‹ Traité de chirurgie cérébraleChapitre 57 sur 305 · PiCK, The Lancet, London, 1887, t. I, p · texte numérisé non relu

PiCK, The Lancet, London, 1887, t. I, p

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incoiitcstahlo que souvent, le plus souvent peut-fttre, la guérison survient sans encombre, sans ex|)osei‘ le jialient, par la suite, àdes acciilents sérieux. Aussi il y aquel([ues années, lors(|uo régnait la chirurgie septique, on s’élevait avec énergie contre la trépanation de semblables enfoncements ; et môme de nos jours certains cbirurgicns timorés soutiennent encore cette opinion. Pour notre part, au contraire, nous n’hésitons pas à conseiller la trépanation, dont l’innocuité est [jarfaile si l’on opère asepti([uement, tandis que si on abandonne les choses à elles-mêmes les accidents tardifs, sans être la règle, sont cependant loin d’être exceptionnels.

Pour certains auteurs, l’absence d’accidents tai'difs est la règle presque absolue; c’est ce que soutient par exemple Hutchiuson, pour qui une dépression osseuse ne peut comprimer le cerveau ’, et c’est en somme l’opinion des auteurs qui, comme la plupart de nos maîtres actuels, recommandent de n’opérer que secondairement, si des troubles fonclionnels surviennent. Que des enfoncements, même considérables, puissent être fort bien tolérés, et pendant des années, la chose est hors de doute ; il y a des faits particulièrement remarquables dus à Volkmann % à Textor, et il serait aisé de multiplier ces exemples ^ Lucas-Cbampionnière, partisan du trépan immédiat, est le premier à le reconnaître. Mais il n’en conclut pas, et il a raison, qu’il faut s’abstenir. 11 y a longtemps que des observateurs éminents ont constaté la fréquence des accidents tardifs — mentaux ou convulsifs — consécutifs aux enfoncements. P. Broca, Déguisé, L. Le Fort même, le proclamaient dès 1866-1867 devant la Société de chirurgie de Paris; Sédillot a insisté sur la nécessité de trépaner toujours dans les cas de ce genre. C’est, pour nous, la vraie doctrine, celle qu’ont à diverses reprises soutenue, à notre époque, Trélat, Lucas-Cbampion-

1. Hutchi\son, Lectures oii compression of lhe braiii. London hosp. Rep., 1867-68,

t. IV.

2. Voi.KMANN, Uerichl über die Thdlirjkeil dev UiiivcrsilütsklinUc zu Halle filr 1873, p. 234.

3. Ficiiet de Fi.euhy (Obs. méd. chir., 1761, p. 289) parle d'un l)lcssé chez lei[uel la dépression aurait pu tenir 4 onces de liquide, et la Faculté de Montpellier offrit vainement 3,000 francs de pension à l’individu pour qu'il se laissât trépaner. (I)upuytren, l'iaies par armes de guerre, 1834, p. 170. Note de Mar.v et Paillard).

ENFONCEMENTS CRANIENS ORSTÉÏRICÂUX

nière, Pozzi ' ; celle de H. Agnew, J. Cliiene, W. Keen en 1891 devant l’Association médicale américaine, etc.

Quand on dépouille, en elTet, les observations d’ épilepsie traumatique, on en trouve bon nombre où l’origine du mal est un enfoncement sans plaie ; de même pour certains cas de folie traumatique ^ Or, nous verrons que l’opération tardive, que tout le monde juge alors opportune, est loin de donner des succès constants. Sa gravité immédiate est plus grande, parce qu’il faut ouvrir la dure-mère et souvent exciser dans le cerveau des masses cicatricielles plus ou moins volumineuses, et surtout l’intervention ne met pas toujours fin aux crises convulsives, aux troubles mentaux. 11 est bien plus prudent, à notre sens, d’appliquer le trépan immédiat, avec la certitude à peu près absolue d’éviter les accidents ultérieurs à ceux qui en auraient soulîert sans cela, et de ne pas nuire à ceux qui, spontanément, y auraient échappé.

Un cas assez spécial, et important à étudier, est celui des enfoncements assez souvent observés sur le crâne des nouveau-nés et consécutifs à des accouchements laborieux. D’ordinaire, ils sont dus à la pression des cuillers du forceps, quelquefois à celle des doigts de l’accoucheur (M. Duncan) ; quelquefois même aucune manœuvre artificielle n’a été employée. Presque toujours, le crâne reprend de lui-même sa forme normale, et il est incontestable que presque jamais il n’en résulte d’accidents cérébraux ultérieurs. Mais peut-être faut-il faire remonter à des lésions de ce genre, extérieurement disparues, l’origine de certains cas d’épilepsie. Malgré cette restriction, nous ne croyons pas qu’actucllement on soit autorisé à opérer tout nouveau-né atteint d’un enfoncement obstétrical du crâne. Pour les cas légers, on attendra pendant quelques jours pour constater si la dépression se redresse d’elle-même. Mais on opérera dans les deux conditions suivantes : 1“ s il y a des symptômes cérébraux immédiats; 2® si la dépression persiste. Dans ce dernier cas, sans doute, on peut, sans peine, citer des succès de l’abstention; mais cela ne doit faire oublier ni les décès a brève

1. Voyez en particulier les discussions de la Société de chirurgie, 1885, p. 592 et suiv. ; du 1" Congres de chir., 1885, p. 295.

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