HYDROCÉPHALIE PAR MÉNINGITE
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variétés anatomiques. A notre connaissance, le bilan de la chirurgie est réduit actuellement aux Irois observations suivantes, dues à Mayo Robson, à Uahn, à Glym et Thomas*.
Mayo Robson Une fille de dix ans, n’ayant pas d’antécédents morbides, eut le 19 décembre 1888 de la fièvre avec otalgie gauche; au troisième jour se déclara une otorrhée, qui persistait lorsque, le janvier 1889, l’enfant fut admise à l’hèpital. On constata alors une température de 40®, 5, de la rigidité de la nuque, des secousses convulsives de la commissure labiale droite avec hémiparésie droite, de la céphalalgie gauche, de la névrite optique. L’hémiparésie s’aggrava vite, s’accompagna d’aphasie. Le 7 février 1889, Mayo Robson trépana sur le centre du bras et sous la dure-mère saine trouva le cerveau privé de battements; dans l’espoir de trouver dù pus, il pratiqua plusieurs ponctions infructueuses et finalement il enfonça l’aiguille jusque dans le ventricule latéral. Une demi-once de liquide clair s’écoula et les pulsations cérébrales reparurent. Pas de drainage. Dès le lendemain quelques mouvements revinrent dans les membres, dans le bras d’abord; au troisième jour, l’enfant pouvait répondre aux questions simples. Au bout d’un mois, les symptômes paralytiques avaient disparu, et six mois plus tard l’opérée était revue parfaitement bien portante.
Hahn®. Le malade, âgé de trente ans, fut envoyé à l’hôpital avec le diagnostic de tumeur cérébrale. Pas d’antécédents syphilitiques, mais, par contre, alcoolisme marqué. A son entrée, on notait de la déviation de la langue à gauche, une diminution du goût, des bourdonnements d’oreille et des douleurs sourdes dans la tête. Depuis novembre 1891 , l’acuité visuelle avait complètemeut disparu à gauche, et commençait à s’affaiblir à droite. Perte de mémoire. Immobilité pupillaire à droite. On diagnostiqua un kyste hydatique dans le lobe frontal et on résolut de l’aborder en taillant un lambeau ostéo-cutané quadrangulaire à base dirigée du côté delà région temporale; l’os fut taillé en biseau. La duremère n’offrait pas de pulsations; après son incision, la substance cérébrale fit hernie au dehors.
11 n’y avait point de tumeur, et on dut abraser la partie de substance cérébrale herniée, dans l’impossibilité de la réduire. Enfin on pratiqua une ponction exploratrice qui fit sortir des ventricules 100 grammes de liquide.
1. SciiiLLiNo [Münch. med. Woch.,- 1 janvier 1896, p. 8, obs. III) vient de publier l'observation d’un enfant de deux mois qu'il aurait guéri d’une hydrocéphalie aigue par ponction du ventricule latéral gauche. Le succès a six mois de date.
2. Mayo Robson, Drit. med. Journ., Loudon, 6 déc. 1890, t. II, p. 1292.
3. IIaiin, Verh. der deul. Ges. f. Cliir., Berlin, 1893, t. XXI, R® partie, p. 46.
IIYDROGÉPHAFJE PAR MÉNINGITE
Cette intervention un pou accidentée détermina une guérison rapide. Le malade recouvra la mémoire, les douleurs cessèrent et l’acuité visuellede l’œil droit revint notablement. Il s’agissait donc d’une hydrocéphalie comme on en voit survenir chez des alcooliques, dans la méningite cérébro-spinale.
Glym et Thomas*. Un garçon de dix-huit ans entra à l’hôpital le 5 mars 1895; depuis dix-huit mois, il soufifrait d’accidents peu à peu aggravés : céphalée occipitale, vertiges, chutes sans perte de connaissance, décroissance graduelle de la mémoire et de la vue; tête volumineuse (62 centimètres') ; nystagmus, paralysie oculaire (iv). Après échec de la médication antisyphilitique, on explorala fosse cérébelleuse droite,, le 17 avril 1895. Dès que la rondelle osseuse eût été enlevée, la dure-mère, privée de pulsations, fit une saillie considérable. Elle fut incisée, ledoigt introduit sous le cervelet ne révéla rien d’anormal et explora ainsi la face inférieure du lobe cérébelleux droit, du vermis et un peu du lobe cérébelleux gauche: puis le doigt fut dirigé vers le quatrième ventricule, rencontra une saillie molle qui disparut aussitôt, et ne trouva aucune tumeur. Quand on retira le doigt, un jet de liquide s’écoula, le cervelet cessa de faire hernie et la respiration se régularisa. Il était évident que le doigt avait effondré le voile médullaire postérieur, qui ferme en arrière le quatrième ventricule et avait fait cesser l'hydrocéphalie. Suture de la dure-mère. Drainage extérieur seulement. Peu à peu cessation des accidents et enfin guérison complète. Il est possible que dans ce cas l’oblitération du foramen du voile médullaire postérieur ait été produite par une méningite chronique bénigne *.
Nous ignorons quelle est la nature exacte des lésions dans les trois observations que nous venons de résumer. Certains auteurs ont attribué la première à la tuberculose : c’est une hypothèse que rien ne confirme et on peut aussi bien, sinon mieux, invoquer une méningite suhaiguë d’origine auriculaire. Mais il est plus prudent d’imiter Mayo Rohson, Glym et Thomas et d’enregistrer le fait sans chercher à remonter à la cause. Les études récemment entreprises, en Allemagne surtout, nous démontrent que la ponction lombaire possède une valeur diagnostique importante, en