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Voy. p. 155, le céphalémalome interne

SYMPTOMES ET IHAONOSTIO

possibilité où nous sommes de reconnaître le siège de cet épanchement.

Autant de propositions, autant d’erreurs.

D’abord, il est aujourd’hui absolument prouvé que la compression cérébrale est fort bien capable par elle-même d’engendrer des accidents spéciaux : les expériences de Duret, de Pagenstecher ne laissent aucun doute à cet égard, et en outre les faits cliniques sont remarquablement démonstratifs lorsqu’ils nous font voir des ^ blessés sortir du coma et cesser d’être frappés d’hémiplégie, comme ^ l’un de nous l’a observé une fois, au moment même où le chirurgien a ouvert le crâne et évacué le sang. De nos jours, en effet, les chirurgiens sont redevenus d’accord pour trépaner, car ils ont reconnu : 1“ que dans bien des cas les épanchements sanguins compi'imant le cerveau peuvent être diagnostiqués ; 2° que ce diagnostic une fois posé, on peut le plus souvent savoir où ils siègent ' .

Voyons donc de quelles données cliniques et anatomiques nous pouvons tirer les indications et contre-indications du trépan.

A. Sympïo-mes et diagnostic. — Le fait capital, pour établir le diagnostic entre la compression par épanchement sanguin et les autres lésions traumatiques du cerveau, réside dans l’évolution des symptômes, et on peut diagnostiquer à coup sûr une compression par épanchement sanguin lorsque l’on apprend qu’il y a eu une période de lucidité entre le moment où a eu lieu le trauma et cekd où ont débuté les accidents cérébraux. Hutchinson a enseigné que ce signe est à peu près constant, ce en quoi il semble avoir exagéré, car d’après les relevés récents de .Tacobson, dans un tiers environ des cas il serait absente Cela peut tenir à ce que le sujet était en état d’ivresse au moment de sa blessure; ailleurs, cela provient de l’intensité du choc qui produit, avec ou sans contusion, une commotion qui n’est pas encore dissipée lorsque survient la compression; quelques épanchements, enfin, se font avec une

1. Pour toute la bibliographie antérieure à 1886, nous renvoyons au remarquable mémoire de W.-A. Jacobsox, On middle meningeal hæmorrhage. Gwj's ITosp. Rep., London, 1886, 3* série, t. XXVlll, p. 141.

2. Le relevé de Jacobson est le suivant : 70 cas, dont! sans renseignement précis ; sur les 63 restants, symptOme net 32 fois; peu net 10 fois; absent 21 fois.

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ÉPANCHEMENTS SANCUINS INTRACHANIENS

rapidité telle qu’une commotion, môme légère et passagère, suffit à masquer le début des symptômes de compression, et cela nous conduit aux cas — 1/6 environ du total d’après Jacobson — où l’intervalle de lucidité n’est pas évident, ne peut être reconnu que grâce à un interrogatoire minutieux des témoins de l’accident, ou bien en recherchant avec un soin extrême si on ne voit pas s’aggraver, sous les yeux de l’observateur, les troubles cérébraux que présente le blessé. A supposer même que ces cas douteux doivent être mis à l’actif des diagnostics impossibles, ou à peu près impossibles, il reste péremptoirement établi que chez la bonne moitié des blessés, l’intervalle de lucidité est d’une netteté parfaite, permet au sujet de faire des actes bien déterminés, pendant quelques minutes ou quelques heures, de marcher, de conduire une voiture, de dîner; et la longueur de cet intervalle n’indique nullement que les accidents s’installeront lentement. Ce temps peut être de quelques heures, avons-nous dit : on l’a vu durer un jour (A. Lane*), huit jours (Ransoholï’) et même treize jours (H. Duret’) . Ces hémorrhagies retardées sont exceptionnelles. De même, les hémorrhagies en deux temps, dont on peut citer quelques exemples.

D’après ïïeidenhain h plusieurs observations prouveraient que les symptômes s’étant amendés ou même ayant cessé, l’hémorrhagie aurait recommencé sous l’influence du décubitus dorsal : d’où l’indication de tenir, chez ces blessés, la tête élevée sur les oreillers.

Nous revenons donc sans réserve à la doctrine de J.-L. Petit ; il faut un certain temps pour que l’hémorrhagie soit devenue assez abondante pour causer des accidents de compression, et nous nous expliquons difficilement que la majorité des chirurgiens se soient, jusqu’à ces dernières années, élevés contre cette manière de voir, aient accordé à Desault, Gama, Malgaigne, que ces phénomènes

1. A. Lane, A case of fracture of the vault of lhe skull. Lancet, London, 26 avril 1890, t. I, p. 897. Dans ce cas, il iTy avait qu’un trou à la branche antérieure de la méningée. Mort de contusion cérébrale.

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