Bourneville, Conçtr. ann. de méd. mentale, 1892, p
2. Voy. également le mémoire cité plus haut (p. 51a) de F.-P. Norbury.
3. Dana, Med. News, Philad., 22 avril 1893, t. LXII, p. 447. Amélioration légère, le crâne a un peu augmenté de volume. Publié au bout d’un an. — Sachs {Ibid.) a observé 3 malades opérés par divers chirurgiens. Deux morts rapides de choc, une guérison opératoire. Un des décès est probablement une opération de Gerster et Sachs publiée par Keen [toc. cit., obs. IV). Chez le malade qui survécut, on enleva sur un côté du crâne une bande osseuse longitudinale. Deux mois après, on en lit autant du côté opposé, et cette fois l’enfant succomba. La brèche de la première opération était comblée solidement par la dure-mère (qui n’avait pas été incisée) et par une masse fibreuse résistante : cela prouve, en somme, que l’opération n’avait pas suffi pour remédier à l’augmentation de la pression intracrânienne. Sachs croit que les résultats seraient meilleurs si on enlevait un large fragment osseux â la région frontale, car dans bon nombre de cas d’idiotie c’est la partie frontale du cerveau qui fait défaut. Dansla même discussion, soulevée par le mémoire de L.-C. Gray , IIam.mond a déclaré que la crâniotomie n’interrompt l'idiotie qu’en interrompant la vie. Sur 5 cas, opérés par des chirurgiens différents, il a observé 2 morts, 3 résultats à peu près nuis. A. Starr a été moins pessimiste : il a vu 6 cas, sans décès, et 3 fois l’amélioration intellectuelle a été notable. Dans sa monographie (p. diO, obs. XIV, XV et XVI) il relate trois succès relatifs (malades opérés par .Mc Burney et Hartley), mais un seul de ces cas concerne une crânio-
MÊSUF/rATS OPÉRATOIRES
que dans trois autres cas il avait vu mourir les opdrés en quelques heures. Binnie ‘ dresse une statistique où la mortalité est de 24,5 p. 100, et tout récemment sur 89 cas J. F. Barbour (de Louisville) trouve 16 décès. Nous ne tenons pas compte de la statistique d’A. Starr : 14 morts sur 34 cas, car les faits les plus disparates y sont réunis. Par exemple, l’écoulement rapide du liquide céphalorachidien y est considéré comme un facteur de gravité, ce qui est évidemment erroné pour la craniotomie proprement dite, où l’on ne doit pas ouvrir la dure-mère.
En réalité, l’opération bien conduite est assez bénigne pour qu’on soit en droit de la pratiquer à titre d’essais* : en 1891, sur 2o cas, Lannelongue n’avait perdu qu’un opéré. Ce qui pèse sur la statistique, c’est l’inexpérience de certains opérateurs, c’est parfois l’emploi de procédés spécialement graves*.
Nous sommes loin de prétendre que la léthalité doive être nulle: Horsley*, par exemple, malgré toute son habitude de la chirurgie
tomie linéaire pour microcéphalie, les deux autres sont des trépanations pour hémiplégie infantile ou idiotie et épilepsie. De même daus l’obs. XVII où la trépanation (Weir) fut mortelle. — R. Park [Med. News, Philad., 10 déc. 1892, t. LXl, p. 649} relate 7 cas avec 2 morts de choc. Sur les survivants, il y a une amélioration.
1. Binxie, The Journ. of tlie am. med. Ass., 2 avril 1892, t. XVIII, p. 424. Son observation personnelle est celle d’un enfant de vingt mois ; opéré au ciseau et au maillet. Accidents syncopaux pendant l’opération. Mort en treize heures. A l’autopsie, suture ossifiées. — Voy., sur l’idiotie sans microcéphalie, deux opérations, d’ailleurs mortelles, du même auteur {Ann. of Surg., avril 1894, t. XX, p. 453).
