KYSTES PARASITAIRES DE L’ENCÉPHALE
Nous n’avons pas l’intention de faire une étude complète de tout ce qui concerne les kystes parasitaires : nous renvoyons à la thèse récente de Guérineau' pour de plus amples détails. Nous noterons seulement la division en kystes à cysticerques, en général
Lancet, 1891, t. I, p. 1444. Garçon, onze ans. Hémiparôsie gauche, épilepsie, vous- ° sure à droite avec amincissement des os du crâne, diastase des sutures, exophthal- / mie à droite. Evacuation d’un kyste énorme contenant de nombreuses vésicules filles.
Mort en quelques heures. A l’autopsie, deux kystes extracérébraux. Lobes tempoü ral et occipital détruits en partie. — Fitzceiuld, d’après Sajous' s Ann. of med. sc.,
1 1887, t. Il, .P- 36. Fille, seize ans. Convulsions, paralysie partielle, cécité O. D. k Le 27 janvier 1887, trépanation de la fosse temporale droite. Ponction d’un kyste 1^' hydatique. Guérison. — Grah.\m et Glubbe, Austral, med. Gaz., juillet 1890, t. IX,
p. 243. Garçon, quinze ans. A dix ans, chute et perte de connaissance. En 1890, début
2 de troubles diffus (vertiges, amblyopie) puis hémiplégie droite (bras surtout). Crâne J: aminci à gauche. Ablation d’un kyste des méninges comprimant la zone rolandique ^ (19 onces de liquide). Drainage. Guérison de l’hémiplégie, mais persistance de la
cécité, les nerfs optiques étant atrophiés. — Hinostox, Assoc. méd. du Canada d’après New-York med. Journ., 1894, t. Il, p. 313. Homme, début il y a sept ans ; céphalalgie fixe. Ablation d’un kyste. Guérison. — Llobet, Rev. de chir., Paris, 1892, p. 970. Garçon (argentin) treize ans; céphalalgie depuis deux ans, à gauche surtout; puis épilepsie jacksonienne, hémiplégie droite, aphasie; troubles diffus d’hypertension. Résection temporaire du crâne ; ponction qui donne 260 grammes de liquide ; extrac lion de la membrane. Le kyste comprimait seulement le cerveau. Guérison, sauf persistance de la perte de la mémoire. — Maunsell, New Zealand med. Journ., 1889, t. II, p. loi. Garçon, dix-huit ans. Signes cérébelleux; cécité et surdité. Evacuation d'un kyste hydatique très volumineux. Guérison, mais persistance de la cécité. — H. Mudd, Am. Journ. of med. sc., avril 1892, t. CIII, p. 412. Fille, douze ans. -Céphalalgie depuis un an. Voussure temporale à droite, avec crépitation parchemitnée; hémiplégie gauche, avec tremblement spasmodique rhythmé; hémianopie. On L’diagnostique un sarcome. Le 20 mars 1891, évacuation d’un kyste contenant de nombreuses vésicules filles. Guérison en deux mois, malgré l’écoulement de liquide céphalorachidien avec hyperthermie pendant dix-sept jours et malgré une hernie cérébrale. — Tietze, Deut. med. Woch., Leipzig, 1893, p. 113. Homme adulte, ayant subi dix-huit ans auparavant un trauma crânien. Depuis, épilepsie jacksonienne, puis parésie (bras, face, aphasie motrice). Trépanation (Mikulicz) à lambeau ostéocutané ; ablation de deux cysticerques. Guérison opératoire et amélioration fonctionnelle considérable. — G. Troje, Deut. med. V4'oc/i., Leipzig, 1894, p, 103. Homme, cinquante et un ans; épilepsie corticale (droite) avec hémiparésie. Ablation de deux cysticerques sur F». Guérison de l’hémiplégie, mais persistance de l’épilepsie, peut-être due à un troisième kyste. — Verco, 1» Tt'ans. of tlie intercol. med. Congr. of Ans tralasia, 1889, p. 377. Garçon, onze ans. Céphalalgie temporale, avec voussure de la région, épilepsie jacksonienne (bras gauche), attaques de coma,' névrite optique. Ablation du kyste, mort de méningite suppuréo. 2» Ibid. 1893 p. 383. Garçon, neuf ans; début il y a deux ans. Tète très grosse, voussure à gauche! Ablation du kyste. Mort en neuf heures, avec T. 41»,2 et P. 220. — O’Hara observation résumée dans Am. Journ. of med. sc., 1894, t. CVIH, p. 741. Garçon de six ans; un peu de voussure ; névrite optique. Guérison.
1. Guérineau, Th. de docL, Paris, 1892-93, n» 421. - D. Thomas, Intercol. med. Congr. O f Austral., Adélaïde, 1887, t. 1, p. 60.
KYSTES PAllASlïAIHES DE E’ENGÉl'IIAI.E
multiples, et kystes hydatiques. Ces derniers sont de beaucoup les plus fréquents, au pointde vue chirurgical tout au moins, si bien que 'y deux fois seulement (Tietze, Troje) on a opéré pour des cysticerques. | Dans le tableau symptomatique, qui est celui de toutes les fl tumeurs, nous notons la fréquence relative de la voussure crâ- I nienne limitée, parfois avec crépitation parcheminée, ce qui est I sans doute dû, en grande partie tout au moins, au jeune âge de la I plupart des sujets. Il y a peut-être là de quoi établir quelquefois | un diagnostic précis, jusqu’à présent d’ordinaire en défaut*. I
Les résultats éloignés sont bons lorsque le sujet guérit de l’opé- 'I ration, et lorsqu’il a été opéré assez tôt pour que l’atrophie I optique, définitivement constituée, n’entraîne pas une cécité irré- I médiable. Mais les décès rapides sont nombreux, et même, si on I met à part la mort par méningite septique, on constate que la I léthalité est plus grande que pour les autres tumeurs. Et si on fait -.1 deux catégories distinctes, pour les kystes méningés comprimant K le cerveau et pour ceux qui sont inclus dans le cerveau lui-même, I. on constate que l’incision et le drainage de ces derniers est plus 1 grave que l’extirpation d^un gliome. C’est dans ces conditions surtout que l’on a vu, chez les opérés de Yerco, d’Escher, de Cbisolm, lde Parry Davenport, les morts rapides, avec hyperthermie, que I nous avons mentionnées dans un des paragraphes précédents’. I' La cause semble en être, d’après les recherches de Yerco, dans 1^ la fréquence particulièrement grande avec laquelle le kyste 1' communique (30 p. 100) avec la cavité du ventricule latéral ou I n’en est séparé que par une mince lamelle (10 p. 100), dont la .1 rupture secondaire paraît inévitable. Malgré l’écoulement abon- -I dant du liquide céphalorachidien, un opéré de Mudd a guéri, ,w mais la mort, dans ces conditions, est la règle, tout comme nous -I le verrons pour le drainage des ventricules’. Ij.
1. Dans une discussion à la Soc. paih. de Londres [Lancet, 10 novembre 1888, t. 11, fli; p. 914) à propos d’un fait de 11. Weber, B. Suttox a insisté sur la fréquence kystes parasitaires du cerveau chez les animaux. D’après Pexkose, chez les moutons qui Xi ont le vertige, les fermiers écossais ont coutume d’attendre la saillie du crâne et de X;] ponctionner alors le kyste; 26 p. 100 des auirnaux environ guérissent.