Du.«as, Th. de doct., Paris, 1888-89, n
6. Lucas-Cha.'hpion.mére, Bull, et mém. de la Soc. de chir., Paris, 1891, p. 432.
STATISTIQUE DE LUGAS-CHAMPIONNIÊRE
droit et embarras de la parole. Le 10 février 1887, trépanation sur la zone rolandique gauche. On enlève une hyperostose. Amélioration de la paralysie et cessation des convulsions pendant un séjour de deux mois à l’hôpital. En 1891, il n’y a pas guérison, mais amélioration notable.
2® Observation X. Homme de vingt-quatre ans, épileptique depuis l’àge de quatre ans; à huit ans, chute sur la tête, et actuellement, on sent un cal sur l’occipital. Environ une attaque par semaine. Le 27 février^ trépanation sur la zone rolandique gauche, parce que de ce côté le crâne est déformé, atrophié. Continuation des attaques, qui semblent plus légères; les dernières nouvelles ne datent d’ailleurs que du 21 mars 1887.
3° Observation XIII. Homme de vingt ans, épileptique depuis l’âge de quatorze ans; père mort de delirium tremens; un frère épileptique. Environ une attaque par mois. Trépanation le juin 1887, sur la zone rolandique gauche. Résultat nul.
4® Observation XVI. Garçon, onze ans et demi; père aliéné. Début dans la première enfance, environ une crise par mois; neuf mois sans crise, puis reprise à l’occasion d’une frayeur et aggravation (jusqu’à deux crises par jour). Le 9 août 1888, trépanation sur 1a zone rolandique gauche. « Pas d’accès dans les deux premiers jours ; quelques crises plus tard, s’espaçant de plus en plus et perdant en intensité ». (Pas de renseignement circonstanciés, pas de dates).
O® Observation XVII. Garçon de dix-huit ans; hérédité nulle; début à treize ans, une crise tous les quinze jours environ, état mental voisin de l’idiotie. Trépanation le 13 décembre 1888 au-dessus de l’oreille gauche (la dernière attaque a laissé peu d’aphasie). Résultat à peu prés nul; cependant le sujet pai'aît un peu moins inintelligent.
6® Observation XXIII. Fille de dix-huit ans, ayant depuis trois ans des douleurs crâniennes avec bruit et vertiges, devenues intolérables depuis un an ; les douleurs sont réveillées par la pression sur la bosse pariétale gauche. Trépanation sur ce point le 20 juin 1889. La malade est restée deux mois dans le service ; douleurs très améliorées, les sifflements persistent; mais la marche est assurée. Une seconde opération a été pratiquée le juillet 1890, ce qui a encore procuré de l’amélioration (juin 1891).
7® Observation XII. Homme de vingt-deux ans; début à dix-sept ans. Les attaques s’accompagnent souvent de contractions du membre'supérieur droit; par intervalles, lourdeur dans cette main. Le 18 août 1887, un peu en avant de la partie moyenne de R; exeat le 10 novembre 1887 en excellent état. Dix mois après, n'avait plus eu une seule attaque
ÉPILEPSIE ESSENTIELLE GÉNÉIIALISÉE
8" Observation XIV. Fille de dix-neuf ans; père absinlhique. Début il y a un an; une attaque par mois, en général à l’époque des règles; dans l’intervalle, céphalalgie à droite, vers le vertex, douleur à la pression. Trépanation le 6 décembre 1888 sur la région douloureuse; crâne épais dur, peu vasculaire; cerveau rougeâtre et très tendu. Ces.sation des accès de février 1889 1889.
A lire ces observations, on constate nettement que les résultats favorables — guérisons ou améliorations importantes — concernent, à peu près tous, les cas où il y avait an moins un signe spécial, fût-il léger, fût-ce seulement un point douloureux du crâne. Au contraire, les résultats nuis sont notés dans les Cas où on n’a pu découvrir un point plus particulièrement malade et qui ait invité le chirurgien à y placer une couronne de trépan. Et si l’on parcourt les autres observations publiées à l’état isolé par d’autres auteurs, on arrive exactement à la même conclusion.
En présence d’une épilepsie ordinaire, nous sommes donc plutôt partisans de l’abstention, et, en fait, nous ne sommes jamais intervenus. Les résultats dont nous avons connaissance nous ont paru trop médiocres pour que, dans l’état actuel des choses, nous nous départissions de cette réserve. Mais cette solution négative n’est pas à nos yeux sans appel. Parmi les épileptiques, la chirurgie en a déjà soulagé un bon nombre; la majorité lui échappe encore, malheureusement, mais le passé nous permet d’espérer en l’avenir, et dès lors les téméraires d’aujourd’hui seront peut-être les raisonnables de demain
Mais nous ne croyons pas que jamais l’intervention opératoire puisse suffire à elle seule; même après le traitement chirurgical d’une lésion grossière, il faut, en cas d’épilepsie franchement symptomatique, combattre par les bromures ce que les médecins appellent « l’habitude épileptique » ; à plus forte raison en est-il ainsi pour l’épilepsie dite essentielle, jacksonienne ou non. Et de même que nous avons formellement conseillé de n’entreprendre l’action chirurgicale qu’après échec du traitement médical, nous terminerons en citant l’aphorisme de Grasset : « le bromure doit être un aliment pour l’épileptique guéri. »
TRAITEMENT OPÉRATOIRE DES PSYCHOSES
§ II. — Psychoses.
