points ostéologiques du crâne, vue latérale.
Points singuliers .• 1 Epine nasale, ou point spinal ; 2 point malaire ; 3 point jugal ; 4 point nasal (racine du nez) ; 5 glabelle ; 6 ophr3'on, situé au croisement de la ligne médiane et du diamètre trontal minimum (fig. 21, xx); 7 ptérion (point oü la suture coronale, AA, arrive à la grande aile du sphénoïde, c’est-à-dire angle antéro-inférieur du pariétal) ; 8, stéplianion (point où la suture coronale AA croise la ligne temporale supérieure, aabb) ; 9, bregma (point oü la suture coronale AA croise le plan médian) ; 10, lambda (angle supérieur de l’occipital); 11, astérion (point de jonction des sutures pariéto-tomporo-occipitales) ; 12, inion (protubérance occipitale externe).
Sutures : AA, suture coronale. ou fronto-pariétalo; B, suture ptéro-lrontale (frontal et grande aile du sphénoïde) ; CG, suture lambdoïde (pariéto-ocoipitale) ; D, suture occipitomasloïdienne ; E, suture pariéto-mastoïdienne ; F, suture écailleuse (pariétal et écaille du temporal); G, suture ptéro-temporale (temporal et grande aile du sphénoïde); H, suture interorbitaire (fronto-naso-maxillaire) ; I, suture fronto-malaire ; J, suture malo-maxillaire ; K, suture zygomatique (malo-maxillaire).
Crêtes et saillies : aa, crête temporale du frontal ; bb, ligne temporale supérieure du pariétal ; cc, ligne temporale inférieure du pariétal ; o, apophyse orbitaire externe du frontal; p, bosse pariétale.
Fig. 22. — Points ostéologiques du crâne, vue de /ace.
Mêmes lettres et ehiffres que sur la figure précédente.
XX, diamètre frontal minimum; ss, bosses surcilières; ff, bosses frontales: o. apophj'se orbitaire externe du frontal.
vo
TOJ’UGUAIMIIK CHA.MÜ-CKHKIiHAI.K
(‘ton H soin de leur faire franchir par leur oxlnimité libre toiilo l’épaisseur de la paroi osseuse. Cela fait, on enlève la calotte à la scie, on extrait le cerveau dans lecjucl les fiches sont restées implantées, on le décorti(]ue de ses méninges ét on mesure les distances c[ui séparent des fiches — c’est-à-dire de certains points connus de la voûte crânienne — les principales scissures et circonvolutions.
P. Broca' a fait ses recherches en enfonçant dans le crâne 10 fiches, aux points suivants (voy. fig. 21 et 22, pp. 38 et 39) :
3 dans la suture coronale; une en haut, à 15 millimètres en dehors du hreçima pour éviter d’entrer dans le sinus ; une au milieu, au stépJianion (point où la ligne courbe temporale supérieure croise la suture); une en bas, au plénon (point où la suture coronale arrive à la grande aile du sphénoïde). A l’aide de ces fiches on mesure les distances rolando-coronales\
2 dans la suture lambdoïde, une interne, à 15 millimètres de la ligne médiane ; une moyenne (à égale distance du lambda (angle supérieur de l’occipital) et de l’astérion (angle externe de l’occipital ;
1 à l’astérion (point de jonction des sutures pariéto-temporooccipitales) ;
1 au point culminant de la suture écailleuse ;
1 dans la bosse frontale ;
1 dans la bosse pariétale, sur une perpendiculaire menée à la suture sagittale au niveau de l’obélion;
1 à 10 millimètres de la ligne médiane, au centre de l’obélion (petite région remarquable par les trous pariétaux)
Tels sont les procédés d’étude. Ils ont permis d’établir les rapports des scissures et des cinmnvolutions avec des points appréciables sur le crâne dénudé d’abord, recouvert des parties molles ensuite.
Rapports avec les sutures. — 1“ Scissure de. Rolando. — En déterminant, sur des lignes korizonUdes, les distances rolandobregmatique, stépbanique et ptérique, on peut aisément établir sur
P. Biioca, Sur la topogr. crAnio-cérébrale, ou les rapports anatoniiques du crâne et du cerveau. Revue d’Anlhrop., 187G, 2“ sér., l. V, pp. 193 et 278.
llAl'JMtin'S DliS SLlïritKS KT DlîS SCISSCUKS '.1
le crâne le trajet de la scissure de Uolando |)ar rapport a la suture corouale. Loin d’ètre sous-jacente au bregma, comme l’avait dit Gratiolet, son (‘xlvnniU' snprrirm'r on est toujours fortement distante et située eu arrière de lui, à 47 millimètres eu moyenne, disait P. Broca en 18G1 ; et ce chilTre a eu somme été conlirmé, à peu de chose près, par tous les auteurs ultérieurs, car nous trouvons :
Ileftler, Ch. Féré, P. Poirier, 48 millimètres.
Debierre, 49““, o.
Turner, 51 millimètres.
