OBJECTIONS A L’EXCISION DES CENTRES
un seul cas où, malgré l’assertion de Macewen, la paralysie ait été équivalente à la désarticulation du membre; et souvent elle a été nulle ou transitoire, ou tout au moins n’a laissé après elle qu’une maladresse négligeable. Sur ce point, les observations de Horsley, de Benedikt, de Bidwell et Sherrington sont probantes. De même Iveen, d après son expérience personnelle, juge lui aussi que la paralysie qui suit l’excision d’un centre moteur est ^seulement temporaire : un de ses opérés qui avait eu la main complètement paralysée après l’opération, recouvra si bien l’usage de cette main au bout de trois ou quatre mois, qu’il pouvait jouer « base bail ». Un second opéré se sert très bien de sa main, quoiqu’elle soit encore légèrement parétique; enfin, un troisième malade a à peine conscience que sa main ait jamais été paralysée *.
On aurait encore pu redouter, après ces excisions, l’apparition d’une épilepsie ainsi créée de toutes pièces : les expérimentateurs ont en effet établi que c’est le sort commun des animaux qui survivent aux excisions corticales^ Mais, peut-être parce qu’on enlève une région déjà malade, il n’en a rien été, et s’il y a eu des résultats nuis, au moins n’a-t-on jamais aggravé les crises.
Les objections faites à priori sont donc moins importantes que ne l’ont cru leurs auteurs, et si l’excision des centres était plus efficace que la trépanation simple, il faudrait, sans hésiter, s’y rallier. Mais c’est précisément cette efficacité plus grande qui reste
séquence. Sachs est du même avis. Pour cet auteur [Acad, de méd. de New-York, 15 octobre 1891, The New-York med. Journ., 31 octobre 1891, p. 499), assez souvent l’épilepsie dite essentielle est liée en réalité à un trauma ancien et oublié. Au fur et à mesure qu’on fera des progrès, on trouvera un substratum anatomique à tous les cas d’épilepsie. De là cette première conclusion que dans tous les cas de lésion traumatique ou organique il faut opérer de bonne heure, pour prévenir la sclérose secondaire et ses conséquences. Si elle s’est établie, on peut, par une opération, prévenir des désordres plus grands. L’excision du centre est la seule opération rationnelle. Les kystes d’origine traumatique sont très fréquents. Dan.a. croit que quelquefois l’épilepsie résulte d’une tendance définie à la dégénérescence ; alors le traitement chirurgical est nul.
1. Ace point de vue, nous pouvons faire entrer eu ligne de compte, également, tout ce que nous ont appris les ablations de cicatrices kystiques, de tumeurs, les ruginations de ramollissements localisés, etc. Or elles confirment ce qui précède. Nous rappellerons, d’autre part , qu’il y a des paralysies transitoires après trépanation simple.
2. Expériences de Luciani, de llitzig. Voyez Ma.sson, Thèse citée, p. 64.
THÉPANATIÜN SIMPLE POUR ÉPILEPSIE PARTIELLE
(louleuso. Il y a bien les deux faits, mentionnés à propos de l’épilepsie traumatique, où Nancrède et Iloclienegg ont réussi par l’excision alors que la trépanation simple avait échoué*. Mais en dehors de cela, les éléments d’appréciation nous font défaut. Parmi les observations d’excision que nous venons de résumer, les échecs sont rares, soit ; mais les guérisons, au sens propre du terme, lesont aussi, et c’est d’améliorations surtout qu’est alimentée cette statistique. Or la trépanation simple ne semble pas de beaucoup inférieure : dans un rapport qu’il a lu à la Société de chirurgie à propos d’une observation de Verchère, F. Terrier est arrivé à un total de 21 cas avec 12 guérisons, 6 améliorations, 3 résultats nuis. C’est donc encourageant; ce serait môme remarquable si l’on pouvait prendre les chiffres au pied de la lettre. Mais il faut se souvenir que les observations sont très souvent publiées avant d’avoir six mois de date. Or, nous savons que les récidives ne sont pas rares, et dès lors on doit faire quelques réserves sur bon nombre de guérisons.
