‹ Traité de chirurgie cérébraleChapitre 235 sur 305 · Voy. p · texte numérisé non relu

Voy. p

. 2. Comme travaux d'ensemble où l'on trouvera la bibliographie ancienne, consultez: Beely, dans GERiiAnoT's Handb. der Kinderkr., Tubingeii, 1880, t. VI, 2» partie, p. 34. — Tcheknomoi» Zadehnowski, Vratch, Saint-Pétersbourg, 1893, n»» 32, 33, 39.

BROCA ET MAUBRAC.

482 TRAITEMENT DE I/Il YDIIOCÉPIIALIE PAH LA PONCTION CHANIENNE

C’est à peine si la compression, exercée surtout avec des bandelettes de diacliylon, mérite d’être mentionnée. Quoique Brainard, Trousseau, Beely, Trêves lui aient attribué quelques bons eltêts, on peut dire qu’elle est abandonnée. Elle est, d’ailleurs, parfois dangereuse, en augmentant la tension intracrânienne, et un malade de Trousseau semble avoir succombé à une compression énergique. Nous retrouverons la compression associée à l’évacuation du liquide.

Traitement médical et compression ont pour but de faire résorber le liquide. Dans les procédés chirurgicaux qui nous restent à étudier on obtient, par la ponction, l’évacuation de ce liquide; et, par certaines manœuvres plus complexes, telles que les injections modificatrices, le drainage, on a essayé d’assécher définitivement les ventricules hydropiques.

A. Ponction. — La ponction peut se pratiquer : 1° A travers les parties membraneuses du crâne non ossifié [ponction crânienne) ; 2“ à travers un orifice de trépanation [trépano ponction) ; 3® par la région rachidienne [ponction rachidienne).

1® Ponction crânienne. — Evacuer le liquide en excès est de pratique fort ancienne, et nous croyons inutile de reproduire ici une étude historique, qu’on trouvera partout, et qui va d’IIippocrate jusqu’à nos jours, en passant par Dean Swift (1744), Conquest (1838) Malgaigne (1840), etc. Le nombre des chirurgiens qui ont opéré de la sorte est considérable, et tous les points de la voûte restés membraneux ont été ponctionnés, exception faite pour la ligne médiane où l’on a toujours, naturellement, redouté le sinus latéral. Le lieu d’élection, pour la plupart des auteurs, est la partie latérale, droite ou gauche, de la fontanelle antérieure; mais on a souvent fait passer ailleurs le trocart : par la suture fronto-pariétale,par la fontauelle postérieure. Il nous semble plus dangereux, comme l’a recommandé Langenbcck, de ponctionner la corne ventriculaire antérieure à travers la voûte orbitaire. Bouchut, enfin, conseille d’enfoncer l’instrument, par une fosse

Nuyens, Ann. de la Soc. de méd. d'Anvers, avril 1894, p. 147. — Duband, Arc/i. prov. de ckir., Paris, 1894, p. 822. — Ciiipault, loc. cil., t. I, p. 735 (Bibliographie). — F. Tehhieb, Progr. méd., Paris, 12 oct. 1898, t. II, p. 228.

THÉPANOPONCTION POUR HYDROCÉPHALIE

nasale, à li-avers la base du crâne, voie aujourd’hui universellement repoussée, comme incompatible avec l’antisepsie.

Au reste, pour ces hydrocéphalies congénitales, à crâne volumineu.x; et mou, à distension ventriculaire considérable et totale, l’endroit choisi pour la ponction n’a aucune importance. Où que l’on perfore la surface cérébrale, ù 2 centimètres de profondeur, au plus, on trouve le liquide : que l’on imprime donc au trocart, tenu bien normalement à la surface, un mouvement sec, et, brusquement, on sentira cesser la résistance. A ce moment, la pointe de l’instrument est à coup sûr dans le ventricule latéral.

Quel instrument employer? On ne songe plus au couteau à cataracte, dont de Græfe s’est servi, mais on a le choix entre l’aiguille aspiratrice ou le trocart ordinaire; et, en outre, il faut déterminer quel est le calibre convenable de l’instrument.

Nous n’avons pas à revenir sur les inconvénients de l’aiguille, dont la snbstance cérébrale bouche aisément la lumière : dans le cas particulier, d’ailleurs, cela est bien moins à craindre, car l’épaisseur à traverser est faible. Mais l’aiguille ne peut guère être efficace que si l’on pratique l’aspiration : or la tension et la fluidité du liquide rendent l’aspiration inutile, et, par contre, la rapidité d’écoulement qu’elle implique presque forcément, peut la rendre dangereuse. C’est donc au trocart qu’on recourra de préférence; et de plus, quoi qu’en ait dit Malgaigne, on le prendra de petit calibre, car il est prudent d’éviter la décompression rapide du cerveau.

2” Ti'épanoponction. — Wernickefut, dit-on, le premier, en 1881, à proposer de ponctionner les ventricules à travers un orifice pratiqué artificiellement à la paroi crânienne. Sans connaître ce pré^ cèdent, Zenner (de Cincinnati) en 1886, et Keen, devant la Société de médecine de Philadelphie, le 7 novembre 1888, firent la même proposition. Entre temps, le 16 juillet 1888, von Bergmann avait opéré ainsi, par trépanation sur la bosse frontale, une fillette atteinte de méningite tuberculeuse ; mais l’observation ne fut publiée qu’en 1891 *.

Page 1