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ABCÈS CÉRÉBRAUX A PORTE D’ENTRÉE CRANIENNE

profondes, identiques à celles que nous avons étudiées à propos des otites : abcès extraduraux, méningites, thromboses des sinus, abcès encéphaliques. Peu importe que la lésion soit primitivement syphilitique, tuberculeùse, ou simplement inflammatoire : une fois le foyer ouvert à l’extérieur, nous rentrons exactement dans les mêmes conditions que pour les otites.

Ces complications intracrâniennes d’ordre septique ont été observées surtout au cours soit de l’ostéomyélite aiguë des os du crâne, soit des ostéites consécutives aux inflammations des sinus annexés aux fosses nasales, et c’est sans doute dans cette dernière classe — en y joignant quelques otites méconnues — qu’il faut ranger certains abcès consécutifs à l’influenza*.

Dans un cas comme dans l’autre, l’intervention devra être conduite de proche en proche, comme pour les otites, en partant de la lésion extérieure connue pour aboutir plus ou moins loin à l’intérieur du crâne. Ces opérations sont encore fort rares, d’abord parce que les complications intracrâniennes des diverses sinusites ne sont pas très frequentes, ensuite parce que l’ouverture chirurgicale et large des sinus de la base du crâne n’est pas encore absolument réglée dans tous ses détails. Nous n’en avons trouvé qu’un cas heureux de Zeller, et un autre de R. Park où il existait un abcès du second lobe frontal qui causa la mort’.

Pour l’ostéomyélite aiguë primitive des os du crâne, la seule intervention cérébrale que’nous connaissions est celle de Terrillon’ sur un enfant de treize ans qui, après des accidents attribués à une fièvre typhoïde, avait présenté un empâtement phlegmoneux de la région temporale gauche, puis de l’aphasie avec paralysie de la face et du bras à droite. L’incision de l’abcès sous-périostique de la fosse tem-

1. Voyez par exemple une observation de Sciiixdler, Arch. de méd. et de phann. milil., 1892, t. Il, p. 241. Abcès cérébral par sinusite frontale.

2. Zeller, Réun. libre des chir. de Berlin, 14 mars 1892; Mercredi médical, p. 166. Abcès orbitaire, probablement dû à une inflammation grippale du sinus frontal. Trépanation, abcès intracrânien. — R. Park, Med. News, Philad., 3 déc. 1892, t. II, p. 617. Femme d’une cinquantaine d'années ; accidents consécutifs à l’ablation d’un polype nasal; trépanation au-dessus de l’orbite du môme côté. G'est probablement la môme malade dont parle Putnam, A?n. neurol. ^l5s., 24 sept. 1891.

3. Terrillox, Bull, el mém. de la Soc. de chir., Paris, 3 juillet 1889, n. s., t. XV, p. 5.75.

ABCÈS MÉTASTATIQUES DU CERVEAU 47î>

porale demeura sans effet sur les pliénomènes cdrébraux, et le lendemain une couronne de trépan mise sur le centre du membi’e supérieur alla à la recherche d’un foyer que Terrillon croyait exister entre l’os et la dure-mère. Il n’y avait rien là cependant et, fort des signes de localisation, Terrillon admit un abcès cérébral, 11 n’incisa pas immédiatement la dure-mère parce que, sur un enfant, les données de topographie crânio-cérébrale n’ont pas encore toute la précision désirable; il fit donc trois ponctions exploratrices et à la troisième tomba dans un abcès qu’il ouvrit largement, en conduisant le bistouri sur l’aiguille. Tout alla bien pendant trois jours, puis se déclara une méningo-encéphalite mortelle. Mais dès l’évacuation du foyer les accidents paralytiques avaient disparu presque complètement.

2” Abcès métastatiques. — Dans l’observation précédente, Terrillon a été en partie guidé par les symptômes de localisation, mais la lésion locale extérieure a conservé l’influence prépondérante. Les symptômes de foyer existent au contraire seuls dans les abcès métastatiques, dus à des embolies septiques parties d’une lésion plus ou moins éloignée.

C’est dire que parmi ces abcès, tous ceux qui se formeront dans une des zones latentes du cerveau seront par définition inopérables. En outre, les autopsies prouvent que dans ces conditions les abcès sont presque toujours multiples et non enkystés; à tous égards, donc, ils se présentent dans les conditions les plus défavorables.

Que toutefois Ton ne désespère pas d’une façon trop absolue. Dans un cas, von Eiselsberg* a découvert par la résection temporaire, a drainé et a guéri un abcès consécutif à un panaris et siégeant à 8 centimètres de profondeur dans le lobe frontal. Eskridge a publié* récemment deux observations où Tabcès était unique et provoquait une hémianopie qui aurait pu inciter l’opérateur à l’action.

Chez un de ces malades, Toriginc de l’infection est peut-être dans le poumon, des accidents de bronchite ayant marqué le début du mal. Parmi les abcès cérébraux métastatiques, en effet, une va-

1. Von Eiselsheuo, lierl. kl. Wocli., Il sept. 1893, n® 37, p. 90a.

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