Ce qui est certain, c’est que l’on observe souvent la cessation de la céphalée et l’atténuation des grandes crises en petit mal ; et déjà c’est beaucoup.
Nous nous bornerons à résumer ici quelques observations. Nous ferons remarquer que plusieurs des malades qui en sont l’objet ont subi, à des époques et avec une intensité variables, des traumas crâniens, sans que cependant il soit possible de dire si l’épilepsie peut en réalité être qualifiée de traumatique Et dans le cas de Jaboulay l’étiologie reste en suspens entre la pachyméningite hémorrhagique et un traumachez un épileptique. Nous avons rangé
1. Mills a signalé en 1889 à l’Assoc. neurol. amér. {New-York med. Journ., 20 juillet 1889, t. L, p. 81) un cas analogue. Après trépanation simple sur une cicatrice douloureuse, la douleur cessa, mais il se produisit de l’épilepsie jacksonienne. Excision des centres. Guérison. Nous citerons encore, à ce propos, des faits de Navu.\til {Beilr. z. Hirnchirurgie, Stuttgart, 1889), de Salzeh {Wien. klin Woch., 1889, n® 5, pp. 91 et 115) où, après échec de la trépanation simple, l’excision de l’écorce malade amena la guérison. Dans le cas de Hochenegg, d’ailleurs (voy. p. 251) l’excision fut faite accidentellement à cause d’une hernie cérébrale et non par la méthode de llorsley, — Dans un cas de Buau.n [Verh. d. deut. Ges. f. Chir., Berlin, 1891, t. XX, p. 117) on extirpa un kyste cérébral, puis on réséqua l'os hyperoslosô en regard du centre du pouce, d’où partait l’accès, et finalement le malade ne guérit qu’après excision du centre cortical.
TiU>:PANAT10N SIMPLE POUR KPI[>KPSIE PARTII^LLE
les observations des cas les plus simples aux plus complexes, de l’épilepsie Iranchemcnt jacksonieiine aux crises presque généralisées.
Lépine*. Homme de trente-quatre ans; attaques débutant invariablement par la commissure labiale droite. Le 20 octobre 1887, trois jours d’état de mal ; T. 39 degrés, échec du bromure et du chloral à hautes doses. Trépanation (D. Mollière), sur la moitié inférieure de F“. Le cerveau est seulement congestionné, ponction blanche. Cette opération, quoique pratiquée in extremis, fut suivie d’un amendement progressif, puis de la disparition des attaques. La guérison se maintient au bout de vingt mois. (Voyez l’observation complète dans Pécuadre, Th. de doct., Lyon, 1888-89, n“ 409, p. 66.)
H. Engel Garçon de quatorze ans. Début à six ans, attaques de fréquence très irrégulière, commençant par un des membres supérieurs; l’enfant, auparavant intelligent, est devenu vicieux, presque idiot. Il y avait une dépression fronto-pariétale manifeste et, admettant une ossification prématurée des sutures, Packard fit, en deux séances, le 10 avril et 17 novembre 1891, une crâniectomie de chaque côté, à cheval sur la suture fronto-pariétale. Au bout de cinq mois, crises rares et légères ; état mental devenu très satisfaisant.
Hutton et Wrigiit^ Garçon de onze ans; début à trois ans; épilepsie généralisée d’abord, puis localisée à droite, avec aphasie, déchéance intellectuelle. Trépanation sur la zone motrice à gauche; cerveau normal. Réimplantation de la rondelle. Les crises n’ont pas tardé à reparaître, un peu moins violentes toutefois; l’état intellectuel ne fut pas modifié.
Rohmer^. Fille de vingt-quatre ans, idiote, présentant, depuis l’apparition de ses règles, des crises épileptiques, à gauche surtout. Large trépanation pariéto-occipitale à droite. Les crises se sont peu à peu espacées, puis ont disparu; l’idiotie n’a pas été modifiée (résultat au bout d’un an).
PosTEMPSKi®. Femme atteinte d’épilepsie corticale, attaques quotidiennes : les signes étant surtout marqués à droite, on trépane sur la scissure de Rolando du côté gauche, sur les centres du bras droit. L’os