TRAITEMENT CHIRURGICAL DES TURERCULES CÉRÉBRAUX
le plus souvent reconnue qu’après trépanation exploratrice et on est arrivé ainsi à constater que l’excision à la curette pouvait donner, en cas de tubercule, quelques bons résultats. On en a conclu que si l’on a des éléments suffisants pour porter le diagnostic, la notion de tuberculose ne devait pas à elle seule arrêter l’opérateur.
Bergmann, sans doute, est en principe opposé à ces interventions. Tl commence par reprendre à ce point de vue spécial la statistique d’Hale White et démontre que sur 45 cas, le tubercule n’était opérable qu'une fois* : nous avons déjà répondu qu’on ne saurait se fier aveuglément à une statistique d’autopsies, et que si on n’avait pas laissé les lésions évoluer, on aurait sûrement pu opérer plus souvent. Puis Bergmann ajoute qu’il est impossible de prétendre ici à un évidement parfait avec la cuiller tranchante, comme dans la peau ou les os (où d’ailleurs, ferons-nous remarquer, l’opération est bien rarement radicale au sens propre du mot), que dès lors la récidive est fatale et que l’opération expose à l’infection des méninges. Une autre objection enfin, est qu’on ne peut savoir à l’avance si le tubercule est ou non caséeux.
Mais celte détermination est-elle indispensable? Cela n’est pas prouvé, et ce tubercule caséeux, abcédé même, peut fort bien être opéré. On a coutume, comme l’a fait Bergmann, de ranger dans les abcès le cas où Wernicke a fait drainer par Hahn’ un abcès tuberculeux, qui s’était révélé par de l’hémianopie. N’est-il pas bien plus raisonnable de le ranger dans les cas de tuberculose?
D’ailleurs, peu importe qu’il y ait abcès ou tubercule, que ce
1. Cette statistique donne : 4b cas; b fois seulement, tuberculose dans un seul autre organe ; 4 fois, dans deux organes ; dans tous les autres cas, lésions de trois à sept organes. Sur ces 9 cas favorables, il faut éliminer : 1 cas de foyers encéphaliques multiples, 1 foyer protubérantiel, inaccessible, 3 masses tuberculeuses trop étendues, 1 avec méningite de la base. Sur les 3 cas abordables, il faut éliminer 1 cas avec tuberculose péritonéale et tubaire, 1 avec tuberculose pulmonaire et intestinale. Resterait ainsi 1 cas de tuberculose du cervelet, et encore était-il accompagné de carreau.
2. Wernicke et Haiin, Arch. f. path. An. und Phys., Berlin, 1882, t. LXXXVII, p. 33b. Homme, quarante-huit ans; il y a huit ans, accidents pulmonaires. Amaigrissement, céphalalgie, hemiparésie à droite, hémianopie. Trépanation du lobe occipital; trois cuillerées à soupe de pus. Amélioration, puis mort par rupture dans les ventricules. — Sur les abcès tuberculeux du cerveau, voyez A. Fu.enkei., Dent. med. Woch., Leipzig, 1887, n" 18, p. 373.
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tubercule soit dur ou casdeux. Aussi bien par l’évidement à la curette d’une masse ramollie que par l’extirpation franche au bistouri, Bergmann a raison do déclarer que l’exérèse ne sera jamais radicale : ce en quoi les tubercules cérébraux sont identiques aux autres tuberculoses chirurgicales. Mais les faits de Macewen, de Horsley démontrent que malgré cela la guérison définitive est possible; et ceux de Booth et Curtis, de Macewen prouvent qu’après cet évidement partiel du foyer on peut obtenir des survies avec amélioration, tout au moins avec é,tat stationnaire. Nous signalerons les deux cas, assez spéciaux, de Booth et Curtis, de Gussenbauer, où la lésion tuberculeuse faisait à l’extérieur, avec ostéite, une saillie au niveau d’un point préalablement conlus.
Reste la question de gravité opératoire. Or cette gravité est loin d’être excessive. Les opérés de Horsley, de Bennett May, de Bradford, ont bien succombé en quelques heures : mais celui de Horsley était un phthisique confiné au lit depuis un an et atteint de tuberculose généralisée, chronique; mais celui de Bennett May était dans le collapsus. Pour l’un comme pour l’autre, l’abstention eût été prudente, mais en tout cas l’intervention n’a pas été très nuisible.
Donc, quelles que soient les constatations faites par Haie White l à l’autopsie, nous estimons que, lorsque la tuberculose viscérale i avancée n’est pas une contre-indication, on est parfaitement en ; droit de tenter l’opération, même si, par les lésions concomitantes ou précédentes, on diagnostique la nature tuberculeuse d’une tumeur : cérébrale*. Le traitement chirurgical n’est pas très brillant : mais
; t. Nous ferons sur les observations suivantes la même remarque que pour la 1 syphilis : nous ne citons que les cas où il y a eu action directe sur le néoplasme. —
I Güssenbauer, .Soc. des méd. de Prague, février 1892; Pvag. med. Woch., 1892, p. 91.
I Homme, vingt et un ans. Début quatre mois après un coup de bâton sur la tête.
,! Signes de compression cérébrale, qui disparaissent en même temps que se forme une
i; tumeur pulsatile. Incision, qui reste fistuleuse. Trépanation, curettage de la masse fou-
gueuse dure-mérienne (reconnue tuberculeuse par Chiari). Guérison. — Macewen, lîril. jned.JoMJ’n., London, 1888, t. II, p. 305, obs. IX.l“Fille, sept ans, épilepsie jacksonieune (gros orteil droit) ; diagnostic de tuberculose en raison de l’hérédité. Trépanation sur le haut de F» ; on voit des tubercules méningés le long des vaisseaux, et on sent une masse dure, profonde; incision du cortex, extirpation d’un foyer tuberculeux gros comme une noisette. Guérison, qui se maintient au bout d’un an. 2“ Homme, trente-ciuq ans. Ablation d’un tubercule méningé sur F“ à droite. Guérison. 3® {lirit. med. Joiirn.,