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IV. — Cas à peu près analogue au précédent

V. — L’auteur pratiqua chez un malade atteint d’hallucinations verbales, une excision corticale du centre sensoriel et du centre moteur

TRAITEMENT OPÉRATOIRE DES PSYCHOSES

de la parole; le succès aurait été le même : tranquillité notable et diminution des hallucinations. Ni surdité verbale, ni aphasie.

VI. — Il s’agissait d’hallucinations auditives de la parole; le malade présenta de la cécité verbale, mais les hallucinations cessèrent complètement; quatre jours après l’opération, survinrent des convulsions et, au sixième jour, la mort par paralysie vasculaire cérébrale.

Ainsi, dans deux cas, pour intercepter les voies d’associations corticales, qui transmettaient les impressions pathologiques de la région sensorielle à la région motrice, Burckhardt excisa de l’écorce des bandelettes de la partie postérieure des circonvolutions frontale et pariétale, et de la circonvolution de Broca à gauche : un malade a été très amélioré, et son délire furieux, avec caractère impulsif très dangereux, a fait place à un délire tranquille. Le second malade serait également devenu plus calme.

Les autres malades étaient atteints de délires avec hallucinations : localisant ces hallucinations dans le centre sensoriel de la parole, Burckhardt pratiqua l’excision corticale de la temporale et de la 3® frontale gauches. Trois malades ont retiré avantage de l’opération, le 4® est mort six jours après l’opération, mais durant les quatre premiers jours, alors que nul accident ne s’était encore révélé, les hallucinations avaient cessé complètement.

Mais est-il exact qu’en creusant ainsi un fossé cortical on supprime les communications entre deux centres dont les associations sont défectueuses? Que les psychoses soient ainsi dues à des associations de cette nature? Que les hallucinations ne puissent plus se produire une fois détruits les centres corticaux correspondants? Autant de propositions hypothétiques et dont Sahli fait la critique.

On répondra, sans doute, que les malades de Burckhardt ont été améliorés; mais il est facile de riposter en invoquant les améliorations que souvent on observe, chez tous les aliénés, spontanément ou à la suite d’un choc moral; en se demandant si la rechute ne guette pas les opérés.

La question restera obscure tant que les faits ne se seront pas multipliés ; or, jusqu’à présent, personne ne semble avoir suivi les traces de Burckhardt. 11 faut bien reconnaître qu’a priori on

UnOCA ET MAUBUAC.

TRÉPANATION POUR CÉPIIAI.ALGIE REREM.E

n’y est guère engagé et que nous ne sommes pas beaucoup plus avancés qu’à l’époque où Roland de Parme trépanait les aliénés pour donner issue aux vapeurs du cerveau.

§ III. — Céphalalgie.

Parmi les symptômes justiciables de la trépanation, Ilorsley range la céphalalgie fixe, rebelle aux traitements non opératoires *.

Pour la céphalalgie traumatique, nous avons vu que cette assertion est exacte, mais lorsque fait défaut cette étiologie, elle est pour le moins exagérée. 11 convient d’ailleurs de faire remarquer que les quatre observations citées par Ilorsley dans ses tableaux ont trait à des cas où l’origine est nettement traumatique.

Doit-on, cependant, protester contre ces tentatives avec l’énergie dont Krônlein, Sahli nous donnent l’exemple? Nous ne le pensons pas. Malgré l’antisepsie, affirme Sahli, la trépanation est dangereuse, les statistiques de Ilorsley lui-même en font foi; et le second aphorisme de Sahli est que l’on doit restreindre au minimum- les indications de la trépanation exploratrice.

Ces deux propositions nous paraissent contestables. La trépanation simple, bien pratiquée, n’est pas dangereuse, et on a parfaitement le droit de l’entreprendre à titre d’opération exploratrice. C’est à ce titre qu’elle peut être indiquée pour certaines douleurs crâniennes localisées, parfois seules à révéler une lésion osseuse dont le trépan triomphe; et si on ne soulage pas le malade on est à peu près sùr de ne pas lui nuire. Indication tout à fait exceptionnelle, nous n’hésitons pas à le proclamer, mais indication qu’il est sage de ne pas repousser d’une manière absolue.

1. IIousLEY, Ih'il. vieil. Journ., 1800, t. II, p. 1288. — Celte opiniou est d'ailleurs fort vieille et les anciens ont trépané pour des douleurs localisées et rebelles. Voy. Ahetéh, Op. om. Ed. Kuhn., Lipsiæ, 1828, pp. 290 et 310. — Nepkeu (06s. de adfectibu.<i capiiis, 1717) parle d’un homme qui se fil percer le crâne avec un vilebrequin par un maréchal et fut ainsi débarrasé d’une céphalalgie rebelle. D. Panaroli (1632), P. de Marchettis (1665), M.-A. Severin (1636) trépanaient pour les céphalalgies d’origine vénérienne. — Nous mentionnerons un échec de J.vboulay.

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