COUPS ÉTRANGERS DU CERVEAU
qui s’éUiient tiré un coup de revolver k la lempe, et trois fois des symptômes oculaires du côté opi>osé démontraient que la balle avait traversé le cerveau do part en part. Or trois de ces blessés ont rapidement guéri, et chez celui (jui a succombé, la balle avait, en passant, ouvert la voûte des fosses nasales, ce qui avait sans doute été la cause principale de la méningo-oncéphalite mortelle.
Il est vrai que nous n’avons pas suivi pendant longtemps ces
malades, et rien ne prouve qu’ils n’aient pas eu des accidents consé-
. cutifs plus ou moins tardifs, ou qu’ils n’en auront pas. 11 y a, en effet,
des observations où à une époque variable, quelquefois au bout de
plusieurs années, se déclare un abcès cérébral ou une méningo-
encéphalite aiguë autour d’un corps étranger jusque-là bien toléré*.
C’est alors qu’il faudrait pouvoir ouvrir au plus vite l’abcès : mais,
sauf exception rare, on sera arrêté par l’impossibilité de déterminer
; son siège «
1889, p. 134), a réuni 72 observations où la balle a été tolérée. Il serait facile de multiplier ces e.\einples.
1. Des faits de ce genre ont été cité à la Société de chirurgie de Paris par Puengruehek (1887, p. 389) par Gescuwimd (1887, p. 392) au bout de deux mois, de quaire I ans. A l’autopsie des sujets morts tardivement, on trouve des lésions septiques. La i fréquence de ces accidents secondaires ressort bien des relevés statistiques de H. -R. Whartox, Philad. med. Times, 19 juillet 1879, t. IX, p. 493, de Rhadkoud et SjiiTit, Boston med. Journ., 13 oct. 1892, t. CXXV, p. 400. Mais rien ne prouve, dans ces chiffres, qu’ils soient plus rares, -pour les balles intracérébrales, dans les cas où l’on est intervenu.
1. Nous citerons encore les observations suivantes : Adamkieavicz, Wien. med. Wocli., 1891, pp. 2009 et 2036 (diagnostic du siège). — Beli.amy, Brit. med. Journ., 19 mars 1887, t. I, p. 616 (séjour de quatre ans). — P. Berger. Sem. méd., Paris, 1889, p. 73. — Bnow.x, Lancet, London, 1893, t. 1, p. 1191. — Buvant, New-York med. Journ., 3 mai 1888, t. 1, p. 616. — Cardes, Th. de doct., Bordeaux, 1 887-88, n» 18. — Ciiaintre, Lyon méd., 1888, t. LIX, p. 229. — Després, Gai. des hôp., Paris, 16 juin 1892, p. 649. — Dougi.as, Brit. med. Journ., 21 fév. 1883, t. I, p. 380. — Frôiimcii, Milnch. med. Woch., 23 août 1891, p. 394. — F. Giraud, Marseille méd., 1887, p. 367. — l Gi.uck, Berl. kl. Woch., 1886, n“ 16, p. 238. — Grikfith, Med. News, Philad., 21 fé- I vrier 1891, 1. 1, p. 202. — Kuïiak, Wien. med. Woch., 10 nov. 1888, p. 1312. — de Lan.no y, y| New-York med. Journ., 27 août 1887, t. XLV, p. 229 (recherche avec une balance ,|| d’induction). — Mc. Comas, Journ. of lhe Am. me^l. ytss., Chicago, 9 août 1890, J t. XV, p. 209. — Ricard, Gaz. des hôp., Paris, 2 février 1888, p. 119. — Saxhr, .! Cor. Bl. f. Schw. Aertze, 13 septembre 1891, p. 353 (séjour de quarante-trois ans). — ;,| Bl. Smith, Brit. med. Journ., 1892, t. 11, p. 627. — Vogl, Wien med. Presse, 27 jan- * Vier 1889, p. 134.
COUPS KÏHANCKHSDU CCUVCAü
Observation III. — Coup de 7'evolvev à la lempe.
Guérison (A. Broca).
B... Charles, quatorze ans, est entré le 20 mai 1893 à l’hépital Trousseau, un quart d’heure après s’être tiré une balle de revolver de 7 millimètres à la région temporale droite. 11 n’a pas perdu connaissance, a éprouvé un sifflement dans les oreilles et est tombé. Depuis ce moment n’a pas vu clair, mais entendait. Le sang coulait par le nez et la bouche, pas par les oreilles.
Orifice d’entrée rond, un peu noir, jias de cendre autour; situé à la région de la tempe, à 3 cent. 1/2 en arrière du rebord palpébral inférieur. Pas d’orifice de sortie. Douleur à la pression. L’écaille temporale, le frontal droit, le rebord orbitaire, et le maxillaire supérieur droits sont douloureux. Le maxillaire supérieur gauche est un peu douloureux au niveau du rebord orbitaire. Les deux paupières sont œdématiées et ne peuvent être relevées spontanément. Ecchymose sur les deux paupières, siégeant surtout sur la paupière supérieure gauche. Ecchymose conjonctivale gauche; rien à droite. Les mouvements de l’œil gauche sont complets. La pupille ne réagit pas.
Œil droit. La pupille ne réagit pas à la lumière. Mydriase. Mouvements des muscles abolis; cependant, le blessé peut porter un peu l’œil en dedans.
La sensibilité est très diminuée dans la zone du sous-orbitaire gauche.
Rien ailleurs. ,
L’enfant se plaint de douleurs dans les articulations temporo-maxil- j laires et peut à peine ouvrir la bouche. Céphalalgie frontale; douleurs i dans les deux régions temporales. A eu quelques vomissements. ^
Après l’entrée à l’hôpital, l’ecchymose des paupières gauches s’est \ accentuée. Le surlendemain, la région temporale gauche présente une I légère teinte jaune.
23 mai. Peut ouvrir un peu l’œil gauche.
27 mai. OEil gauche, presque entièrement ouvert, œdème presque i disparu, ecchymose violette. La mâchoire ne peut être complètement ’ écartée sans douleur. Un peu de céphalalgie la nuit seulement.
29 mai. Le malade se lève. Il peut ouvrir l’œil droit à moitié, le releveur de la paupière commence à fonctionner; le droit interne fonc- , tienne, les autres non. Le malade y voit un peu; les objets lui paraissent \ plus bas que normalement, et avec la vision binoculaire il a un peu de diplopie; il ne distingue pas les couleurs: il compte les doigts. L’œil est dévié un peu en haut, la pupille est moins dilatée, mais ne réagit pas. ‘