‹ Traité de chirurgie cérébraleChapitre 62 sur 305 · Heidenhain, Berl. kl. Woch., 1890, n® 6, p · texte numérisé non relu

Heidenhain, Berl. kl. Woch., 1890, n® 6, p

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tardifs fussent liés à la méningo-encépluilile. Singulière complication inllammatoirc ([ui débutait (Quelques heures, ([uelques minutes même après l’accident, et évoluait ensuite sans aucun des symptômes ordinaires de la méningo-encéplialite.

Souvent, en outre, l’apyrexie est parfaite ; non pas toujours cependant, et l’im de nous a observé deux épanchements sanguins volumineux entre l’os et la dure-mère avec accidents de compression cérébrale et température au-dessus de 40 degrés. On conçoit à quelles erreurs peut exposer cette hyperthermie et chez notre premier malade nous avons cru à une méningô-encéphalite : il s’agissait d’un homme apporté comateux à l’hôpital, avec une fracture sans plaie à la région occipitale gauche et avec un peu de sang dans l’oreille; renseignements absolument nuis sur le mode et la date de l’accident que l’entourage semblait avoir intérêt à dissimuler. L’élévation de la température fit conclure à un début de méningoencéphalite, sans doute par fracture du rochej*, et dès lors on ne s’occupa que de la lésion occipitale. Or à l’autopsie, on trouva une compression cérébrale intense et pas trace de méningite.

Nous ignorons quelle est la fréquence relative de cette hyperthermie, que l’un de nous a constatée deux fois sur trois.

Battle* est, à notre connaissance, le premier auteur qui ait fait une étude complète de ce symptôme, déjà signalé dans quelques observations et expériences de liillrothh Charcot, Duret\ Depuis, élargissant la question, J. -F. Guyona écrit une intéressante thèse ’ sur les hyperthermies consécutives aux lésions de l’axe cérébrospinal, en insistant sur le rôle des lésions traumatiques du cerveau.

Au point de vue spécial qui nous occupe, ces faits sont fort intéressants. En effet, de 14 observations, dont 13 avec autopsie.

1. Battle, Lectures on some points relating to injuries to the head. Lancet, London, juillet 1890, t. H, p. 1, 57 et 107.

2. BiLi.noTii, Beobachtungs-Studien über Wundfieber. Arch. f. /clin. C/iir., Berlin 1862, t. I, p. 325.

3. Duoet, Etudes expérimentales sur les traumatismes cérébraux, Th. de docl., Paris, 1878, n“ 64, p. 90.

4. J.-F. Guyon, Contribution à l’étude de l’iiyperthermie centrale consécutive aux lésions de l’axe cérébro-spinal, en particulier du cerveau. Th. de doct Paris 1893- 94, n» 68.

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ÉPANCHEMENTS SANGUINS INTRACRANIENS

Battlo coiiclul que toujours il existe dans ces cas une contusion de la base du cerveau ; qu’un corna secondaire, accompagné d’hyperthermie, indique une association de la contusion cérébrale à l’hémoiThagie, ce qui assombrit considérablement le pronostic; que la compression cérébrale par épanchement sanguin n’entraîne pas à elle seule l’hyperthermie.

Il y aurait donc là un symptôme important pour établir s’il y a ou non contusion du cerveau comprimé, d’où des donnés pronostiques de haut intérêt. Mais, comme nous le dirons dans un instant, même si le cas nous pai’aît d’une grande gravité, nous ne devrons pas conclure à l’abstention, et cela d’autant mieux que le pronostic est mauvais, mais non point fatal. Guyon relate, par exemple, l’observation d’une malade qui a guéri après avoir eu pendant quarante-huit heures une température dépassant 39 degrés et ayant atteint 40°, 2.

Observation VII. — Compression et contusion du cerveau. Hyperthermie.

Mort. (A. Bboca, Bull, de la Soc. anat., 1891, p. 691).

Un homme fut apporté le 12 septembre 1890 à l’hôpital Bichat : on l’avait trouvé dans sa chambre par terre, sans connaissance, et on ne put recueillir aucun renseignement. Le blessé, assez agité, portait à la région temporo-occipitale gauche de larges ecchymoses, avec gonflement de. presque toute la moitié gauche de la tête; la palpation provoquait une douleur sans localisation précise dans la région ecchymotique ; l’œil droit était contusionné.

Il n’existait aucune plaie du cuir chevelu, mais il y avait un léger suintement sanguin, bientôt arrêté, par le nez et par l’oreille.

Les pupilles étaient égales et punctiformes : on ne notait aucune paralysie motrice ou sensitive, mais le malade était agité et délirait, si bien qu’on fut obligé de l’attacher dans son lit ; sa température était de 38 degrés quand je le vis le lendemain matin, la perte de connaissance persistait avec une agitation moindre, toujours sans paralysie ; le pouls était à 120, la respiration à 40, la température à 38°, 2 ; le blessé avait uriné spontanément dans son lit : le soir, température 38", 4. En présence de cet état d’agitation sans paralysie, avec cette fièvre légère, je crus à un début de méningite et j’expliquai Finfection par une fracture probable du rocher ou de la lame criblée, m’appuyant à cet égard sur l’otorrhagie et l’épistaxis légères. Je m’abstins donc de toute interven-

