PRÉDISPOSITION HÉRÉDITAIRE ET CAUSES OCCASIONNELLES
Ainsi, très souvent, un sujet devient épileptique parce qu’une cause occasionnelle vient mettre en éveil une prédisposition jusqu’alors latente, et qui, sans cela, le serait peut-être toujours restée* : cette épilepsie n’est donc pas aussi '( idiopathique » qu’on l’a prétendu; jusqu’à un certain point, elle est symptomatique. Et par contre, la prédisposition héréditaire est évidente chez bon nombre de sujets où la cause occasionnelle est d’une intensité telle qu’on la met au premier rang : cela s’observe, par exemple, pour bien des épilepsies traumatiques, pour l’éclampsie puerpérale, etc*.
Dans sa thèse sur l’épilepsiejacksonienne, sans doute, Péchadre* prend soin d’éliminer tous les cas où dans les commémoratifs on note un trauma; avec son maître Lépine, nous trouvons qu’il exagère, et dans bien des cas il est difficile, sinon impossible, de dire si l’on doit ou non placer réellement un trauma à l’origine du mal. A peu près tous les épileptiques ont subi des lésions traumatiques dont très souvent on trouve la trace sous forme d’enfoncements, de cicatrices ; mais dans leurs crises ne font-ils pas des chutes parfois graves? La filiation est évidente, par exemple, chez un malade où Championnière a pu déterminer que, les crises ayant débuté à quatre ans, une fracture du crâne avait eu lieu à l’âge de huit ans. Mais si cela est aisé pour les violences graves, cela devient malaisé, sinon impossible, pour ces traumas légers que subissent, avec une fréquence variable, tous les enfants sans exceptions et qui provoquent parfois des accidents nerveux immédiats, passagers et bizarres*. Comment expliquer les épilepsies, dont nous avons parlé’, qui surviennent de longues années — jusqu’à vingt ans et plus — après une plaie de tête? Nous avons cité une observation de Williamson et Jones" où la gravité de la bles-
1. Il y a peut-être un rapprochement à faire avec ce que nous avons dit (voy. p. 403) sur les tumeurs latentes jusqu’à un trauma.
2. Voy. p. 437 l’observation de Mc Cosh, relative à une épilepsie guérie par l'évacuation d’un hématome de la dure-mère chez une enfant dont la grand'mère est épileptique.