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OLFACTION. CENTRES DU LANCACE

en pratique, jusqu’à présent. Ces centres occupent le lobe temporal tout entier pour Luciani et pour Munck, la partie moyenne de la première temporale seulement pour Ferrier. D’après Luciani et Munck, la destruction de ce lobe n’entraînerait qu’une surdité temporaire ; nous nous trouvons donc en face de suppléances faciles, comme nous venons d’en rencontrer pour la vision.

3“ Olfaction. — Pour l'olfaction, on ne s’est pas beaucoup adressé à l’expérimentation physiologique. Mais par ses études d’anatomie comparée, P. Broca est arrivé à localiser cette sensibilité spéciale dans la circonvolution du corps calleux, dans la circonvolution de rhippocampe, et dans la partie postérieure du lobule orbitaire, en arrière de l’incisure en H. Ces opinions sur le lobe limbique et l’olfaction ont d’abord été combattues par Ferrier, qui, depuis, s’y est rallié. Munck également a adopté cette manière de voir.

Les centres du langage. — Il serait trop long d’entrer ici dans les détails relatifs à l’aphasie et à ses diverses formes. Mais le langage étant, dans son essence générale, la faculté d’expression, et relevant dès lors à la fois, dans une propoxdion variable suivant le sujet, de notions emmagasinées par l’écorce et fournies par les sens spéciaux (vue et oreille) et par une mémoire de la coordination motrice qui caractérise certains actes particuliers (langage articulé, écriture), on conçoit qu’il puisse y avoir, en clinique, plusieurs variétés d’aphasie et que chaque variété corresponde à un centre spécial.

L’aphasie étudiée par P. Broca en 18G1 est, à proprement parler la perte du langage articulé., c aphémie^ selon le terme employé par lui, d’abord critiqué sans grand motif et aujourd’hui adopté pour différencier cette variété des autres, dont l’étude clinique a été menée à bien depuis par Wernicke, par KussmauLpar Charcot et ses élèves Bernard, Ballet, en France C

D une manière générale, il y a deux espèces d'aphasie : motrice et sensorielle, causées par des lésions des deux grandes zones correspondantes du cerveau.

1. Voy. sur ce sujet la remarquable thèse de Beunaud, De l’apbasie et de ses direrscs formc.s, Th. de doct., Paris, 1884-188.7, n« 85. — Bai.liît, De l’apha.sie, Th. d'agrég. en méd., Paris, 188B.

80 CENTRES DU LANGACE; Al’llÉMIE, AGRAPHIE, CÉCITÉ VERRALE

Tous les centres du langage sont situés à gauche chez les droitiers, et à droite chez les gauclicrs (soit une fois sur quatorze dans la race caucasique).

La destruction du pied de la troisième frontale entraîne V aphémie,

Fig. 4". — Aphasie motrice pure par lésion limitée du pied de la troisième frontale gauche, pF^. F, frontale ascendante; P, pariétale ascendante (Ballet et Boix).

OU perte de la fonction du langage articulé. Ce centre est donc situé juste dans le voisinage de celui des lèvres, du larynx, de la langue.

La destruction du ptied de la deuxième frontale entraînerait \ agraphie, ou perte du langage écrit, et on remarque que ce centre

Fig. 48. — Agraphie (Cas de Henschon).

est situé tout contre celui des mouvements du bras. Le centre de l’agraphie est discuté.

La destruction de la partie postéro-inférieure de la deuxième pariétale, c’est-à-dire du pli courbe (entre ce jüi courbe et le pli de passage pariéto-occipital) entraîne la cécité verbale ;noMS rappe-

CENTRES DU I,ANCAGE, SURDITE VEURAI,E 81

Ions qu’il y a uu instant nous avons déjà vn le pli courbe en relation probable avec les fonctions visuelles.

La destruction de la partie moyenne de la première temporale entraîne la surdité verbale; et ce point est voisin do celui que nous avons maiapié comme centre de l’audition.

Fig. 47. — Région'de l’êcorcc dont la Idsion donne lion à la cécité verbale.

Le chirurgien a besoin de connaître les différences cliniques des variétés de l’aphasie. L’aphémie est certainement la variété la plus fréquente, mais elle n’est pas la seule, et à trépaner tout apha-

Fic. 48. — Localisation corticale de la surdité verbale h la première temporale gauche.

Il faut remarquer que le foyer s’arrête, on arriére, à l'extrémité postérieure do la scissure de Sylvius. Or cette limite n'est pas celle do la première circonvolution tcmiiorale. qui s'étend plus loin encore vers la région occipitale. Il y a li uno causo d’erreur dans la détermination du siège de la mémoire auditive verbale : suivant que les auteurs assignent pour limite postérieure à la première circonvolution temporale l’extrémité de la scissure do Sylvius ou un point plus reculé, il.s ont pu conclure que le foyer de la surdité verbale occupait la partie moyenne ou la partie postérieure do la première circonvolution temporale. — La région figurée sur ce schéma comme étant nu foyer de la surdité correspond exactement au pied du pli de passage pnriélo-lcmpnral Iranseerse (K. Hrissaud).

sique sur le pied de la troisième frontale, ou ris([uorait do passer

unoc.4 ET .UAUmt.VC.

CENTRES lJU LANCACE

quelquctois à côté d’une lésion que n'eùl pas méconnue un opéraleur mieux instruit. De même qu’avant de j)ublier un fait contraire à la loi do Broca, il est indispensable : 1" d’avoir étudié avec soin sur le vivant la modalité exacte de l’aphasie; 2“ d’examiner non seulement la couche sous-corticale de la troisième frontale, mais encore les centres dont la destruction peut causer les autres formes de l’aphasie.

Une autre variété importante à connaître, si l’on veut éviter les erreurs de diagnostic topographique, est celle des aphasies de conduclibilité, mais nous ne pouvons exposer ici ces questions, pour l’étude desquelles nous renvoyons aux traités spéciaux, et en paiticulier au récent article de Brissaud'.

1. Outre les ti'avau.'t cités au cours de cet arliclc, on consultera les suivants Biuss.^ud, Tiaité de médecine (publié sons la direction de Charcot, Bouchard et Brissaud), t. VI, pp. 1, 95 et 102, Paris, 1894. Nous avons emprunté nos schémas 33 à 48 à cet e.xcellent article. — Chahcot et Pithes, Centres moteurs coiticaux (collection Gharcot-Debove), Paris, 189.i. — D. Fehiueu, Les fonctions du cerveau (trad. paj H. de Varigny), in-S», Paris, 1818. — D. Fehuieu, De la localisation des maladies cérébrales (tiad. par U. de Varigny), Paris, in-S“, 1819. — Fkançois-Fraxck, Leçons sur les fondions motrices du cerveau, P.. ris, 1881. — L.-C. Gray, New-Yoï/c med. Journ., 18 juin 1881, t. XL^’, p. 613. — Cuciani et Seppilu, Le localizzazioni fonzionali del cervdlo, iii-8°, Naples, 188.5. — Warnots et Lauhe.nt, Les localisations cérébrales et la topoffraphie crdnio-céréb>ale, in-8“, Bru.xelles, 1893. — Yetter, Deut. Arch. f. Iclin. Med., Leipzig, 1886-81, t. XL, l'asc. 2, p. 228 (résumé d'une discussion divanl le Congrès des naturalistes allemands).

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