EXTIRPATION DES GUOSAUCOMES CÉRÉBRAUX
on se souviendra que refficacild du traitement médical est nulle*.
3® Gliomes et sarcomes. — Tout en reconnaissant qu’entre ces deux espèces de tumeurs existent des associations et des transitions où le microscope n’a pas encore dit son dernier mot, les histologistes pensent qu’il faut distinguer le gliome, tumeur liomœomorphe, du sarcome, tumeur liétéromorphe’. Mais, pour le chirurgien, ces différences n’ont actuellement qu’un intérêt médiocre : gliomes, sarcomes et glio-sarcomes sont des tumeurs malignes,
1893, t. II, p. 1367). Signes cérébelleux. Ablation de plusieurs tubercules, mais on en laisse d’autres, trop profonds pour être extirpés. Amélioration, qui s’accentue pendant cinq mois; reprise des accidents au septième mois; mort. — Hühsley, med. Journ., 1887, t. I, p. 863; obs. II et X*. 1“ Homme, vingt-deux ans; antécédents tuberculeux personnels et héréditaires. En janvier 1884, début d’une épilepsie jacksouienne (pouce et index gauches) peu à peu aggravée. Le 22 juin 1886, trépanation, 'lumeur située sous la dure-mèi’e; extirpation au bistouri. Guérison, avec monoplégie brachiale transitoire. Mort au bout de six ans de tuberculose urinaire (IlonsLEv, lirit. med. Jow'ii., 1893, t. Il, p. 1366) ; 2“ Garçon, dix-huit ans. Diagnostic (par Bastian) d’une tumeur cérébelleuse à droite. Malade confiné au lit depuis un an. Ablation de la tumeur. Mort en dix-neuf heures. A l’autopsie, tuberculose viscérale chronique, généralisée. — Boom et Cuims, Ajin. of siirg., fév. 1893, t. XVII, p. 127. Homme, vingt-quatre ans. Depuis dix-huit mois, épilepsie généralisée. H y a six mois, chute sur la tempe gauche, puis en ce point tumeur douloureuse. Céphalalgie, déchéance intellectuelle, névrite optique double. Incision (Gurtis), trépanation, curettage de la tumeur qui se prolonge à l’intérieur de la dure-mère. Guérison opératoire, mais résultat nul. A l’autopsie, masse tuberculeuse diffuse du lobe frontal gauche; tubercule du cervelet à gauche. — Bexnetx May, La?ice<, 16 avril 1887, t. 1, p. 768. Enfant, sept ans; oncle phthisique. Diagnostic d’une tumeur du lobe droit du cervelet. Le 8 octobre, l’enfant étant en collapsus, trépanation; on trouve la tumeur à un pouce de profondeur, grosse comme un œuf de pigeon. Mort de choc en quatre heures. — Knapp et Bradkord, Bost. med. and surg. Journ., 1889, t. CXX, p. 325; et Knapp, Inlracr. growths, p. 54, obs. VllI. Homme, trente-deux ans. Début en mars 1887. Diagnostic d’une tumeur du centre de la main gauche. Trépanation (Bradford) sur l’extrémité supérieure de R. Mort en trois quarts d’heure. Pas d’autopsie. — Parry, Glasgow med. Journ., 1893, t. XL, p. 36. Garçon, cinq ans et demi. Trépanation sur l’hémisphère cérébelleux gauche; extirpation partielle, à la curette. Mort en quelques heures. — CzERNY, observation publiée par Beck, Beitr. z. klin. Chir., Tubingen, 1894, t. XII, p. 113. Homme, vingt-trois ans. Hérédité tuberculeuse. Début en novembre 1890. Epilepsie jacksonienne (jambe gauche). Le 21 mai 1892, Ebenau fa.it sans succès l’excision du centre cortical correspondant. Le 1«‘‘ mars 1893, Czerny enlève un tubercule solitaire gros comme le poing (205 gr.). Guérison opératoire. Grande amélioration fonctionnelle (novembre 1893). — H y a encore un cas de Mercanton et Combe, Rev. méd. de la Suisse rom., Genève, 1889, p. 385 et 486. Mais seule l’histoire médicale est publiée par Combe. Silence complet sur l’histoire chirurgicale.
1. Thomson [Edinb.med. Journ., septembre 1891, t. XXXVIl, p. 263) a cependant observé une fille de six ans chez laquelle un tubercule probable du pédoncule droit aurait été considérablement amélioré par l’huile de foie de morue et l’iodure de fer.
2. Voyez Brissaud, Trailé de médecine, Paris, 1894, t. VI, p. 232.
EXTlliPATION DES GLIOSAUGOMES CÉUÉHHAUX
dont la récidive est la règle et ne s’évite que si, par une large exérèse, on dépasse largement les limites du mal'.
Ces tumeurs sont en général solitaires. Elles restent quelquefois petites, encapsulées, et certains opérateurs ont pu les énucléer avec facilité. Mais cette limitation n’existe, d’après Virchow, que dans 1/10 des cas. D’ordinaire, on se trouve en présence d’un néoplasme diffus, capable de devenir volumineux, très volumineux môme. On voit quelquefois, dit Brissaud, un lobe tout entier infiltré par la néoplasie gliomateuse, sans que rien soit changé à l’aspect extérieur ou aux rapports profonds de ce lobe. Et, disposition bien propre à troubler l’opérateur, souvent le gliome ne se distingue du tissu cérébral que par un léger changement de coloration, dû à sa richesse vasculaire ; sa consistance est très semblable à celle du cerveau, un peu moins ferme cependant; cette consistance est subordonnée à l’élément fibreux, qui peut prédominer, et alors rendre la tumeur plus reconnaissable, véritable fibro-gliome.
En raison de ce volume, de cette diffusion, de cette nécessité d'une ablation large, c’est évidemment aux gliomes et sarcomes que s’appliquent presque exclusivement les considérations précédemment exposées sur le manuel opératoire et les dangers des interventions pour tumeurs cérébrales®. Nous ne reviendrons donc pas sur ces divers points, et nous ne nous occuperons ici que des résultats obtenus, sans chercher d’ailleurs, fidèles à notre habitude, à dresser une statistique.
Nous ne parlerons que des cas où l’on a pratiqué l'ablation complète de la tumeur : les évidements partiels n’ont pas, en effet, la prétention d’être curatifs, et c’est à propos du traitement palliatif qu’ils doivent être étudiés.
L’exérèse totale, a seule, disons-nous, quelques chances d’être curative. C’est dire qu’en principe l’ablation au bistouri sera préférée au curettage; c’est dire aussi que, si la tumeur est kystique,
1. Si, pour apprécier la fréquence relative de ces néoplasmes, nous les reprenons dans les statistiques citées p. 413, et où ils sont réunis, nous trouvons: Bernhardt, 129 sur 485, soit 26 p. 100; Birch-IIirschfeld, 162 sur 342 tumeurs prhnitives, soit 47 p. 100; A. Starr, chez l’enfant 140 sur 300, soit 41 p. 100, chez l’adulte, 71 sur 300, soit 24 p. 100, ensemble 33 p. 100; II. Wliite. 36 p. 100.