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TRÉPANATION POUR MÉNINGITE TUBERCULEUSE
Pour les méningites aiguës, nous n’avons à mentionner qu’un succès assez obscur de Jaboulay*, où l’origine est peut-être traumatique. Le trépan fut porté sur une légère ecchymose frontale et sous l’os, qui ne présentait pas trace de fracture, on incisa la duremère, ce qui donna issue à du liquide céphalorachidien très louche. La température tomba peu à peu, les symptômes s’amendèrent, et en six semaines, la guérison était obtenue ^
fiskridge’ a récemment fait trépaner par Rogers un malade atteint, consécutivement à la grippe, d’une méningite des fosses cérébelleuses. Après trépanation, la région fut lavée ; mais le malade succomba en deux jours.
Les documents sont plus nombreux pour la méningite tuberculeuse, mais ils ne sont guère encourageants. Nous ne nous occuperons que de la méningite tuberculeuse proprement dite, car nous avons réuni aux tumeurs les tubercules méningés localisés ‘ avec plus ou moins de destruction, de compression ou d’irritation de la région corticale sous-jacente \
Méningite tuberculeuse. — Les essais de traitement chirurgical de la méningite tuberculeuse ont visé deux buts : 1“ Guérir la maladie, comme on a guéri par laparotomie des péritonites tuberculeuses; 2“ amender les accidents en évacuant le liquide accumulé dans les ventricules et dans l’espace sous-arachnoïdien.
1° Traitement curatif. — Tout médecin sait qu’à la suite de laparotomies entreprises pour des erreurs de diagnostic, on a, par la simple ouverture du ventre, guéri des péritonites tuberculeuses
1. Jaboulay, Aÿ'cIi. pi'ov. de chir., 1893, p. 61, obs. XXII.
2. St. Pacet, [Lancet, 1893, t. II, p. 873), a publié un cas de méningite aiguë snppurée traitée par la ponction rachidienne après résection des lames des S" et 6“ vertèbres cervicales. Résultat nul. Nature de la méningite? — Riekex [Deut. Arch. /. kl. Med., Leipzig, 1895, t. LVI, p. 32) publie bien un succès, mais au bout de quelques jours seulement.
3. Eskbidge, The Journ. of nerv, and ment, dis., New-York, l®’’ nov. 1893, t. XXII,
A. Yoy. p. 419.
5. Comme travaux d’ensemble sur le sujet, consultez ; Vevhat, Th. de doct. Lyon, 1893-1894, n® 913. — Bernard, Th. de doct., Paris, 1894-1893, n® 230. — Discussion à l’/lssoc. mfid. h'it., 1893; Brit. med. Journ., 1893, t. II, p. 713. Gautlky y signale, outre un échec dans la méningite tuberculeuse, deux succès pour méningite aiguë.
TRÉPANATION POUR MÉNINGITE TUBERCULEUSE
à forme ascitique, heureusement confondues avec des kystes de l’ovaire, et que de là est né un traitement opératoire remarquablement efficace pour certaines formes de ces péritonites. Le mode d’action exact de ces interventions reste inconnu, malgré les théories émises. Pourquoi donc ne pas essayer d’obtenir des résultats semblables en trépanant des enfants atteints de méningite tuberculeuse?
Certains auteurs objecteront, en théorie, que la méningite tuberculeuse est, par elle-même, incurable; qu’en cette région, les tubercules n’ont jamais tendance à subir cette évolution fibreuse par laquelle guérit assez souvent la péritonite bacillaire et que provoque la laparotomie, par un mécanisme d’ailleurs ignoré. Cette objection ne vaut que ce que valent toutes les discussions théoriques et pathogéniques ; et d’ailleurs il est démontré que la méningite tuberculeuse est capable de guérir sous l’influence du traitement médical, nous allions dire spontanément : Bernard en réunit plusieurs observations dans sa thèse.
Mais la pratique n’a pas répondu aux espérances que l’on avait conçues. Les quelques trépanations faites par Jaboulay*, par les chirurgiens de Philadelphie ^ n’ont abouti à rien, si môme elles n’ont hâté de quelques jours le dénouement fatal.
Au reste, il est évident, a priori, qu’on ne peut comparer l’exposition des méninges par un orifice de trépan, forcément étroit, au large accès que donne dans le ventre une laparotomie ; et si, comme on l’admet souvent, les granulations péritonéales sont modifiées par l’accès de l’air et de la lumière, par les manipulations, par l’action des antiseptiques, rien de semblable ne saurait être réalisé ici par la trépanation simple. Aussi, Lannelongue ^ a-t-il eu récemment l’idée de trépaner en quatre points, deux en avant et deux en arrière, et de faire passer de la sorte sur la pie-mère un courant liquide ou gazeux : il a pratiqué une intervention de ce genre, et le malade a succombé en quelques heures.
Nous ignorons ce que l’avenir réserve à ces tentatives d’action
1. Jaboulay, Arch. prov. de chir., 1893, p. 61, obs. XVII et X\TlI.
2. II. Ag.\e\v, Congr. des méd. el chir. amer., 1891, cl’aprùs Mercredi médical, 1891, p. 514. Cinq cas. Résultats nuis.