Jusqu’à présent, nous avons étudié soit des maladies mentales à lésions connues, au moins en partie, telles que la paralysie générale, soit des troubles psychiques variés, à lésion connue ou inconnue, consécutifs à une étiologie spéciale, au trauma, par exemple. Actuellement, nous avons à nous occuper de certaines psychoses sans lésion déterminée : tout ce que nous savons en pathologie nous conduit à penser que peu à peu, comme nous l’avons vu pour l’épilepsie, nous arriverons à connaître sinon la cause, au moins les lésions. Alors nous pourrons peut-être établir scientifiquement quelques indications opératoires. Mais, de loin, nous n’en sommes pas là, et nous croyons devoir passer sous silence, en raison de leur inefficacité, les interventions d’ordre purement empirique.
Une tentative cependant, due à Burckhardt (de Préfargiers) mérite de nous arrêter un instant, car elle a pour point de départ une théorie probablement erronée mais intéressante.
Burckhardt part de l’idée que les psychoses ne sont pas dues à des lésions diffuses, mais à des lésions en foyer plus ou moins nombreuses. Aussi a-t-il pensé que l’on pourrait essayer, suivant les cas : soit d’intercepter, en les sectionnant, les voies d’association corticale qui transmettent les impressions pathologiques nées en des parties sensorielles et idéogènes du cerveau; soit de supprimer certaines hallucinations en détruisant le centre cortical correspondant.
Voici d’abord les six observations de Burckhardt.
I. — Veuve de cinquante ans, atteinte depuis seize ans de délire furieux avec des accès très violents à apparition brusque et à caractère impulsif très dangereux. L’auteur se proposa de supprimer par une intervention les accès aigus et de transformer ce délire en un délire tranquille. A la suite de considérations, théoriques et physiologiques, il arriva à cette conclusion que ces crises de folie furieuse devaient élrc dues au manque de la résistance normale que les centres moteurs
1. Buhckhahdt, X” Congrès intern. des sc. méd., Rerlin, 1890. Dans le compte rendu il n’y a qu’une courte analyse du mémoire, paru ta extenso dans la Zeilschr. f.Psych., 1890, t. XLVH, fasc. 5. Nous en avons trouvé une analyse critique très détaillée dans la monographie citée de Saiili, p. 310.
TRAITEMENT OPÉRATOIRE DES PSYCHOSES
opposent physiologiquemenl aux autres centres corticaux, qui sont les points de départ des incitations motrices. 11 se proposa donc de couper la vole de transmission entre ces derniers et les régions motrices, en séparant celles-ci, par des excisions de l’écorce en bandelettes, de la partie postérieure c’est-à-dire des zones sensorielles et par l’ablation de la portion triangulaire de la circonvolution de Broca, de la partie idéogène du lobe frontal. Pour cela il pratiqua quatre opérations: l’exci.sion fut faite en arrière de chaque côté de la région motrice ; l'ablation de la partie antérieure de la circonvolution de Broca n’eut lieu qu’à gauche. La malade n’eut pas d’aphasie, mais ne présenta que des paralysies passagères, qui disparurent rapidement; les accès aigus auraient disparu, et la malade, n’aurait plus souflért que de démence tranquille.
II. — Homme de trente et un ans et demi, souffrant depuis huit ans du délire des grandeurs, qui avait débuté brusquement et secondairement d’idées de persécutions avec accès d’impulsion ambulatoire. Hallucinations auditives verbales.
L’auteur se proposa encore de rompre la communication entre les centres producteurs de l’incitation et les centres moteurs, qui excitaient ces actes impulsifs. Par comparaison de l’ensemble symptomatique, présenté par le malade, avec la démence des paralytiques, il localisa les centres, qui étaient le point de départ de l’irritation, dans l’écorce du lobe frontal, et en particulier du lobe frontal gauche, parce que certaines manifestations irritatives prédominaient à droite.
11 pratiqua donc l’excision à gauche dans la portion du lobe frontal voisine de la région motrice. Le malade eut après l’intervention des attaques épileptiformes, mais serait devenu plus calme.
III. — Homme de trente-cinq ans, atteint de folie aiguë avec hallucinations de l’ouïe, délire passif de persécution. Au bout de deux ans, la maladie s’était transformée en folie furieuse avec persistance des hallucinations. L’auteur pensa que les hallucinations étaient la cause principale de l’état d’excitation du malade ; il crut pouvoir localiser ces hallucinations dans le centre sensoriel de la parole, sans toutefois exclure complètement le centre de Broca, et se résolut* à pratiquer une excision corticale au voisinage de la circonvolution de Wernicke. La surdité verbale, que cette intervention aurait pu entraîner, ne se montra pas et le malade devint plus tranquille : les hallucinations auraient été moins nombreuses, mais elles n’auraient pas diminué d’intensité.