2. J.-F. Barbour, The med. and. surg. Rep., Philad., 12 oct. 1893, t. LXXII, n® 15, p. 463. Garçon qui se développa bien jusqu’à l’âge de quatre mois; à cet âge fermeture de la fontanelle et cessation du développement intellectuel. A deux ans, idiot caractérisé, avec attaques épileptiques fréquentes. M. Vance lui fit la cràoiotomie linéaire d’un côté le 6 avril 1893; de l’autre, le 16 juin. Chaque fois il y eut pendant une semaine environ une amélioration évidente, l’enfant sembla s’intéresser à ce qui l’entourait. Mais au total, résultat nul, sauf pour la diminution du nombre des attaques.
3. Delvoie {loc. cit., p. 310) relate 10 opérations de von Winiwarter, sur 7 sujets; 9 guérisons, 1 mort. Pas de résultats éloignés.
4. Horsley, Bril. med. Journ., 1891, t. II, p. 579. Garçon de sept ans; la maladie semble avoir débuté à sept mois, par des convulsions. Rràniotomie avec un trait longitudinal, et un trait le long de la suture fronto-pariétale. Dans un' autre cas, chez un enfant de trois ans, Horsley a obtenu une amélioration qui a débuté le troisième jcur. Pas de renseignements tardifs circonstanciés. Une mort analogue, avec hyperthermie, a été observée par LaiNphear (Journ. of am. med. Ass., 1894, t. XXII, p. 783. — Kee.x, Am. Journ., of med. sc,, Philad., 1891, t. CII, p. 233. Fille de dix-huit ans. -Mort en vingt minutes, d'hémorrhagie et de choc. — Denuy, Lancet, London, 7 décembre 1895, t. 11, 1422. L'enfant mourut à la seconde opération. On trouve un kyste hématique volumineux.
CRANIOTOMIE POUR MICROCÉPllAUE
cérébrale, a vu un de ses opérés succomber en présentant une hyperthermie subite et intense, arrivant à 42 degrés. Mais nous .pouvons conclure de la série intégrale de Lannelongue, la seule qui ait une importance numérique réelle, que la gravité n’est nullement hors de proportion avec celle de la maladie. C’est donc des résultats thérapeutiques que vont dépendre les indications.
Résultats thérapeutiques. — Si nous prenons la statistique tout récemment dressée par J. -F. Barbour, nous trouvons les l'ésultats suivants, pour les 63 sujets sur 89 qui ont survécu à l’opération ;
Résultats certainement nuis 20
Pas de renseignements 4
Diminution des attaques épileptiformes 1
Améliorations 48
• Voilà certes qui serait beau : améliorer 48 microcéphalies sur 89, fût-ce au prix de 16 décès! Mais si on analyse les faits de près, en
• dépouillant chaque observation, on arrive à une conclusion bien moins consolante.
Presque tous les auteurs qui ont fait des craniotomies pour microcéphalie ont observé une amélioration immédiate parfois remarquable. Ce n’est évidemment pas constant, et par exemple le résultat a été absolument nul chez les malades d’Estor*, de Heurtaux, de J. -F. Barbour. Mais dès les premiers jours, Th. Anger% Horsley, Prengrueber, etc., ont noté quelques modifications favorables ; les enfants criaient moins, semblaient acquérir quelque fixité dans le regard; quelques-uns ont cessé de se salir au lit comme ils le faisaient constamment jusque-là et pour la première fois de leur vie ont demandé le vase.
C’était encourageant, et pendant quelques mois les chirurgiens ont espéré que peu à peu, l’amélioration s’accentuant, on
1. Estor, obs. publiée par Revel, Th. de doct., Montpellier, 1891-92, p. 18. Fille, onze ans et demi. Succès opératoire. Résultat fonctionnel nul (constaté au bout de (juatre mois). — Heurtaux (de Nantes), Congr. f/’anç. de c/dr., Paris, 1891, t. V, p. 91. La fillette est morte cachectique au bout de cinq semaines. — J. -F. Barbour, voy. p. 927.
2. Th. Anoer, Congr. franç. de chir., Paris, 1891, t. V, p. 81. — Prexgrukbkr, Bkll. niéd., Paris, 27 (anvier 1892, p. 81. — Horsley, voy. p. 527.