CORPS ÉTRANGERS DU CERVEAU
rail être question. Dans les coups de feu à la temi)e, la perforaüon de part en part est souvent indiquée par des signes évidents: cécité, infiltration sanguine du coté de l'orbite opposée ; plus rarement, mais d’une façon (jui, au premier abord, paraît plus précise, par des signes de localisation dans la zone motrice opposée, et en particulier Le Dentu‘ a publié récemment à l’Académie de médecine une observation intéressante à ce point de vue. Mais si, dans ce cas, à première vue si net, on eût trépané, en raison d’une monoplégie brachiale, sur la partie moyenne de la frontale ascendante, on eût trouvé en ce point un foyer de plaie contuse, mais de balle ' point ; elle avait ricoché sur la face interne du crâne et s’était de nouveau cachée, allant fort loin en arrière, au milieu de la sub- j stance blanche. J
A ce propos, Dagron et Delbet ont entrepris des expériences cadavériques qui ont bien démontré ces ricochets, souvent fort t étendus, des balles qui ont traversé le cerveau de part en part ‘h Ces ' recherches ont montré, en outre, qu’avec la balle pénètrent dans ’ le cerveau des esquilles nombreuses et divergentes, fait vérifié depuis par les expériences de Delorme, par des autopsies diverses. i
La recherche des balles dans le cerveau est donc une operation -î des plus aléatoires. D’autre part, il est incontestable que ces corps l étrangers sont souvent mieux supportés qu’on n’aurait été tenté I de le croire a •priori. Une balle de revolver aseptique s’enkyste , très souvent et le sujet guérit h L’un de nous a observé quati-e sujets ‘
1. Le Dente, Bull, de l'Acad. de méd., Paris, 1891, t. XXV, p. Iü9. La pièce a été . présentée par Dagron avec observation détaillée à la Soc. anal.. Paris, 1891, p. 112.
2. Delbet et D.eoron, Plaies pénétrantes du crâne par balles de revolver. Bull, de ' la Soc. anal., Paris, 12 juin 1891, p. 334. Dans ces expériences, 31 fois sur 4o la balle enfoncée dans la substance cérébrale n’eût pu êlre extraite; et de plus si on y fût parvenu, on eût laissé dans plus de la moitié des cas des esquilles d'un volume égal, sinon supérieur à celui de la balle. 11 ne faut donc trépaner que si on a d’autres raisons que la recherche de la balle.
3. L’enkystement définitif des corps étrangers du cerveau est prouvé par quelques pièces. Ainsi R. Slee {Med. News, Philad., 2o juillet 1891, t. 11, p. 95) en faisant l’autopsie d'un homnle mort de plaie de l’intestin a trouvé dans le crâne une lame de couteau enfoncée de 2 cent. 1/2 dans le cerveau. La pointe de la lame était prise dans une forte capsule fibreuse qui tenait au cerveau et à ses membranes par de solides adhérences. Rien de visible à l’os, et l’auteur admet que la lame avait passé à travers la suture occipito-pariétale pendant l’enfance. Slee cite des faits analogues de O. Gallaghan, Wilson, II.-C. Dalton. Andrews, cité par Vooi. {Wien. med. Presse,