MANUEL OPÉRATOIRE
recherches de Lannclonguc. FuUer ‘ a rappelé, un jour, qu’en 1887 il avait publié une observation, mais que personne n'avait consenti à suivre ses traces. Quant à Guéniot’, il a fait savoir en 1890 h l’Académie des sciences, où Lannelongue venait de communiquer son premier mémoire, que le o novembre précédent il avait posé, devant l’Académie de médecine, le principe d’une opération dont il entrevoyait la possibilité.
Malgré ces faits, que l’iiistorien impartial doit enregistrer, il est incontestable que la paternité de la craniotomie pour microcéphalie appartient à Lannelongue.
Voyons d’abord quel est le manuel opératoire de cette opération, puis nous étudierons ses résultats et ses indicaiions en recherchant si, avec nos connaissances actuelles d’anatomie et de physiologie pathologiques, nous comprenons que la création d’une suture artificielle soi t capable d’améliorer l’état intellectuel d’un microcéphale.
Manuel opératoire de la craniotomie. • — Dans son deuxième mémoire, Lannelongue a décrit deux procédés de crânieclomie^ linéaire et à lambeaux.
Dans l’un comme dans l’autre, on attaque d’abord le crâne avec une couronne de trépan, de préférence à une des extrémités de la brèche projetée, et à partir de là on creuse un fossé étroit, avec des pinces-gouges de modèles divers \ Pour éviter d’ouvrir la dure-mère, il convient de la décoller, ce que Maunoury (de Chartres) a fait avecunherniotomedeBœckel; il est plus simple d’avoir une pincegouge un peu courbe, dont la branche femelle est convexe et se
1. Kern {The Journ. of am. Ass., 1891, t. XVII, p. 216) nous apprend d’ailleurs que dans le cas de Fuller il s’est agi d’une trépanation.
2. Goéniot, Bull, de V Acad, de méd., Paris, 5 nov. 1889, 3® s., t. XXII, p. 409; Comptes rendus de l'Acad. des sc., Paris, 21 juillet 1890, t. CXI, p. 199. Les termes de Guéniot soot les suivants : « Aujourd'hui que la chirurgie crânienne, grâce aux pratiques antiseptiques, est devenue d’une réelle bénignité, ne pourrait-on pas concevoir une opération libératrice qui permettrait à l’encéphale de prendre, en partie au moins, son expansion naturelle ? Ce n’est pas le lieu de discuter ici cette grave question. Mais, dans ma pensée, la création d’un vaste réseau membraneux, propre à remplacer les fontanelles et les sutures oblitérées, ne serait pas absolument au-dessus des ressources de l'art. C’est à l’aide d’opérations successives, pratiquées à de longs intervalles, que je conçois la possibilité de réaliser avec fruit cette conception thérapeutique. »