DRAINAGE VENTRICULAIRE POUR HYDROCÉPHALIE
forme contraste avec la petitesse de la face. Les os de la vofite sont soudés, les fontanelles sont oblitérées, mais ils forment des .saillies et ‘ les sutures, appréciables à la palpation, permettent de délimiter les pariétaux, l’occipital, le frontal surtout. Les dimensions de la tête .sont les suivantes : circonférence à la base, 48 centimètres; arc de cercle de la protubérance occipitale à la racine du nez, 33 centimètres; entre les deux conduits auditifs externes, 3o centimètres.
Le regard est vague, hébété, parfois d’une fixité extraordinaire, parfois rendu strabique par des mouvements irréguliers des yeux. La parole est nulle. L’enfant pousse de temps à autre des cris inarticulés et projette en avant, convulsivement, ses membres supérieurs. La mastication, la déglutition sont très imparfaites. L’enfant ne peut manger que des bouillies, du pain trempé, et encore faut-il souvent que la mère pousse avec le doigt les aliments jusque dans le pharynx. Les membres inférieurs sont flasques, mal musclés, grêles, incapables de porter l’enfant. Le membre supérieur droit est faible, mais n’est ni paralysé, ni contracturé. Le membre supérieur gauche est contracturé en flexion. L’intelligence est très faible; l’enfant reconnaît cependant les personnes de son entourage. Toutes les dents sont cariées et les douleurs qui en résultent sont peut-être, pour une partie au moins, la cause de la difficulté de la mastication et de l’agitation nocturne.
Les membres sont uniformément maigres et grêles, mais on ne constate pas d’atrophie musculaire à proprement parler. Les membres du côté di’oit ne présentent, non plus que le membre inférieur gauche, aucune altération appréciable de la motilité, ni de la sensibilité, ni des réflexes tendineux. Seul le membre supérieur gauche offre les désordres suivants : il existe un certain degré de contracture spasmodique de tout ce membre, déterminant une déformation dans la demi-flexion. Cette déformation n’est pas constante, en ce sens que la contracture n’est pas absolue et que des mouvements (plus étendus au bras et à l’avant-bras qu’aux doigts et à la main) sont possibles. Les mouvements faits par le malade ont le caractère athétosique. Lorsqu’on cherche à provoquer des mouvements passifs sur les divers segments du même membre, on éprouve un sentiment de résistance élastique, égale pour la flexion et l’extension. Les réflexes tendineux du même membre sont exagérés.
L’opération est pratiquée le 16 septembre 1890.
Après incision en croix dont les deux branches se coupent à. angle droit au niveau d’un point situé à 3 centimètres au-dessus et 3 centimètres en arrière du méat auditif externe droit, j’appliquai une couronne de trépan de 1 centim. 1/2 de diamètre. Dans l’orifice ainsi créé, la dure-mère apparut, bombant nettement et se mettant presque
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de niveau avec la face externe des os du crâne; de plus, elle ne présentait aucun battement.
Je l’incisai crucialement, de la pointe du bistouri, et j’aperçus l’écorce cérébrale, qui bombait autant et ne battait pas davantage.
J’enfonçai alors franchement le gros trocart de l’aspirateur Potain, en visant à peu près le méat auditif du côté gauche. A 4 centimètres de profondeur environ, je sentis que la résistance faisait défaut; je retirai le trocart et dans l’aspirateur s’écoula environ un verre à liqueur de liquide clair. Par l’oriflce de la canule du liquide s’écoula alors lentement, tandis que le long de la canule j’introduisais un drain. Il s’écoula, pendant tout ce temps, lentement, du liquide rosé qui ne put être recueilli; j’évalue sa quantité à 30 ou GO grammes, soit environ un verre à bordeaux. Après l’écoulement de ce liquide, le cerveau cessa de bomber et se mit de niveau avec la face interne du crâne en même temps qu’il présentait des battements normaux.
Le lendemain matin [^0 sepLembre) le pansement dut être changé^ car il était traversé par un liquide rosé qui suintait à l’extérieur.
Le 26 septembre, au septième jour révolu, j’enlevai les points de suture en laissant seulement celui qui tenait le drain. Il n’y avait pas trace de rougeur ni de suppuration. La réunion immédiate était parfaite.
Le pansement suivant fut fait le 3 novembre, les pièces enlevées étaient parfaitement sèches. Je retirai donc le drain, rien ne s’écoula par l’orihce cutané.
Dernier pansement le 10 novembre, et à cette date, l’enfant peut quitter l’hôpital.
L’amélioration à ce moment était évidente, car la contracture du membre supérieur droit avait entièrement cessé, et l’enfant pouvait, de cette main, saisir des objets même assez lourds.
L’amélioration a commencé à partir du sixième ou septième jour, et elle s’est achevée à peu près en dix ou douze jours. Le regard est plus vif; en tous cas, depuis une quinzaine de jours, je n’ai plus constaté ces strabismes momentanés que j’avais notés le premier jour. D'autre part, l’enfant ne pousse plus de cris inarticulés et son sommeil est plus tranquille. Les mouvements convulsifs ont diminué, mais il en reste encore aux membres supérieurs. Enfin depuis quelques jours l’enfant recommence à se porter un peu sur les pieds, en étant soutenu sous les aisselles, comme avant la crise d’il y a trois mois. La déglutition n’est pas améliorée.
La disparition de la contracture a été vérifiée le 13 octobre, pas de raideur.
Tous les mouvements passifs sont possibles, ainsi que les mouvements actifs de préhension; les réflexes sont encore exagérés.