VARIÉTÉS DE L’ÉPILEPSIE DITE ESSENTIELLE
que, dans la genèse des épilepsies en apparence les plus spontanées, il fallait faire jouer un rôle important aux reliquats des diverses maladies infectieuses.
Voilà des constatations qui nous conduisent à rapprocher l’épilepsie dite « essentielle » des épilepsies le plus nettement symptomatiques. Il y a cependant une question de terrain qui a une influence considérable.
Si l’on voulait admettre, comme naguère on avait tendance à le faire, que l’épilepsie est un mal héréditaire, on ne tarderait pas à être convaincu d’erreur : les causes occasionnelles que nous venons de signaler sont bien plus fréquentes que l’hérédité similaire. Mais on aurait tort, également, de vouloir tout rapporter à ces causes. L’épilepsie elle-même fait souvent défaut chez les ascendants des épileptiques, mais presque toujours on trouve une hérédité nerveuse plus ou moins chargée. Cette hérédité de transformation doit être prise en sérieuse considération, et elle explique comment une cause insignifiante chez un sujet provoque chez un autre une épilepsie des plus graves.
Expérimentalement, nous le savons, on peut, par des lésions traumatiques du système nerveux central ou périphérique, provoquer à peu près à coup sûr l’épilepsie : et parfois la névrose pourrait après cela devenir héréditaire. Malgré cette constatation, et malgré l’épilepsie traumatique survenant, chez l’homme, à tout âge et en dehors de toutes prédispositions, à la suite des traumas cérébraux graves, il semble que d’ordinaire la prédisposition héréditaire soit un facteur important.
Une semblable association préside à l’étiologie du tabes, de la paralysie générale. Dans ces maladies, la fréquence — nous allions dire la constance — avec laquelle on trouve la syphilis dans les commémoratifs est telle qu’on ne peut pas admettre une simple coïncidence; et cependant, presque toujours aussi, on relève une hérédité ou des commémoratifs névropathiques très nets. Il en est d’ailleurs ainsi pour la syphilis cérébrale tout entière, dans ses diverses manifestations : n’en fait pas qui veut, a dit A. Fournier, et cet aphorisme — trop absolu comme tous les aphorismes — s’applique également à l’épilepsie.