HYPERTHERMIE PAR CONTUSION CÉRÉRUAUE CONCOMITANTE 163

tion et je m'en félicitai, le lendemain matin, quand je constatai qu’il y avait eu de nouveau un peu d’otorrhagie, que la lace était rouge et injectée, et que le thermomètre mai'quait dans l’aisselle la

respiration était stertoreuse, le pouls petit et incomptable, le coma profond, sans agitation : et le malade mournt à doux heures de l’après-midi. Or, à l’autopsie, je ne Irouvai pas trace de méningite, et pas davantage de fracture du rocher, mais une fracture de la partie antérieure de l’occipital à gauche, avec fragment entièrement détaché, et un épanchement sanguin temporo-occipital très volumineux, causant une compression intense de l'hémisphère gauche, ainsi que cela fut très facile à voir, la pièce ayant été examinée simplement par section horizontale à la scie du crâne et du cerveau à la fois. En avant et à droite le lobe frontal était fortement contusionné. Je ne sais pas ce que cette contusion eût réservé au blessé si, par la trépanation, j'avais évacué l’épanchement sanguin et fait cesser la conqjression cérébrale ; mais ce qui est certain, c’est que la méningite à laquelle j’avais cru, n’existait pas. Il est connu, je le sais, que les lésions traumatiques du cerveau peuvent, par troubles vaso-moteurs probablement, causer une hyperthermie d’ordre non septique ; mais dans mon observation ce fait me semble avoir été particulièrement remarquable, avec cette ascension brusque de près de 3 degrés en quelques heures. Il faut donc, en clinique, tenir compte des faits de cet ordre pour ne pas croire, comme je l’ai fait, à une méningite qui n'existe pas.

Observation VIII. — Compression et contusion du cerveau. Trépanation.

Mort. (A. Broca. Obs. recueillie par M. Touche, interne des hôpitaux,

et publiée dans la thèse de J. F. Guvon, p. 93).

A 3 heures de l’après-midi, le 2 septembre 1892, un homme fait une chute de 3 mètres de hauteur, à la suite de laquelle il aurait pu se relever et marcher. Quelques heures après, on le trouve dans le coma. Un médecin est appelé qui constate une plaie du cuir chevelu au niveau de la j)artie latérale gauche du crâne, et un enfoncement du crâne à cet endroit. Le malade, sans connaissance, présente des mouvements convulsifs, prédominants dans le membre inférieur gauche.

On le transporte à l'hôpital Bichat, où il arrive â 8 h. 1/2 du soir (service de M. Terrier). Coma complet, respiration bruyante, contracture de tous les membres, surtout à gauche. Ecchymose sous-conjonctivale gauche, écoulement sanguin de l’oreille et de la narine du même côté. Après avoir rasé le cuir chevelu, on voit une petite plaie contuse, saignante, située sur la ligue biauriculaire, â environ trois ou quatre travers de doigt au-dessus du conduit auditif gauche. Le pavillon de

KPANCIIEMENTS SANEUINS INTHACÜAMENS

l’oreille il été détaclié du eràne sur une étendue de 1 centiiiièlre environ, au niveau de Sii ]>artie sui)érieur(>. Lors ilu nettoyage de la tête, le malade semble ressentir une certaine douleur. 11 ne crie pas, mais la contracture augmente et le membre su|)éiM0ur gauche l'ait des mouvements de dél'ense.

La température rectale au moment de l’entrée du malade, c’est-à-dire cinq heures et demie après l’accident, est de 39”, 8. Une heure ])lus tard, la température axillaire est de 42 degrés. La peau est absolument brûlante au toucher.

M. Broca, aussitôt appelé, fait la trépanation à 10 heures. Le muscle temporal rabattu, par une incision demi-circulaire à convexité supérieure, on trouve à la partie moyenne du pariétal un fragment entièrement libre, à peu près large comme une pièce de 3 francs, qui est extrait avec un davier. Par l’ouverture ainsi pratiquée, on aperçoit un foyer hémorrhagique rempli de caillots, dont les limites, appréciées par le doigt introduit dans la plaie, s’étendent de la face postérieure de l’écaille du frontal, en avant, jusque dans la fosse occipitale, en arrière.

A ce moment la respiration, d’abord ralentie, s’arrête brusquement. Le malade meurt. 11 n’a pas été donné de chloroforme.

Autopsie. — Entre la dure-mère et le crâne, vaste cavité formée par le foyer hémorrhagique, détergé et nettoyé au cours de l’opération. Elle commence, eu avant, au niveau de la voûte orbitaire, se prolonge vers la face supérieure de la grande aile du sphénoïde, passe au-dessus du bord supérieur du rocher, et atteint la fosse occipitale. La fracture a irradié en divers sens : en dedans et en avant, dans l’étage moyen, pour gagner le trou ovale ; du tro u ovale vers le trou déchiré postérieur, vers le trou occipital; enfin en de dans et en arrière, le long de la partie la plus inférieure de l’écaille du t emporal, jusque dans la fosse occipitale; ces différents traits de fracture n’ont déchiré qu'un seul vaisseau, la méningée moyenne. La scissure de Sylvius, la scissure de Rolande, tous les sillons secondaires de la face externe des lobes frontopariétal et temporo-sphénoïdal du coté gauche, sont remplis par un coagulum noirâtre qui isole les circonvolutions. Le cerveau a été lésé au niveau de la partie antérieure de la face externe du lobe temporosphénoïdal gauche ; la lésion occupe, en hauteur, l’extrémité antérieure des trois premières circonvolutions temporales, et elle est limitée, en arrière, par une ligne fictive prolongeant verticalement la scissure de Rolande. En ce point, toute l’épaisseur des circonvolutions forme une bouillie jaunâtre. Au point diamétralement opposé, sur l’hémisphère droit, il y a eu seulement un peu d’hémorrliagie sous-arachnoïdienne.

(Ju'il y ait ou ou non riiifervalle de lucidité sur lequel nous

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