Et il est à noter que P. Broca a bien mis en relief la grande variabilité de cette distance : 47 millimètres est une moyenne, avec 40 millimètres comme minimum, et des maxima exceptionnels allant à 56, 67 et même 70 millimètres.
Chez la femme, cette distance est moindre.
Chez l’enfant, d’après de la Foulhouze, elle est, à la naissance, en moyenne de 33 millimètres (minimum 30 millimètres) et elle s’accroît rapidement, de façon à atteindre de 2 ans 1/2 à 3 ans une distance de 47 à 48 millimètres.
La distance Rolando-ptérique (extrémité inférieure de la scissure de Rolande) est moins variable : elle est de 28 millimètres. Cette extrémité de la scissure est, en outre, de 2 à 5 millimètres au-dessus du commencement de la suture temporo-pariétale.
Les sillons pré et post-rolandiques sont séparés de la scissure par l’épaisseur des deux circonvolutions ascendantes, soit à 18 ou 20 millimètres (ileftler) en avant et en arrière d’elle.
La fiche bregmalique pénètre toujours dans la r° frontale.
La fiche stéphanique pénètre, chez l’adulte, entre la 2® et la 3® frontales; chez les fœtus et les jeunes enfants (de ia Foulhouze) elle est à peu près au niveau de l’extrémité inférieure de la scissure de Rolando, car elle est très rapprochée du ptérion.
La fiche ptérique pénètre toujours dans la 3® frontale.
2“ Scissure de Sylvius. — La scissure de Sylvius commence, dit P. Broca, à 4 ou 5 millimètres en arrière du point ptérique; sa branche ascendante est en rapport constant, à quelques millimètres de distance seulement, avec l’extrémité inférieure de la
suture coroucilo. D après Landzcrt et Ueltler, ce point de biturcation répond au sommet de runion de la grande aile du sphénoïde avec la suture temporo-pariélale, en moyenne à 13 millimètres en arrière de la suture coronale.
La terminaison de cette scissure a lieu presque toujours sur la ligne allant de la fiche stéplianique à la fiche lambdoïdienne
Fig. 23 (d'après P. Brooa). — Topographie cérébrale d’un nègre de l'Afrique orientale
(région égyptienne).
Environ quarante ans, demi-grandeur. Les gros traits représentent les sutures et la ligne temporale. La ligne ponctuée représente la limite inférieure de l’hémisphère. Les scissures cérébrales sont indiquées par des lignes doubles et les sillons par des lignes simples. On a marqué tous les sillons primaires. On a omis, pour la clarté du dessin, la plupart des sillons secondaires. Les lettres majuscules indiquent la position des fiches Les petites lettres indiquent les scissures et les sillons.
C C' C", fiches coronales : C. bregmatique; G', stéplianique; C", ptérique. L, L', L”, fiches lambdoïdiennes : L, interne ; L', moyenne ; L" externe ou astérique. T, fiche temporale. F, frontale. P, pariétale. O, obélique.
Scissures. — r, r, r, scissure de Rolande; o, o, scissure occipitale externe; s, s, s, scissure de Sylvius; s', branche ascendante do la scissure de Sylvius.
Sillons. — /■,. premier sillon frontal, séparant la première circonvolution frontale de la seconde; f„ second sillon frontal, séparant la seconde frontale de la troisième ; p, sillon pariétal, séparant la première circonvolution pariétale de la seconde; premier sillon temporal (prétendue scissure parallèle) ; tj, second sillon temporal; fofo, sillon prérolandique (qui, chez ce sujet, par anomalie, descend jusqu’il la scissure de Sylvius); poPo, sillon post-rolandique, limitant en arrière la circonvolution pariétale ascendante; o, scissure occipitale externe.
moyenne (P. Broca). C’est plus précis que de la mettre sur la ligne
TOPOCHAPMIE CHAiNIO-CÉUÉUnALE
allant du sommet de la scissure de Uolaudo à l’astériou, ce qui, d’autre part, a le défaut de prendre un point de repère cérébral, — et le plus variable par rapport au crâne, — et un point de repère
osseux.
Le trajet de la scissure de Sylvius est à peu près rectiligne, légèrement ascendant, et il affecte avec la suture écailleuse des rapports assez variables. On a voulu, dans ces derniers temps, les préciser et dire que la scissure longe la. suture sur 4 millimètres (P. Poirier); mais, en même temps, d’autres auteurs la mettaient à 5 millimètres au-dessus de la suture (Debierre et Le Fort). Dans ses recherches, P. Broca avait constaté que la fiche temporale (placée, on s’en souvient, au point culminant de la suture écailleuse) était tantôt au niveau, tantôt au-dessus, tantôt au-dessous de la scissure.
Le premier sillon temporal (scissure parallèle) est à Ib millimètres au-dessous de la scissure de Sylvius.
3° Scissure occipitale externe. — La scissure perpendiculaire externe est, de 1 à 5 millimètres près, sous-jacente à la suture lambdoïde. Presque toujours, toutefois, chez l’enfant, et souvent dans les races inférieures, son extrémité supérieure est en avant de la suture (fiche lambdoïdienne supérieure).
