TRAITEMENT DE L’IIYDROCÉPHAI.IE PAU LE DRAINAGE
« Pendant l’évacuation, le niveau du liquide dans un tube de verre mis en communication avec le conduit évacuateur est en rapport avec la pression céphalorachidienne. La respiration et la circulation provoquent des oscillations d’un à plusieurs millimètres. En outre, à des intervalles d’une minute et plus, se font de grandes oscillations, atteignant 10 et 28 millimètres, dues au changement de position du sujet, aux contractions des muscles, peutêtre aux modifications de l’innervation vasculaire. »
La chloroformisation est inutile.
A cette méthode initiale, on a voulu, naturellement, apporter de ci delà quelques modifications, mais l’intérêt est médiocre d’opérer le malade assis, comme l’ont conseillé Ileubner, Fürhringer; l’aspiration, proposée par Fürhringer et Goldscheider est parfaitement inutile. Quant aux trocarts et aiguilles, on peut employer ceux des aspirateurs de Potain, ou de Dieulafoy; Chipault en a fait construire qui sont gradués en centimètres et millimètres sur leur partie moyenne, en sorte qu’on sait toujours avec précision à quelle profondeur est la pointe.
L’opération est très facile. Presque toujours la pointe entre du premier coup dans le canal rachidien, et si elle rencontre une lame, en la faisant glisser de bas en haut contre ce plan osseux, on l’amène bien vite contre le ligament jaune.
Quels que soient la soient la voie choisie et le procédé employé, une précaution commune consiste à éviter la décompression cérébrale brusque. Par la ponction lombaire comme par la ponction crânienne, l’évacuation trop rapide a provoqué assez souvent des accidents tantôt légers et tantôt graves, mortels même : nous joindrons leur étude à celle des dangers du drainage, car les deux questions sont connexes. Il est impossible de fixer en centimètres cubes la quantité de liquide qu’on est en droit d’évacuer en une séance, car cela dépend et de l’intensité de l’hydrocéphalie et peut-être de la tolérance individuelle du sujet; retenons seulement, poui- le moment, qu’on laissera couler lenlemmt une quantité modérée de liquide.
B. Dkainage. — A l’état normal, il y a communication libre entre les ventricules cérébraux et les espaces sous-arachnoïdiens, spi-
DRAINAGE VENTRICUl.AIRE POUR HYDROCÉPHALIE
nauxct encéphaliques : après bien des controverses, le fait semble aujourd’hui solidement établi. A l’état pathologique, l’oblitération des trous de Monro et de Magendie est exceptionnelle. C’est dire qu’on peut drainer, en cas d’hydrocéphalie, soit les cavités ventriculaires, soit les espaces sous-arachnoïdiens, crânien ou rachidien. A chacune de ces régions correspond un manuel opératoire un peu spécial, mais à. toutes conviennent les mômes précautions pour ralentir l’écoulement du liquide céphalorachidien.
1“ Drainage ventriculaire . — L’établissement du drainage a été essayé, chez les enfants hydrocéphales, à travers les parties encore membraneuses du ci’âne. Mais nous croyons qu’en règle générale la trépanoponction préalable doit être préférée. Il est important, en effet, d’avoir ici un manuel opératoire exactement réglé. Pour éviter l’évacuation complète des ventricules, la voie temporale de Keen paraît être la meilleure.
Le manuel opératoire est avant tout celui de la trépanoponction. Puis, sur l’aiguille qui jalonne le venti’icule, on introduit jusque dans la cavité séreuse, avec la pince de Lister, soit un drain de caoutchouc, soit un faisceau de crins de Florence, soit, comme l’a fait Keen, une cheville de bois échancrée, de façon à laisser le liquide s’écouler goutte à goutte seulement*.
2“ Drainage sous-arachnoïdien. — Le drainage sous-arachnoïdien est théoriquement possible en une région quelconque du cerveau, puisque dans toutes les anfractuosités cérébrales circule le liquide céphalorachidien. Mais en pratique, si l’on n’ouvre pas un des grands confluents, l’écoulement s’arrête presque toujours au bout de quelques instants ; les nombreuses trépanations avec incision des méninges et dràinage en fournissent la preuve. La trépanation faite pour ainsi dire au hasard ne peut donc convenir qu’aux hydrocéphalies externes dont Grantham, Vautrin, Phocas ont rapporté des cas traités par le drainage.
1. Nous passons sous silence le drainage en sétou avec une sonde de caoutchouc molle (T. Zadkrnowski, voy. p. S09) ; celui que Ciiai'key, Lüwson (voy. p. 309) ont établi en ajustant uu long tube de caoutchouc à la canule du trocart laissée en place. Ces procédés, que nous conseillons d'abandonuer, pnt été employés sans trépanation préalable.
DRAINAGE SOUS-ARACHNOIDIEN CRANIEN ET RACHIDIEN
Cette variété anatomique est exceptionnelle ; d’une manière générale, donc, on s’attaquera à un lac sous-araclmoïdien.
En mars 1893, Morton a fait voir, sur le cadavre^ que pour étudier le confluent bulbo-cérébclleux et le trou de Magendie, il était facile de réséquer dans la fosse occipitale inférieure un fragment osseux en forme de trapèze, dont la petite base, large d’un pouce, répondait au trou occipital; après incision de la dure-mère, puis de l’arachnoïde, on a directement sous les yeux la toile pie-mérienne du 4“ ventricule. Parkin ne tarda pas à appliquer ce procédé sur le vivant et il constata que l’opération était assez aisée ; il insinua sous le cervelet une sonde courbe, par laquelle il tit sortir 2 à 3 onces de liquide ; il termina en mettant sous la duremère un drain de petit calibre.
Chipault ‘ préfère le drainage du lac sylvien, et il indique la technique suivante : « L’ouverture crânienne se fera à la jonction du 1" et du 2* dixièmes de notre ligne sylvienne, ou, anatomiquement, à 1 cent. 1/2 en arrière et au-dessus du tubercule rétro-orbitaire, pas plus en arrière, pour éviter l’artère méningée. Pour cette même raison, la dure-mère sera incisée suivant les 3/5 antérieurs de la circonférence de l’orifice et rabattue en arrière. L’opération sera terminée par la ponction avec un trocart, l’incision avec un bistouri, ou la déchirure avec deux pinces à disséquer du feuillet viscéral de l’arachnoïde. »
3“ Drainage sous-arachnoïdien rachidien. — Deux fois sans laminectomie, deux fois avec laminectomie, Essex Wynter^a drainé par voie rachidienne l’espace sous-arachnoïdien. Après la ponction lombaire par le procédé de Quincke, Sabli a tenté d’établir le drainage avec un drain de caoutchouc, ou une canule métallique ; ce drainage a été inefficace ou mal toléré, et Sabli y a renoncé.
Nous signalerons ici une sorte d’intermédiaire, imaginé par Quincke, entre la ponction et le drainage. L’opérateur cherche a faire à la dure-mère une incision de quelque étendue, par laquelle le liquide céphalo-rachidien s’infiltre peu à peu dans les tissus voisins. « Au point où la ponction a été faite, dit Quincke, j’introduis