ÉPILEPSIE DITE ESSENTIELLE
chirurgicalemfint, et nous avons à choisir entre diverses interventions. En effet, guidés par des considérations théoriques que nous passerons sous silence, les chirurgiens ont proposé des opérations variées : ligature des gros vaisseaux du cou, ablation du ganglion cervical supérieur, trépanation.
Les deux premières de ces opérations ont évidemment une action sur le cerveau, mais cette action est indirecte, tandis que la trépanation constitue une méthode directe.
A prendre les statistiques en bloc, les opérations indirectes ne sont pas à rejeter d’emblée. En effet, dans un relevé récent, W. White ‘ donne les chiffre suivants :
Ligature des gros vaisseaux du cou, 30 cas, avec :
14 guérisons,
15 améliorations,
1 mort.
Ablation du ganglion cervical supérieur du grand sympathique, 24 cas, avec ;
6 guérisons,
10 améliorations,
5 insuccès,
2 morts.
Malgré ces chiffres, en apparence séduisants, et malgré une tentative récente de M. Chalot, de Toulouse S pour réhabiliter la ligature des grosses artères du cou, nous avouons que nous restons sceptiques. La preuve, à nos yeux, n’est pas parfaite : les succès nous semblent trop beaux pour être réellement probants, surtout si nous constatons qu’entre les mains de Kümmel ’ ces deux
1. w. White, Ann. of surg., Saint-Louis. 1891, t. XIY, pp. 81 et 161.
2. Von Baiucz [Wien. med. Woch., 1889, 7 et 9, p. 2il et 285), réunit 43 cas de
lif^ature des vertébrales chez des épileptiques avec 8 bons résultats, 11 améliorations, 19 nuis, 7 inconnus. Il conclut que c’est à essayer pour les épilepsies non réflexes et non jacksoniennes. — Chalot, Assoc. franç. av. sciences, Pau, 1892, d’après Mercredi med., p. 464. Publication hâtive, ne signifiant rien.
3. Kummel, Deut. med. Woch., 1892, n“ 23, p. 526, et Soc. méd. int. de Berlin, 4 avril 1892. 7 observations personnelles d’épilepaie idiopathique et 3 de jacksonienne. Dans l’essentielle, il a fait deux fois la ligature de la vertébrale, une fois l’extirpation du ganglion cervical supérieur, sans aucun résultat (opérations toutes deux
TREPANATION POUR ÉPII.EPSIE PARTIEM.E
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inlerventions n’onl donné aucun résultat; et nous eonlinuons à penser que si, Je traitement médical échouant, on se décide à opérer un épileptique, c’est au cerveau qu’il faut s’adresser directement.
Les indications opératoires sont assez différentes pour l’épilepsie partielle et pour l’épilepsie généralisée.
1“ Épilepsie partielle. — Nous avons cherché à montrer, il y a un instant, que la démarcation n’avait rien de net entre les épilepsies partielles et généralisées, essentielles et symptomatiques. N’y a-t-il donc point quelque contradiction à séparer maintenant ces variétés? En théorie certainement, mais non point en pratique, et cela ressort avec évidence de tout ce que nous avons vu dans les chapitres précédents. Nous savons que l’épilepsie partielle, lorsque le signal-symptôme est net, pur et constant, est souvent symptomatique d’une lésion accessible dont ce symptôme révèle le siège. Donc, même si, de par l’hérédité, de par l’ensemble clinique, on redoute une épilepsie essentielle, on est pleinement autorisé à aller, par la trépanation exploratrice, à la recherche d’une lésion possible.
Puisqu’il est impossible, dans la plupart des cas, de dire avec netteté si une épilepsie partielle est ou non symptomatique (au sens grossier du mot), le chirurgien doit toujours se comporter comme si la maladie relevait d'une lésion corticale grossière, d’une tumeur par exemple, ou d’une cicatrice ; c’est dire qu’une épilepsie jacksonienne justifie pleinement la trépanation exploratrice, guidée par la doctrine des localisations cérébrales. Si môme le signal-symptôme est net, on ne s’attardera pas au traitement médical *.
recommandées par W. Ale.\ander); 4 trépanations sur des points douloureux fixes ont donné 2 améliorations; 3 épilepsies jacksoniennes par trauma, 2 améliorations,
1. ÜEH.NHEiM (de Nancy) [Bull. m6d., Paris, 1891, p. 1053) a cherché à prouver que dans ces conditions, et surtout lorsqu'il n’y a pas perle de connaissance, la trépanation devra toujours être exceptionnelle. Il s’appuie sur un cas dans lequel une femme de trente-trois ans, trépanée par Uohmer et ayant de ce chef eu vingt-huit mois sans accès, eut une récidive due à une vive contrariété et en guérit spontanément, après échec du traitement syphilitique et de la suggestion. Cette femme avait, en outre, subi un trauma crânien. Ce fait ne prouve nullement que la trépanation de Rohmer ait été inutile.
TRÉPANATION POUR ÉPILEPSIE PARTIELLE
Après avoir ouvert le crâne, on incisera la dure-mère et on explorera l’écorce comme il a été dit à propos des tumeurs.
Il sera prudent de ponctionner le cerveau, môme si l’écorce paraît saine, car une lésion sous-corticale peut, par exception, causer de l’épilepsie partielle. Duflocq a publié un cas de ce genre où l’exploration, infructueuse d’ailleurs, fut pratiquée par Lucas- Championnière *.
En agissant de la sorte, on sera assez souvent conduit sur une production pathologique dont l’ablation pourra amener la cessation des accès convulsifs.
Mais lorsqu’on ne trouve ni dans l’os, ni dans la dure-mère, ni dans l’écorce cérébrale, aucune lésion susceptible d’expliquer les accidents, comment doit-on agir?
Lorsque le chirurgienne trouve rien, cela ne veut pas dire qu’il n’y ait rien : nous avons vu que toujours l’histologiste constate dans ces cerveaux quelques modifications morbides’. Mais nous nous plaçons au point de vue chirurgical, pratique et opératoire : et à ce point de vue nous sommes jusqu’à nouvel ordre forcés de conclure qu’il y a deux espèces d'épilepsie : une consécutive à des néoplasmes, à des traumatismes, à la syphilis, avec des lésions grossières, facilement appréciables, et que souvent le chirurgien peut extirper avec succès; puis une autre épilepsie causée par une altération interstitielle de l'organe, invisible pour le chirurgien, répartie en foyers unique ou multiples, et s’accompagnant, selon la répartition et l’importance des lésions, d’épilepsie partielle ou d’épilepsie générale d’emblée.
En pratique chirurgicale, les épilepsies à lésion grossière mériteraient seules le nom de symptomatiques. Les autres conserveraient leur caractère de maladie idiopathique, essentielle.
Certains opérateurs, cependant, tiennent compte de ces lésions. Même lorsque le centre correspondant au spasme initial paraît sain, ils en font le provocateur des crises. Et c’est ainsi que Horsley,