‹ Traité de chirurgie cérébraleChapitre 63 sur 305 · SYMPTOMES MOTEURS · texte numérisé non relu

SYMPTOMES MOTEURS

I venons d’insister, [qs si/ynptômes d<‘ la compression une fois constituée présentent assez souvent un ensemble caractéristique. Quelquefois absolu, le coma est pourtant en général incomplet;

Ile blessé peut en être tiré, et pousser alors quelques grognements, par une excitation ou une interrogation un peu vive. Il survient ^ avec une rapidité et une intensité qui dépendent de l’abondance i de l’épanchement. D'ordinaire, le pouls est lent, battant à 50, 40, \ 35 môme et se ralentissant peu à peu ; ce symptôme pourtant n’est

i pas infaillible, et dans un cas de compression cérébrale Uutchinson a vu le pouls demeurer à 148 jusqu’à la mort. La respiration enfin est stertoreuse, mais quoique ce signe ait une valeur réelle,

I admise même par les auteurs qui croyaient le moins au diagnostic de la compression cérébrale, il faut reconnaître qu’il n’est pas constant dans la compression, ni réservé exclusivement à cette

I compression.

La rapidité des accidents est très variable : elle est en relation avec celle de l’épanchemênt. Quelquefois le sujet survit pendant plusieurs jours ; quelquefois même il guérit spontanément et le sang se résorbe. Par contre, chez un malade de Ilolt, les symptômes ont débuté deux heures et demie après le trauma et le blessé a succombé en six heures.

Les symptômes moteurs, lorsqu’ils sont appréciables, ont une importance considérable pour le diagnostic de l’existence et du siège de l’épanchement. Lorsqu’ils sont appréciables, disons-nous; une hémiplégie est en effet impossible à reconnaître sur un sujet comateux, dont les quatre membres sont en résolution.

Chez certains malades, les troubles moteurs sont très peu marqués, et il faut en rechercher les moindres indices. Chez d’autres, ils sont temporaires, comme si le cerveau s’habituait à la compression ; ainsi, l’hémiplégie n’a duré que vingt-quatre heures chez un sujet observé par Ilutchinson. Chez d’autres encore, ils disparaissent pour reparaître ensuite, probablemen t parce qu’il se fait une seconde hémorrhagie. On conçoit combien, dans ces conditions diverses, il faut être réservé avant d’affirmer l’absence complète de tout trouble moteur; cette absence est cependant hors de doute dans i assez bon nombre de cas.

EPANCHEMENTS SANCUINS INTRACRANIENS

De ces troubles, V hémiplégie est le plus impoiTant; d’après la statistique de Jacobson, sa fréquence est la suivante ; sur 70 obser- ' rations, l’état de la motilité est noté 37 fois, sur lesquelles il y a eu 19 hémiplégies, dont 13 trèsnettes. Quelquefois, mais rarement, la paralysie prédomine dans un des membres, dans le supérieur surtout (Cock), et même on peut citer un fait de J. -B. Hill, dans lequel il existait une paraplégie brachiale, liée à un épanchement bilatéral qui fut évacué par une double trépanation. On ne devra pas cependant affirmer que la bilatéralité des paralysies implique forcément la bilatéralité de l’épanchement, car Bryant, Ericlisen, Holthouse ont constaté, pour un seul épanchement, la paralysie des quatre membres.

Todd a prétendu que les convulsions et la raideur des membres paralysés étaient un signe de compression par un épanchement sanguin ; cette assertion semble erronée et c’est au contraire un symptôme de la contusion cérébrale. On aurait tort, néanmoins, d’éliminer la compression d’après ce Seul symptôme.

Les cas d’épanchement de la méningée moyenne où il existe des convulsions ne sont pas exceptionnels [et nous rappellerons que Chassaignac a cité un cas dans lequel une plaie de tête, donnant lieu à une hémorrhagie, fut pansée par l’occlusion au diachylon et des convulsions apparurent. Le pansement ayant été enlevé, il sortit un caillot, et les convulsions cessèrent*.

Dans deux observations fort remarquables de Golding-Bird®, la pression sur un point du crâne provoquait des mouvements convulsifs dans le membre supérieur du côté opposé, et il est à noter qu’il n’y avait pas de fracture, ainsi qu’on put s’en assurer au cours de l’opération, et dans un cas par l’autopsie, le malade ayant succombé à la contusion cérébrale.

On conçoit tout l’intérêt qui s’attache à la recherche minutieuse du moindre trouble moteur ; car si les signes que nous avions énumérés jusqu’à présent permettaient de reconnaitre une compression par épanchement sanguin, ils n’indiquaient pas de quel

1. \V. Stewaht (Edinb. med. Joiirn., 1892, l. XXXVI, 1''“ partie, p. 119) a publié une observation remarquable par l'intensité et la précocité des phénomènes convulsifs.

2. Goldino Bird, Guy's Hosp. Rep., London, 1888, t. XLY, p. 236.

Page 1