ÉPILEPSIES SYMPTOMATIQUE, SYMPATHIQUE, ESSENTIELLE
sympathiques; pour comprendre aussi qu’après tout ces dpilepsies sont symptomatiques, au môme titre que celles auxquelles on attribuait naguère exclusivement ce nom. ’
Dans la pratique, cependant, cette distinction conserve une valeur réelle; il est important, pour la thérapeutique, de bien distinguer les épilepsies avec ou sans lésions cérébrales, et à cette démarcation tranchée se prêtent bien les termes d’épilepsies symptomatique et sympathique. Aussi, après nous être expliqués sur leur signification, continuerons-nous à les employer.
Une fois faite la part des épilepsies sympathiques et symptomatiques, ce qui reste constitue le domaine, encore vaste, quoique bien entamé, de l’épilepsie essentielle ou idiopathique. Mais ces mots ne doivent pas être pris dans leur sens absolu : ils servent, seulement, comme nomenclature d’attente, pour classifier les cas où la cause et la lésion échappent encore à nos moyens actuels d’investigation. C’est là que doit être rangé cet épileptique « vrai » dont, malgré les efforts de Lasègue, on n’a pu arriver à établir nettement le type en l’opposant aux épileptiques « faux » des deux espèces précédentes.
Du « vrai » au « faux », de quelque côté que nous nous tournions, nous ne voyons, en effet, aucune ligne de partage. D’abord, on n’a pas tardé à renoncer à l’aphorisme de Lasègue : « tout individu qui a une aura n’est pas un épileptique. » Un nombre considérable d’épileptiques qui rentrent, à part cela, dans la définition de Lasègue, ont en réalité une aura, aujourd’hui bien connue parce qu’on s’attache à la rechercher.
Faut-il prendre comme critérium l’hérédité et le début dans la jeunesse, sans cause connue? Ces données, elles aussi, vont nous laisser en défaut. Les travaux modernes ont, en effet, démontré à la fois que nos devanciers ont exagéré le rôle de l’hérédité et que, par contre, ils ont trop négligé l’influence des causes occasionnelles. Bien des épileptiques ont subi, à l’accouchement ou durant leur première enfance, des lésions traumatiques plus ou moins intenses du crâne ou du cerveau; en outre, P. Marie* a fait voir
1. P. Mahie, Progr. méd., Paris, 1887, n® 44, p. 33. — Voy. sur ce sujet la thèse de Veysset, Th. de docl., Paris, 1888-89, n® 243.