Rapports avec des points de repère extérieurement accessibles. — Grâce à ces rapports avec les sutures, il est aisé de tracer approximativement, sur le crâne dénudé, le trajet des scissures et des principales circonvolutions. Mais si ces connaissances peuvent, dans certaines conditions, guider le chirurgien, elles sontla plupart du temps insuffisantes à ses yeux : il demande, en effet, des points de repère faciles à trouver à travers les parties molles, des procédés de mensuration tenant compte de l’épaisseur de ces parties molles. Or, presque toujours, les sutures sont difficiles, sinon impossibles à sentir, au moins chez les sujets âgés '.
1. La connaissance exacte des rapports entre les sutures et les circonvolutions et scissures a une importance bien moins théorique qu’on ne semble souvent le croire. En effet, surtout aujourd'hui qu’on tend de plus eu plus à pratiquer de larges trépanations, souvent on pourra, après avoir dénudé le crâne et avant de l ouvrir, voir le trajet d’une ou plusieurs sutures.
TOJMXiUAIMIIK DK LA LICNK liOLANDIQllK
Quelquefois on peut bien délenninei* par la palpation où sont le lambda, l’aslérion et le stéphanion, et Ilorsley fait grand cas de ce dernier point. Mais, d’ordinaire, la netteté de ces points est insuffisante et il faut chercher des saillies plus accentuées.
A cet égard, on pourrait songer d’abord aux bosses frontale et pariétale : en réalité, elles fournissent des reliefs trop mal limités pour être utilisables. Môme sur le squelette dénudé, pour bien enfoncer une fiche au point culminant de la bosse pariétale, il faut déterminer ce point par une perpendiculaire à la suture sagittale au niveau de l’obélion; sur le vivant, il n’y faut donc guère compter. Les points de repère à la fois fixes et nets dont on peut se servir sont :
1“ En avant : a, la bosse intersourcilière ou glabelle, et encore cette bosse est-elle souvent assez médiocrement nette ; A, la dépression angulaire entre la racine du nez et le front, sur laquelle également on aurait tort de compter d’une manière trop absolue; c l’interseclion de l’axe du nez avec une ligne passant par le bord inférieur du milieu des sourcils (H. Müller), ou avec l’horizontale tangente aux deux arcades orbitaires. Cette dernière ligne est déterminée également par l’horizontale qui marque le diamètre frontal minimum (voy. Ophryon, lig. 2t et 22).
2“ Latéralement : «, le bord postérieur de l’apophyse orbitaire externe, au point où il se continue avec la crête du temporal; ô, l’apophyse zygomatique ; c, le conduit auditif externe.
3“ En arrière : La protubérance occipitale externe ou inion.
A l’aide de ces points de repère, on a indiqué plusieurs procédés pour tracer à la surface du cuir chevelu le trajet des principales scissures et circonvolutions, surtout celui de la scissure de Rolando. Nous allons résumer d’abord le manuel opératoire de ces procédés et nous verrons ensuite quelle est leur valeur respective.
4“ Ligne rolandique. — a. Procédé de P. Broca-Cha7npionnière . — En 4871, P. Broca mit en pratique un procédé opératoire grâce auquel, sur le vivant^ il ouvrit un abcès qui comprimait le pied de la 3° frontale. Ce procédé est le suivant ; en arrière du bord postérieur, toujours facile à sentir, de l’apophyse orbitaire externe, on
PUOCKDH J‘. nUüCA-CllA.MPIONMl'^HH A;i
trace une ligne horizontale longue de 6 ccntini êtres, au bout de laquelle on élève une porpendiculairo haute de 2 centimètres, cl l’on est ainsi au niveau du centre du langage articulé
Cela étant, il était facile, en se portant 1 centimètre plus haut et 2 centimètres plus en arrière de marquer l’origine de la scissuic de llolando. De là le procédé régularisé par Lucas-Championnière pour trouver ïextrémilé inférieurr de la acisnire de Rolando : à partir du bord postérieur de l'apophyse orbitaire externe tirer une
Fig. 24 (due i\ l’obligeance de M. Decressac).
Procédé de P. Broca-Championniére pour déterminer la ligne rolandiques : de AOE (ai)ophyse orbitaire externe) en A, horizontale longue de 7 centimètres; de A en R', verticale de 3 centimètres; de B (bregraa) en R, 5 centimètres; R, R', ligne rolandique.
horizontale longue de 7 centimètres et au bout de celle-ci élever une perpendiculaire haute de 3 centimètres ; chez la femme ^ la ligne, horizontale n'aura que G®”,! /2.
Pour marquer le point supérieur, on se, souviendra qu’il est en moyenne à 47 millimètres — en chiffres ronds 5 centimètres — en arrière du bregma : reste donc à marquer le bregma. Or P. Broca a fait voir'que le bregma est situé à peu jirès au point où le plan vertical biauriculaire — passant par les deux conduits auditifs externes — croise la suture sagittale. Quant à déterminer ce plan, on y parvient sans peine à l’aide d’un instrument spécial, l’équerre